Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent (2e g), et le président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh (2e d), lors de la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales du G20 à Asheville, en Caroline du Nord, le 31 août 2026 ( AFP / Allison Joyce )
Les Etats-Unis, qui espèrent rallier les pays européens à leur guerre économique contre l'Iran, ont irrité lundi leurs partenaires en conviant un ministre russe au G20 Finance.
Washington préside cette année le regroupement des grandes économies mondiales (Chine, Inde, Japon, France...).
La première réunion sur leur sol rassemble jusqu'à mardi ministres des Finances et banquiers centraux dans un majestueux complexe hôtelier au pied des Appalaches, à Asheville (Caroline du Nord).
L'hôte - le ministre américain des Finances Scott Bessent - entend profiter de l'événement pour promouvoir ses politiques, notamment de dérégulation, mais aussi convaincre les autres pays d'isoler davantage Téhéran.
M. Bessent mène en effet, à coups de sanctions, le volet économique de l'offensive américaine contre l'Iran, que la force militaire n'a pas réussi à faire plier jusqu'ici.
"On va continuer à faire pression (sur Téhéran). Nous avons déjà eu de bonnes discussions ici", a-t-il déclaré lundi devant la presse au début du sommet, quelques heures après que Washington a recommencé à bombarder l'Iran.
Présente au G20, l'Union européenne (UE) a semblé, dans un communiqué, disposée à durcir ses propres sanctions.
Mais des frictions ont surgi lundi en raison d'une autre guerre, celle menée depuis 2022 par la Russie en Ukraine.
D'ordinaire persona non grata, le ministre russe des Finances Anton Silouanov est apparu au milieu des délégués du G20. Il a aussi pu s'entretenir avec Scott Bessent.
Sa venue a crispé l'UE, qui a demandé à ce qu'il soit exclu de la "photo de famille" du sommet. Celle-ci a eu lieu lundi sans la presse, ont précisé les organisateurs à l'AFP.
"Le fait d'accueillir ici le ministre russe des Finances envoie un signal que je trouve perturbant", a déclaré le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil devant les journalistes.
Il aurait préféré que les Etats-Unis marquent le fait qu'il n'est "pas un invité ordinaire".
"Le président (Trump) et son gouvernement n'ont pas peur de parler avec les gens qui comptent" dans l'optique de "mettre fin au bain de sang sans fin" en Ukraine, a commenté auprès de l'AFP Kush Desai, un porte-parole de la Maison Blanche dépêché à Asheville.
Hostilités avec le Canada
Avant d'entrer dans le bâtiment principal au style montagnard, avec sa façade parée de grosses pierres irrégulières, les visiteurs passent devant une reproduction de la Maison Blanche.
Son locataire, Donald Trump, a bousculé chacun des membres du G20 depuis son retour au pouvoir l'an dernier, a minima en frappant leurs exportations de nouveaux droits de douane.
Malgré la censure par la Cour suprême d'une grande partie d'entre eux, l'exécutif américain vient de relancer les hostilités avec le Canada, membre du G20 et du G7 aux côtés des Etats-Unis.
Le ministre canadien François-Philippe Champagne a affirmé lundi être venu "avec un bon état d'esprit", "prêt à discuter", avant de rejoindre la grande table ovale qui accueille les débats à huis clos.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent et le président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh, lors de la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales du G20 à Asheville, en Caroline du Nord, le 31 août 2026 ( AFP / Allison Joyce )
Le G20 a été créé à la suite de la crise financière asiatique de 1997-1998 afin de renforcer la stabilité économique et financière mondiale.
Dix-neuf pays, l'Union européenne (UE) et l'Union africaine (UA) en sont des membres permanents.
L'Afrique du Sud a été exclue des réunions cette année par le gouvernement américain qui accuse régulièrement, sans preuves, les autorités de Pretoria de persécuter les fermiers blancs.
Le Trésor américain a par ailleurs refusé d'accréditer plusieurs journalistes travaillant pour le New York Times, le Wall Street Journal ou encore l'agence de presse économique Bloomberg.
L'association américaine de journalistes National Press Club a condamné la démarche au nom de la liberté de la presse et demandé au ministère de faire marche arrière.

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