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Inde-Des experts de l'Onu veulent enquêter sur la répression des manifestations par les autorités
information fournie par Reuters 21/10/2026 à 13:54

par Kanishka Singh

Des experts des Nations Unies (Onu) ont appelé mardi à l'ouverture d'une enquête indépendante sur la répression des participants aux récentes manifestations en Inde par les autorités du pays, où bon nombre d'entre eux auraient été blessés et auraient subi de mauvais traitements.

Ces dernières semaines, les partis politiques d'opposition et les organisations étudiantes se sont mobilisés pour exiger la démission du président de la Commission électorale, Gyanesh Kumar, en raison d'une révision des listes électorales qui, selon eux, favorise le BJP ("Bharatiya Janata Party") dirigé par le Premier ministre Narendra Modi.

D'autres rassemblements de grande ampleur ont eu lieu cet été à la suite de fuites de sujets d'examens, ce qui a conduit à la démission du ministre indien de l'Éducation.

"Malgré le caractère non violent de ces rassemblements, les forces de l'ordre auraient recouru à la force contre des étudiants non armés, notamment en procédant à des charges à la matraque, et auraient empêché des milliers de personnes de se joindre aux manifestations", ont déclaré ces deux douzaines d’experts indépendants dans un communiqué.

"Nous appelons les autorités à cesser immédiatement le recours à une force excessive, à lever les interdictions générales de rassemblement et à s’abstenir de tout usage abusif de la surveillance numérique, notamment par le biais de la biométrie, ainsi que des coupures d’Internet", ont-ils ajouté.

L'Inde a rejeté à plusieurs reprises ces critiques, les qualifiant d'ingérence dans ses affaires intérieures, notamment lorsque le Haut-Commissariat de l'Onu aux droits de l'homme a exprimé, au début du mois, ses inquiétudes concernant les détentions massives liées à ces incidents.

L’ambassade indienne à Washington n’a pas répondu à une demande de commentaire, et le gouvernement a déclaré ce mois-ci que les forces de l’ordre du pays avaient agi "en stricte conformité avec la loi".

Les groupes de manifestants affirment que la suppression de 130 millions de noms des listes électorales a privé de leur droit de vote des électeurs éligibles, excluant de manière disproportionnée les personnes pauvres et sans-abri ainsi que les minorités ethniques, notamment les musulmans, peu susceptibles de voter pour le BJP, parti nationaliste hindou. Le parti et la Commission électorale indienne réfutent ces allégations.

Celle-ci explique avoir supprimé les électeurs en double, décédés, ayant changé d’adresse ou inéligibles pour d’autres raisons, et que toute personne retirée par erreur peut introduire un recours.

La répression a été condamnée par des organisations de défense des droits de l’homme telles qu’Amnesty International et Human Rights Watch.

(Rédigé par Kanishka Singh à Washington; Version française Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)

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