Des milliers d'élèves et d’enseignants manifestent mercredi en Grèce pour réclamer une augmentation du budget alloué à l’éducation, de meilleures infrastructures et des classes moins surchargées, dans un mouvement faisant écho aux mobilisations des lycéens français et d'autres pays européens.
Selon les autorités, près de 10.000 manifestants se sont rassemblés pacifiquement dans le centre d’Athènes, la capitale, tandis que des cortèges se sont également élancés dans différentes villes du pays.
Lycéens et étudiants grecs ont notamment exprimé leur solidarité avec les manifestations et mobilisations qui prennent de l'ampleur en Europe, en particulier en France où des centaines de milliers de personne se sont rassemblées ce weekend contre la flambée du coût de la vie et les conditions scolaires délabrées.
"De la Grèce à la France, nous voulons une éducation publique et gratuite", scandaient les manifestants grecs rassemblés devant le Parlement. Des étudiants avaient installé des tentes sur la place Syntagma, dans le centre d’Athènes, et organisé une veillée de protestation avant la marche de mercredi.
Le fonctionnement des écoles publiques et des hôpitaux a été perturbé mercredi, certains enseignants et médecins ayant cessé de travailler pour protester contre leurs conditions salariales et le manque de personnel.
Ces manifestations accentuent la pression sur le gouvernement de centre-droit du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, alors qu'approchent des élections en 2027 et que les Grecs sont confrontés à la stagnation des salaires, à des loyers élevés et à la hausse des coûts énergétiques.
La ministre grecque de l’Éducation, Sofia Zacharaki, a déclaré avant les manifestations qu’elle prenait en compte les revendications des étudiants.
Elle a reconnu que les coûts du logement exerçaient une pression sur les ménages grecs et a indiqué que des projets d’une valeur de plus de 733 millions d’euros étaient en cours pour la construction de nouvelles résidences étudiantes et la modernisation des infrastructures.
Si les salaires de Grecs ont augmenté depuis la crise de la dette de 2009-2018, leur pouvoir d’achat réel reste parmi les plus bas de l’Union européenne et a subi un nouveau coup dur en raison de la hausse de l’inflation et de la flambée des prix des carburants.
"Il est très difficile de survivre ici : les loyers sont vraiment élevés et les logements vraiment petits. Nos parents n’arrivent pas à joindre les deux bouts pour payer notre loyer, l’électricité et notre vie ici", a témoigné Georgia Foukidou, une étudiante de 21 ans qui a manifesté à Athènes.
(Reportage Angelos Tsatsis et Valentini Anagnostopoulou ; rédigé par Angeliki Koutantou ; version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)

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