Emmanuel Macron à Bruxelles le 19 décembre 2025. ( AFP / JOHN THYS )
"Quand les industriels essaient de faire de la dissynergie, c’est une chose, mais ce n’est pas à nous de la cautionner", a déclaré Emmanuel Macron à plusieurs médias européens.
"Un bon projet". Ce mardi 10 février, le président français Emmanuel Macron a répondu aux critiques formulées par des milieux industriels allemands la veille au sujet du projet de futur avion de combat européen (SCAF). "Les choses doivent avancer", a-t-il assuré.
"C'est un bon projet et je n'ai eu aucune expression allemande pour me dire que ce n’est pas un bon projet. Quand les industriels essaient de faire de la dissynergie, c’est une chose, mais ce n’est pas à nous de la cautionner" , a-t-il déclaré à plusieurs médias européens, dont Le Monde, The Economist et la Süddeutsche Zeitung, assurant qu'il en rediscuterait avec le chancelier allemand Friedrich Merz. "Et de la même manière sur le char de combat, d'ailleurs. Parce que vous imaginez, si d'aventure, le partenaire allemand remettait en cause l'avion commun, on serait obligé de remettre en cause le char commun", a-t-il prévenu dans cet entretien.
"Ce que je vis là, sur le SCAF, je l’ai vécu sur Ariane-6"
L'avion de combat européen est un projet clé de la coopération militaire franco-allemande. Lancé en 2017, il vise à remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols d'ici à 2040, dans un contexte de réarmement européen face aux tensions accrues avec la Russie. Mais les industriels français et allemands peinent à s'entendre.
Désigné comme maître d'oeuvre, l'avionneur français Dassault réclame plus d'autonomie pour sa fabrication, ce qui irrite l'Allemagne et l'Espagne, qui a rejoint le programme en 2019. A tel point que certains milieux industriels allemands plaident pour un changement d'alliance et que les médias allemands spéculent sur la possibilité que Berlin rejoigne le projet concurrent GCAP avec le Royaume-Uni, l'Italie et le Japon. "Ce que je vis là, sur le SCAF, je l’ai vécu sur Ariane-6. J'entendais, toutes les semaines, les Allemands ne vont pas mettre l’argent, c'est fini, catastrophe. On l'a fait", a relativisé mardi Emmanuel Macron.
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