The week of meetings in Bangkok will include closed-door and public events, and policy announcements from the world's top economic officials ( AFP / Chanakarn LAOSARAKHAM )
Les ministres des Finances et banquiers centraux du globe se retrouvent cette semaine à Bangkok sous l'égide du FMI et de la Banque mondiale, sur fond de choc énergétique, de pressions sur les dettes publiques et d'essor de l'IA.
Les assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale réunissent de lundi à samedi les grands argentiers de leurs pays membres pour des réunions à huis clos et conférences publiques.
Le FMI dévoilera mardi ses prévisions actualisées. "L'économie mondiale est tiraillée entre un choc négatif sur l'offre d'énergie" qui exacerbe l'inflation, "et un choc positif sur la demande liée à l'IA" qui dope la croissance, a déjà observé la semaine dernière sa cheffe Kristalina Georgieva.
Choc énergétique, El Niño
Alors que se prolonge la guerre au Moyen-Orient, les cours du pétrole brut se maintiennent autour de 100 dollars le baril, plombant la conjoncture.
Dans les pays développés, le FMI juge "intenable" de subventionner entreprises et ménages en creusant les déficits. Et le choc est encore plus rude dans les pays en développement.
S'y ajoute l'impact du phénomène météorologique El Niño, qui menace les récoltes d'Amérique du Sud, d'Afrique et d'Asie.
"Les États les plus pauvres encaissent les retombées de la guerre en Iran, la hausse des taux d'intérêt en Occident, et une crise climatique aggravée par El Niño", insiste Kevin Gallagher, du Global Development Policy Center de l'université de Boston.
Selon lui, "le FMI et la Banque mondiale ne sont pas à la hauteur: il faut une réponse ambitieuse apportant des liquidités d'urgence à court terme, ainsi qu'un financement de plus long terme permettant de rendre leur croissance économique moins vulnérable à ces chocs".
La flambée des prix énergétiques et alimentaires "ne laisse aucune marge de sécurité à des millions de familles. Nous assistons à une tempête susceptible de replonger des dizaines, voire des centaines de millions de personnes dans la pauvreté", abonde Alexander De Croo, administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Si les pays vulnérables aident leurs populations, c'est au détriment de leurs investissements dans le développement: un dilemme "impossible", ajoute-t-il.
Durcissement monétaire, dettes
Pour juguler l'inflation, les banques centrales sont à la manoeuvre: Etats-Unis, Japon, zone euro, Inde, Australie, toutes relèvent de concert leurs taux directeurs... au risque d'alourdir la facture pour ménages et entreprises.
Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Kevin Warsh et la cheffe de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde s'exprimeront notamment à Bangkok.
Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), s'exprime lors d'un entretien avec l'AFP à l'issue de la cérémonie d'ouverture des Assemblées annuelles du FMI à Singapour, le 7 octobre 2026. ( AFP / Roslan RAHMAN )
Ce durcissement monétaire "doit être mené avec une grande prudence. Mais si l'inflation échappe à tout contrôle, elle risque de devenir la menace majeure pour la population", a déclaré à l'AFP Kristalina Georgieva.
Autre danger: les tensions sur le marché de la dette, où les rendements des obligations souveraines des Etats-Unis, du Japon et des pays européens flambent.
Plusieurs facteurs interviennent: l'inflation, le relèvement des taux des banques centrales, les levées de dette massives des géants de l'IA qui concurrencent les émissions des Etats, mais aussi l'inquiétude sur des dettes publiques colossales.
"Si la crise énergétique continue, et que les fragilités politiques s'intensifient, il peut y avoir un mouvement obligataire plus fort: un scénario où la zone euro est plus exposée car les niveaux de dette y sont plus élevés", estime Ana Boata, économiste d'Allianz Trade.
Pour rassurer les marchés, les Etats sont appelés par le FMI à afficher leur sérieux budgétaire.
Dans le radar des investisseurs, la France pâtit particulièrement des incertitudes sur sa stabilité économique et politique: son taux d'emprunt à 10 ans s'approche des 5%.
Dans ce contexte, les rencontres des ministres des Finances du G20 cette semaine seront cruciales, malgré l'absence notable du secrétaire au Trésor américain Scott Bessent.
Boom de l'IA
Le boom de l'intelligence artificielle (IA), via les investissements colossaux qu'il génère, tire la croissance aux Etats-Unis et dans une partie de l'Asie, faisant s'envoler les places boursières.
Un thème-clé à Bangkok, où sera présent l'un des cofondateurs de l'américain Anthropic.
"L'IA s'impose rapidement comme un moteur essentiel dictant les trajectoires de prospérité des pays", avertit Mme Georgieva.
Mais ce moteur reste très inégal, avec le risque que toute perte de confiance fasse fuir les investisseurs et menace la stabilité financière, tandis que parallèlement s'intensifient les inquiétudes sur son impact pour le marché du travail.

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