(Actualisé avec ministre pakistanais des Affaires étrangères)
par Ariba Shahid, Jonathan Spicer et Mubasher Bukhari
Le Pakistan a accueilli dimanche des pourparlers avec la Turquie, l'Égypte et l'Arabie saoudite en vue de mettre fin à la guerre en Iran, des sources indiquant que ces premières discussions organisées à Islamabad ont porté sur des propositions visant à rouvrir le détroit d'Ormuz à la navigation.
À l'issue de la première journée d'échanges, le ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar a déclaré que les chefs de la diplomatie des puissances régionales avaient discuté des "moyens possibles d'apporter une fin rapide et permanente à la guerre dans la région" et avaient été informés de potentiels pourparlers entre les États-Unis et l'Iran qui se tiendraient également à Islamabad.
Les ministres des Affaires étrangères se sont retrouvés dans la capitale pakistanaise alors que l'Iran mettait en garde les États-Unis contre le lancement d'une offensive terrestre et que les cours mondiaux du pétrole ont bondi sur fond de combats incessants depuis le début de la guerre, le 28 février.
Les pays réunis à Islamabad ont soumis à Washington des propositions liées au trafic maritime et à la réouverture du détroit d'Ormuz, ont déclaré à Reuters cinq sources au fait du sujet.
Environ 20% des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié transitaient par le détroit auparavant, mais l'Iran a de fait interrompu ces flux en réponse aux frappes aériennes américaines et israéliennes.
Selon Ishaq Dar, toutes les parties ont exprimé leur confiance dans le rôle de médiateur du Pakistan et la Chine "soutient pleinement" l'initiative.
Le Pakistan, frontalier de l'Iran comme la Turquie, a mis à profit ses liens étroits avec Téhéran et Washington pour s'imposer comme un canal diplomatique clé dans ce conflit, tandis qu'Ankara et Le Caire ont également joué des rôles de médiateurs.
Une source pakistanaise a indiqué que des propositions, notamment émanant de l'Égypte, avaient été transmises à la Maison blanche avant la réunion de dimanche et qu'elles comprenaient des structures tarifaires inspirées du canal de Suez.
UN CONSORTIUM POUR LE DÉTROIT D'ORMUZ ?
Deux autres sources pakistanaises ont indiqué que la Turquie, l'Égypte et l'Arabie saoudite pourraient former un consortium pour gérer les flux pétroliers transitant par le détroit d'Ormuz et avaient demandé au Pakistan d'y participer. L'une des sources pakistanaises a cependant déclaré qu'Islamabad n'avait pas été formellement invité à rejoindre l'initiative et ne le ferait pas.
La proposition de création d'un consortium pour gérer le détroit a été discutée avec les États-Unis et l'Iran, ont indiqué ces sources. La première source pakistanaise a indiqué que le chef de l'armée du pays, Asim Munir, avait été en contact régulier avec le vice-président américain JD Vance.
Les ministères des Affaires étrangères égyptien et pakistanais n'ont pas répondu à une demande de commentaires, tandis que le bureau de presse du gouvernement saoudien et la Maison blanche, sollicités, n'ont pas réagi dans l'immédiat.
Une source diplomatique turque a déclaré que la priorité d'Ankara était d'obtenir un cessez-le-feu.
"Assurer le passage sécurisé des navires pourrait constituer une importante mesure de confiance à cet égard", a déclaré cette source, s'exprimant sous le sceau de l'anonymat.
Plus tôt dimanche, Ishaq Dar a eu des entretiens bilatéraux séparés avec ses homologues turc et égyptien, ont indiqué ses services.
Le ministre a en outre déclaré dans un message publié sur X que l'Iran avait accepté de laisser passer 20 navires supplémentaires battant pavillon pakistanais dans le détroit d'Ormuz.
(Reportage Ariba Shahid et Mubasher Bukhari à Islamabad et Jonathan Spicer à Istanbul avec Mohamed Ezz au Caire, Maha El Dahan à Dubaï et Saad Sayeed à Bangkok, version française Benjamin Mallet)

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