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Il faut envoyer des signaux clairs à Kyiv, dit Macron avant une possible visite en Ukraine
information fournie par Reuters 15/06/2022 à 11:34

IL FAUT ENVOYER DES SIGNAUX CLAIRS À KYIV, DIT MACRON AVANT UNE POSSIBLE VISITE EN UKRAINE

IL FAUT ENVOYER DES SIGNAUX CLAIRS À KYIV, DIT MACRON AVANT UNE POSSIBLE VISITE EN UKRAINE

par Manuel Ausloos et Luiza Ilie

CONSTANTA, Roumanie (Reuters) - Le président français Emmanuel Macron s'est défendu mercredi de toute "complaisance" envers la Russie et a jugé important d'envoyer des "signaux clairs" à l'Ukraine, mercredi lors d'une visite en Roumanie, tout en soulignant qu'il faudrait "à un moment" négocier avec Moscou pour mettre fin à la guerre.

Critiqué à Kyiv et dans certains pays d'Europe de l'Est pour ses propos invitant à "ne pas humilier" la Russie pour permettre une solution diplomatique au conflit, le président français a assuré mercredi l'Ukraine de son soutien total, mais il a mis en garde ceux qui se livrent à une "escalade verbale" sans en assumer la conséquence concrète - une entrée en guerre.

"Cette visite se déroule dans un contexte très grave, celui de la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine", a déclaré Emmanuel Macron pendant une conférence de presse au côté de son homologue roumain Klaus Iohannis sur la base de Constanta, où la France est à la tête d'un bataillon de l'Otan de 800 soldats, dont 500 Français.

"Nous partageons la même condamnation sans appel de l'agresseur", a-t-il poursuivi, exprimant sa fierté que "sous cette présidence française (de l'Union européenne, NDLR), nous ayons réussi à maintenir l'unité des Européens" pour soutenir l'Ukraine et imposer des sanctions à la Russie.

Pour autant, a-t-il dit, le président Volodimir Zelensky devra sans doute, "à un moment donné", "quand le feu pourra cesser", négocier avec Vladimir Poutine pour faire taire les armes.

"La seule issue souhaitable du conflit est soit une victoire militaire de l'Ukraine, soit une discussion (...) qui permet un accord entre l'Ukraine et la Russie. Donc à un moment, il faudra parler", a fait valoir Emmanuel Macron.

STATUT DE CANDIDAT À L'ADHÉSION À L'UE ?

"Je suis frappé de voir qu'il y a une escalade verbale alors que l'on n'en tire pas les conséquences", a-t-il ajouté. "Nous ne sommes pas en guerre avec la Russie."

Arrivé mardi soir en Roumanie, Emmanuel Macron est attendu dans la journée en Moldavie voisine, que beaucoup craignent de voir entraînée dans la guerre, et pourrait se rendre jeudi à Kyiv en compagnie du chancelier allemand Olaf Scholz et du président du conseil italien Mario Draghi, ont déclaré deux sources diplomatiques à Reuters.

L'Elysée n'a pas confirmé pour le moment qu'un déplacement en Ukraine figurait au programme du chef de l'Etat.

Interrogé à ce sujet à Constanta, Emmanuel Macron n'a pas fourni de calendrier, tout en disant que les Européens sont "en train de converger pour avoir des discussions d'une nouvelle nature avec l'Ukraine".

"Nous avons besoin d'envoyer des signaux politiques clairs à l'égard de l'Ukraine. Le contexte politique et les décisions que l'UE devra prendre justifient de nouvelles discussions en profondeur et de nouvelles avancées", a-t-il ajouté.

La Commission européenne doit faire connaître vendredi sa recommandation sur le statut de candidat à l'adhésion à l'Union européenne demandé par l'Ukraine. S'exprimant au côté d'Emmanuel Macron, Klaus Iohannis s'est dit mercredi favorable à ce que ce statut soit accordé "le plus vite possible" à Kyiv.

Le président français a par ailleurs évoqué de nouvelles discussions avec l'Ukraine sur l'aide militaire, financière et logistique que l'UE pourrait encore lui apporter, notamment pour lui permettre d'exporter ses céréales.

(Reportage de Manuel Ausloos, avec John Irish à Paris, rédigé par Tangi Salaün, édité par Nicolas Delame)

47 commentaires

  • 16 juin 09:19

    @ rillouto. Les contextes sont différents. La crise des missiles de Cuba s'est déroulé pendant la guerre froide où le bloc occidental faisait face au bloc communiste. Poutine n'a pas à dicter sa politique à l'Ukraine. Poutine peut souhaiter que l'Ukraine n'adhère pas à l'Otan mais le souhait que l'Ukraine veuille adhérer à l'Otan ne justifie pas que la Russie attaque l'Ukraine.


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