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Guerre en Ukraine: des mères d'Afrique australe implorent le retour de leur fils ou de leur corps
information fournie par AFP 19/08/2026 à 07:22
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Un groupe de 11 Sud-Africains, qui auraient été attirés pour aller combattre aux côtés de soldats russes dans la guerre contre l’Ukraine, arrive à l’aéroport international King Shaka de Durban le 25 février 2026 ( AFP / RAJESH JANTILAL )

Un groupe de 11 Sud-Africains, qui auraient été attirés pour aller combattre aux côtés de soldats russes dans la guerre contre l’Ukraine, arrive à l’aéroport international King Shaka de Durban le 25 février 2026 ( AFP / RAJESH JANTILAL )

Au lieu de fêter l'anniversaire de son fils, une mère de famille zimbabwéenne, Rodwin Chitewere, a passé la journée à prier pour que son corps soit rapatrié après sa mort parmi les forces russes menant la guerre contre l'Ukraine.

Dans d'autres pays de la région, comme le Botswana ou l'Afrique du Sud aussi, des femmes désespèrent de voir leur fils ou leur mari revenir d'un conflit dans lequel ils ont été plongés contre leur gré dans de nombreux cas, après des campagnes de recrutement au motif trompeur qui persistent.

Le fils de Rodwin Chitewere aurait eu 23 ans. En avril, il est parti avec un cousin d'un village reculé, où il vivait avec sa grand-mère. Vivant loin, sa mère n'a découvert son départ qu'après un changement de statut sur une application de messagerie.

Puis, quelqu'un l'a contactée depuis la Russie pour lui annoncer que son fils, Tanaka Muzirikazi, avait été blessé dans une attaque de drone.

"On a besoin de la grâce de Dieu pour savoir s'il va s'en sortir car c'est grave", décrit la note vocale envoyée alors, que l'AFP a pu écouter. Quatre mois seulement après le départ de son fils, le même homme lui annonce en juillet sa mort par message.

"Je veux juste qu'on le ramène à la maison. J'ai besoin de faire mon deuil", témoigne sa mère. "Je veux offrir à mon fils des funérailles dignes. J'ai énormément de peine."

Cinq personnes suspectées d'être des recruteurs ont été poursuivis pour traite d'êtres humains au Zimbabwe.

"Pas notre guerre"

Harare a annoncé en mars que 15 de ses ressortissants avaient été tués sur des "champs de bataille étrangers", sans plus de précision, et que plus de 60 autres restaient coincés en première ligne. C'était un mois avant le départ de Tanaka Muzirikazi et de son cousin Dylan Goodho.

"Dylan, si jamais tu entends ce message, s'il te plaît, reviens à la maison. Tu ne peux pas te battre dans une guerre qui n'est pas la nôtre", implore sa mère, Fadzai Chikove.

Son père a aidé le jeune homme de 23 ans à préparer son voyage, pensant qu'il partait en Tanzanie pour devenir importateur de voitures. "Ça semblait être une vraie opportunité", témoigne Vharance Goodho.

Ce n'est qu'une fois en Russie que Dylan a dit la vérité à sa famille.

Il a envoyé 1.500 dollars à la maison puis, à partir de mai, ses parents n'ont plus eu de nouvelles.

Le collectif All Eyes on Wagner a publié en février les noms de plus de 1.400 Africains recrutés, selon lui, par Moscou entre janvier 2023 et septembre 2025, dont plus de 300 seraient morts.

Œil pour œil

L'Afrique du Sud a annoncé qu'au moins deux de ses citoyens avaient été tués en combattant pour la Russie et que malgré le rapatriement de quinze personnes, d'autres demeuraient sur place.

Le projet gouvernemental ukrainien "Je veux vivre", dédié aux recrutements étrangers par la Russie, estimait en juillet que 69 Sud-Africains avaient été engagés et que dix ont péri.

Un des rapatriés a confié à l'AFP n'avoir "jamais eu aussi peur". Il n'avait aucune expérience militaire préalable.

"Tout à coup, vous voyez et entendez des bombes, des drones au-dessus de vos têtes", a-t-il raconté.

Un autre, dans la vingtaine aussi, reproche aux autorités de ne pas tenir leur promesse d'accompagnement psychologique.

"On nous laisse tomber, sans argent, sans aucun moyen de subsistance, uniquement avec les cicatrices de la guerre", déplore-t-il

Une femme raconte que son mari Lifa, âgé de 38 ans, a perdu une jambe dans une frappe de drone visant son convoi sur le front. Il est toujours hospitalisé en Russie.

Au Botswana, le gouvernement s'est ému d'un nombre "alarmant" de recrues. Le projet ukrainien "Je veux vivre" recensait en juin deux Botswanais morts au combat.

Une mère botswanaise rencontrée par l'AFP est sans nouvelles de son fils de 20 ans depuis près d'un an. Lui et un ami sont partis en Russie en juillet 2025. "Je ne sais pas s'ils sont vivants ou non", livre-t-elle.

Elle accuse la fille de l'ancien président sud-africain Jacob Zuma de les avoir trompés en leur prétextant un cours de développement personnel en Russie.

Cette dernière, Duduzile Zuma-Sambudla, a démissionné de son poste de parlementaire en décembre après une enquête de police la visant pour son rôle dans le recrutement de Sud-Africains.

"Je veux juste que mon enfant revienne à la maison", lâche-t-elle. Et que justice soit faite: "On nous a élevés selon le principe +œil pour œil+. Je veux donc que cette femme soit jugée."

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