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Iliad confirme ses vues sur SFR mais abandonne le rapprochement avec Telecom Italia
information fournie par Boursorama avec AFP 29/08/2025 à 08:03

( AFP / MIGUEL MEDINA )

( AFP / MIGUEL MEDINA )

Le groupe Iliad, maison mère de l'opérateur Free, a révélé jeudi la tenue en juin de "discussions très préliminaires" concernant la possible mise en vente de son concurrent SFR, un dossier qui agite le secteur des télécoms depuis plusieurs mois.

Cette annonce du directeur général du groupe, Thomas Reynaud, a néanmoins été teintée de prudence.

Il a en effet invité à ne "pas sous-estimer la complexité industrielle de ce type d'opération". Pour Iliad, cela ne représente "pas une nécessité", mais "une opportunité de faire grandir (son) modèle", a-t-il ajouté.

Si le dirigeant n'a pas donné davantage de détails sur les parties impliquées dans ces discussions, les rumeurs d'une cession de la filiale d'Altice France, qui pourrait poser des questions en matière de droit de la concurrence, enflent depuis plusieurs mois.

Très lourdement endetté, Altice France, qui a conclu en février un accord de réduction de sa dette, avait néanmoins martelé début août, par la voix de son PDG Arthur Dreyfuss, n'avoir reçu "aucune offre (de rachat), pas même indicative".

Son entreprise a refusé de commenter ce dossier jeudi lors de la publication de ses résultats du premier semestre, terminé sur une baisse des revenus de 9% sur un an, à 2,3 milliards d'euros, ainsi que de son nombre d'abonnés.

Pour Sylvain Chevallier, analyste télécoms et associé du cabinet de conseil Bearing Point, les déclarations d'Iliad sont avant tout une "confirmation" des rumeurs qui secouent le secteur.

"Il n'y a pas de surprise", a-t-il dit à l'AFP, soulignant toutefois la complexité d'une potentielle opération de consolidation qui ferait passer le marché des télécoms français de quatre à trois grands opérateurs. "En droit de la concurrence, il n'y a aucun scénario simple qui existe", a souligné l'analyste.

- Rapprochement abandonné en Italie -

En parallèle, Iliad, qui s'était lancé depuis février dans des discussions en vue d'un rapprochement avec l'opérateur Telecom Italia (TIM) sur le marché italien, a indiqué jeudi que ces négociations avaient été définitivement enterrées.

"Nous n'avons plus aucune discussion avec TIM depuis début avril et elles ne reprendront pas", a déclaré M. Reynaud.

Il a expliqué qu'il se concentrait désormais sur l'accélération des performances de sa filiale en Italie, où Iliad a vu ses ventes grimper de 9,2% au premier semestre pour atteindre plus de 600 millions d'euros, avec 12,5 millions d'abonnés.

En mai, donc après la fin de ces discussions, le groupe avait avancé que la perspective d'une telle opération était "une opportunité mais pas une nécessité".

"Cela aurait été peut-être compliqué de mener deux batailles en même temps en Italie et en France", a relevé M. Chevallier.

L'analyste a aussi pointé la tournure plus politique prise par les négociations en Italie.

"Dès qu'on touche à des fleurons historiques avec un actionnariat de l'État - dans Telecom Italia il y a 10% du capital qui est détenu par l'État italien -, on arrive sur des sujets qui sont un peu compliqués, qui dépassent le strict cadre économique", a-t-il détaillé.

Le retrait d'Iliad a provoqué la chute des actions Telecom Italia à la bourse de Milan, dont le prix est tombé à 0,414 euro (-8,79%).

Iliad s'est en outre félicité jeudi d'une amélioration de sa rentabilité au premier semestre, alors que son bénéfice net a quasiment triplé pour atteindre 700 millions d'euros.

Son chiffre d'affaires sur la même période s'est établi à 5 milliards d'euros, en hausse de 3,8% sur un an.

Présent en France, Italie et Pologne, le groupe a vu son nombre total d'abonnés fixe et mobile augmenter très légèrement, à 51 millions.

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