par Ahmed Elimam
Politicien expérimenté, Ali Larijani, qui a annoncé dimanche le début du processus de transition à la tête du régime iranien au lendemain de la mort dans des frappes israéliennes du guide suprême Ali Khamenei, a émergé l'an dernier comme une des figures majeures du système sécuritaire iranien.
Parmi sa sphère d'influence figurent les négociations sur le nucléaire iranien, les relations régionales de Téhéran ainsi que la répression violente des manifestations en Iran.
Né en Irak en 1958, Ali Larijani a été visé par des sanctions américaines en janvier après qu'il a été désigné comme le superviseur des négociations sur le dossier nucléaire avec Washington.
Il a accusé dimanche les Etats-Unis et Israël de vouloir désintégrer l'Iran et a averti les "groupes sécessionnistes" d'une réponse sévère s'ils tentaient d'agir.
Abdolrahim Mousavi, le chef d'état-major des forces armées iraniennes, a été tué dans les frappes qui ont visé l'Iran, a rapporté la télévision iranienne.
Nommé secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC) d'Iran en août, Ali Larijani a fait carrière grâce à sa loyauté envers Ali Khamenei et à un pragmatisme lui permettant de naviguer à travers les factions rivales au sein du régime iranien.
Son statut de stratège de confiance du guide suprême iranien a été mis en avant lors de son déplacement à Oman, négociateur dans le dossier du nucléaire iranien, lors de négociations indirectes avec Washington, alors que les Etats-Unis positionnaient ses forces au Moyen-Orient.
Ali Larijani a également effectué plusieurs déplacements ces derniers mois en Russie, allié de taille de Téhéran, pour discuter de liens sécuritaires, mettant en exergue son retour dans les hautes sphères de la diplomatie iranienne.
PRAGMATIQUE
Dirigeant du SNSC pendant 20 ans, il a été de nouveau nommé à la tête de l'organe à la suite de la guerre de 12 jours qui a opposé l'Iran à Israël, soutenu par Washington, revenant ainsi officiellement au coeur de l'appareil sécuritaire iranien.
Certaines de ses déclarations sur la question nucléaire ont laissé paraître un ton pragmatique.
"De mon point de vue, le problème peut être réglé", avait-il déclaré à la télévision d'Oman le mois dernier, en référence aux négociations avec les Etats-Unis. "Si les Américains craignent que l'Iran ne cherche à se doter de l'arme nucléaire, ce problème peut être réglé."
Mais son rôle dans la répression sanglante des manifestations en Iran en janvier a été critiqué par Washington.
Selon une note de l'administration américaine détaillant les sanctions émises à son encontre, Ali Larijani est présenté comme étant en première ligne de la répression.
"Larijani a été l'un des premiers dirigeants iraniens à appeler à la violence en réponse aux revendications légitimes du peuple iranien", a déclaré le Trésor américain dans un communiqué publié en janvier.
Ancien membre des Gardiens de la révolution islamique, Ali Larijani a été négociateur en chef sur le nucléaire iranien de 2005 à 2007, défendant la position de Téhéran qui manifeste son droit à enrichir de l'uranium.
Selon des observateurs iraniens, il était présenté comme un pragmatique qui privilégiait la voie diplomatique.
Candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2005, il a présenté de nouveau sa candidature aux élections de 2021 et 2024 mais en a été empêché par le Conseil des Gardiens de la révolution au prétexte de problèmes liés à son mode de vie et de liens familiaux à l'étranger.
(Version française Zhifan Liu)

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