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Gaza: Au moins 45 morts à Rafah après des frappes israéliennes, condamnations internationales
information fournie par Reuters 28/05/2024 à 07:14

De la fumée s'élève lors d'une frappe aérienne israélienne, à Rafah

De la fumée s'élève lors d'une frappe aérienne israélienne, à Rafah

par Nidal al-Mughrabi et Dan Williams

Un bombardement israélien sur un campement de tentes de déplacés palestiniens a déclenché un incendie et fait 45 morts à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, ont déclaré lundi les autorités palestiniennes.

Cette frappe survenue dans la nuit de dimanche à lundi a suscité des réactions indignées dans de nombreuses capitales.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que l'armée israélienne, engagée dans une vaste offensive contre le Hamas après l'attaque du mouvement islamiste palestinien contre l'Etat hébreu le 7 octobre, n'avait aucune intention de prendre des civils pour cible et il a annoncé l'ouverture d'une enquête.

Sur des images tournées après ce bombardement, on peut voir des familles palestiniennes se précipiter vers les hôpitaux avec les dépouilles de leurs proches.

"Le monde entier voit Israël incendier Rafah et personne ne fait rien pour l'arrêter", a déploré Bassam, un habitant, via une messagerie.

Les chars israéliens ont continué lundi à bombarder les quartiers de l'est et du centre de Rafah, tuant huit personnes, ont déclaré les autorités sanitaires locales.

Tsahal a dit dans un communiqué dimanche avoir frappé un bâtiment du Hamas avec "des munitions de précision" sur la base de "renseignements précis".

Ces frappes aériennes ont permis d'abattre le secrétaire général du Hamas pour la Cisjordanie occupée et un autre haut représentant du groupe palestinien, a-t-elle ajouté.

Selon le ministère palestinien de la Santé, plus de la moitié des victimes sont des femmes, des enfants et des personnes âgées.

Benjamin Netanyahu a annoncé l'ouverture d'une enquête.

"A Rafah, nous avons déjà évacué environ un million d'habitants non-combattants et, malgré nos plus grands efforts pour ne pas faire de mal aux non-combattants, quelque chose s'est malheureusement mal passé de manière dramatique", a dit le chef du gouvernement devant les députés israéliens.

"LES TENTES BRÛLENT, LES CORPS AVEC"

Parmi les nombreuses réactions internationales, Emmanuel Macron s'est dit "indigné" par ce bombardement.

"Ces opérations doivent cesser. Il n'y a pas de zones sûres à Rafah pour les civils palestiniens", a dit le président français sur le réseau X. "J'appelle au plein respect du droit international et au cessez-le-feu immédiat."

Les Etats-Unis ont pour leur part appelé Israël à tout faire pour épargner les civils après les images "bouleversantes" de ce bombardement.

"Israël a le droit de s'en prendre au Hamas et nous comprenons que ce bombardement a tué deux terroristes de haut rang du Hamas responsables d'attaques contre des civils palestiniens", a dit un porte-parole du conseil de sécurité nationale de la Maison blanche. "Mais nous sommes clairs sur ce point, Israël doit prendre toutes les précautions possibles pour préserver les civils."

La Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné vendredi à Israël de stopper "immédiatement" son offensive, une décision dont l'Etat hébreu a fait fi, poursuivant ses opérations au cours du week-end.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a qualifié lundi d'"horribles" les informations relatives au bombardement sur le campement de tentes à Rafah.

Ces frappes ont touché le quartier de Tel al Sultan, dans l'ouest de Rafah, où des milliers de personnes vivent entassées dans des tentes après avoir, pour nombre d'entre elles, quitté l'est de la ville face aux avancées de Tsahal.

Un haut représentant du Hamas, Sami Abou Zouhri, a qualifié l'attaque de "massacre", ajoutant tenir les Etats-Unis pour responsables pour les aides militaires et financières qu'ils fournissent à Israël.

"Les frappes aériennes ont brûlé les tentes, les tentes fondent et avec elles, les corps des gens avec aussi", a déclaré un habitant à son arrivée à l'hôpital koweïtien de Rafah.

(Nidal al-Mughrabi au Caire, avec James Mackenzie et Dan Williams à Jérusalem; Jana Choukeir et Tala Ramadan à Dubai, Gabrielle Tétrault-Farber à Genève, version française Jean Terzian, Blandine Hénault et Kate Entringer)

40 commentaires

  • 28 mai 14:28

    Un Etat palestinien, c'est un Etat taliban, disait récemment Salman Rushdie. C'est évident ! Que les "bonnes âmes" arrêtent de dire n'importe quoi, et se taisent. L'humanisme à deux balles n'a aucune valeur. Seule la réalité compte.


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