L'armée israélienne a abandonné jeudi ses poursuites contre cinq soldats accusés d'avoir torturé un détenu palestinien en parallèle à la guerre dans la bande de Gaza, une affaire qui a mis en exergue des divisions en Israël à l'égard de l'impunité des soldats dans leur traitement des prisonniers ennemis.
Cette annonce a été faite alors que l'attention du pays est essentiellement focalisée sur la guerre avec l'Iran, déclenchée le 28 février par une campagne de bombardements des Etats-Unis et Israël à laquelle Téhéran a riposté par des attaques à travers la région.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la décision, déclarant dans un communiqué que "l'Etat d'Israël doit traquer ses ennemis, pas ses propres combattants héroïques".
L'affaire a suscité un intérêt international quand des manifestants ultra-nationalistes, dont des membres du gouvernement, ont fait irruption dans des installations militaires pour dénoncer l'enquête ouverte contre les soldats.
Une vidéo montrant l'agression présumée, divulguée aux médias locaux par la procureure générale de l'armée israélienne à l'époque, a alimenté le tollé. Yifat Tomer-Yerushalmi a ensuite démissionné de son poste, en octobre dernier, puis a été arrêtée pour avoir fait fuiter la vidéo.
Son successeur, le major-général Itai Ofir, a levé les actes d'accusation à l'encontre des soldats en partie en raison de "circonstances exceptionnelles qui ont négativement affecté la capacité de poursuivre l'affaire en préservant le droit des accusés à un procès équitable", a dit l'armée israélienne.
Ces "circonstances" incluent notamment le fait que le Palestinien victime des abus présumés "se trouve actuellement dans la bande de Gaza", avec ce que cela implique pour "le fondement probatoire", a ajouté Tsahal dans un communiqué.
Les images ayant fuité, filmées par une caméra de surveillance du camp militaire de détention de Sde Teiman pour les prisonniers palestiniens arrêtés durant la guerre à Gaza, montrent les soldats emmener un prisonnier à l'écart et l'encercler, avec un chien, avant d'utiliser leurs équipements de protection pour masquer leurs actions.
Ces cinq soldats ont été accusés d'avoir causé des blessures graves. D'après l'acte d'inculpation, l'un d'entre eux a utilisé un objet tranchant contre le détenu, lui causant une déchirure près du rectum.
Ni l'identité du détenu palestinien, qui a été relâché dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas scellé en octobre dernier, ni celle des soldats israéliens impliqués n'ont été dévoilées.
Aucun commentaire n'a été effectué dans l'immédiat par des responsables palestiniens.
Une requête a été déposée par le passé par l'Association israélienne des droits civiques (ACRI) pour demander la clôture du camp de Sde Teiman en raison des abus présumés à l'encontre des Palestiniens y étant détenus. Si l'armée israélienne utilise de moins en moins ce site, des ONG et d'anciens prisonniers palestiniens continuent de dénoncer des tortures et des abus.
(Pesha Magid; version française Jean Terzian)

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