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Grève à la SNCF, les syndicats insatisfaits des propositions de la direction
information fournie par Reuters06/07/2022 à 17:15

GRÈVE À LA SNCF, LES SYNDICATS INSATISFAITS DES PROPOSITIONS DE LA DIRECTION

GRÈVE À LA SNCF, LES SYNDICATS INSATISFAITS DES PROPOSITIONS DE LA DIRECTION

par Antony Paone et Caroline Pailliez

PARIS (Reuters) - Les trois syndicats à l'origine de la grève qui a affecté le trafic de la SNCF mercredi ont jugé les propositions d'augmentation de salaire de la direction insuffisantes pour faire face à l'augmentation du coût de la vie, laissant présager de nouvelles perturbations cet été.

Les quatre organisations syndicales représentatives - CGT, Sud-Rail, CFDT, qui avaient déposé un préavis de grève unitaire pour le 6 juillet afin de réclamer une négociation sur les salaires, ainsi que Unsa-Ferroviaire - ont été reçues mercredi matin par la direction.

Cette dernière leur a proposé une augmentation des rémunérations allant de 2,2% pour un cadre à 3,7% pour un agent d'exécution en tout début de carrière, selon trois syndicats.

Ces augmentations passent notamment par une revalorisation du point d'indice qui sert de base de calcul à la rémunération des cheminots, une revalorisation de la "prime vacances" et une augmentation du salaire de base de 400 euros bruts pour tous les salariés, lissée sur l'année. Elles seraient applicables rétroactivement à compter du 1er avril.

"Ces mesures ne font qu’entériner la perte de pouvoir d’achat des cheminots. L’entreprise reste à la moitié du gué", a dit à Reuters Eric Meyer, secrétaire fédéral de Sud-Rail, à l'issue de la rencontre.

"On va consulter nos adhérents. Il y a une grande chance pour que ça n’en reste pas là. A un moment donné, cet été il pourrait y avoir d’autres mouvements pour remettre la direction autour de la table", a-t-il poursuivi.

Même discours du côté de la CGT Cheminots. "Au regard de la situation de l’inflation de 5,8% mesurée en juin et du niveau attendu en fin d’année à plus de 8%, ces mesures sont clairement indécentes et n’effacent pas le contentieux salarial", a-t-elle écrit dans un communiqué.

La CFDT Cheminots, qui qualifie ces mesures d'"insuffisantes pour couvrir les effets de l'inflation", consultera pour sa part ses adhérents pour envisager les suites à donner au mouvement.

TRAFIC PERTURBÉ

Le trafic a été fortement perturbé mercredi sur le réseau SNCF. Un train sur deux en moyenne roulait sur le réseau transilien en Île-de-France, tout comme deux TER sur cinq en région, et un train sur trois en moyenne pour les trains intercités, selon la SNCF qui a également dû annuler plusieurs TVG Inoui et Ouigo.

Pour l'Unsa-Ferroviaire, qui représente les salariés de l'encadrement et qui ne s'est pas jointe au mouvement, les propositions de la direction sont "encourageantes", d'autant plus que, selon son secrétaire général Didier Mathis, les syndicats ont négocié une clause de revoyure à la fin de l'année pour faire le point sur l'inflation.

Ce dernier précise que le syndicat n'avait pas pour projet de déposer de préavis de grève pour l'été.

Les mouvements sociaux se multiplient en Europe dans les transports, l'énergie et la fonction publique, alors que l'inflation enregistre des niveaux records dans la zone euro. Les syndicats du secteur aérien appellent en France à des grèves du 8 au 10 juillet puis encore du 13 au 17 juillet.

Le gouvernement a accepté la semaine dernière d'augmenter le point d'indice qui sert de base de calcul à la rémunération des fonctionnaires de 3,5%. Cet indice n'avait pas bougé depuis 2017.

A la SNCF, les cheminots n'ont pas obtenu d'augmentation générale des salaires depuis huit ans, ce qui a entraîné une perte de pouvoir d'achat de 15%, selon Sud-Rail.

(avec Léa Guedj et Caroline Pailliez, édité par Jean-Stéphane Brosse et Sophie Louet)

3 commentaires

  • 06 juillet18:15

    Les syndicats et la direction de la SNCF jouent avec les nerfs des voyageurs . Ce scandale va-t-il durer longtemps ? Il est temps de légiférer sur le droit de grève des services publics.