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France/Présidentielle-Edouard Philippe entre en scène lors d'un grand meeting parisien
information fournie par Reuters 05/07/2026 à 17:51

L'ancien Premier ministre et candidat Horizons à l'élection présidentielle, Edouard Philippe, a tenu dimanche son premier grand meeting de campagne à Paris, où il a promis de "remettre la France sur la bonne voie" grâce notamment à un redressement des comptes du pays et à "une refonte massive de l'école".

Donné avec une longueur d'avance sur les autres candidats de la droite et du centre dans les sondages, en particulier l'ancien Premier ministre Renaissance Gabriel Attal et le candidat Les Républicains Bruno Retailleau, le maire du Havre a souligné la nécessité de fixer "un cap" et de s'y tenir.

La France est "un pays inquiet, en colère, fatigué" mais "qui sait très bien (...) que tout n'est pas perdu, pour peu qu'on lui dise la vérité, qu'on lui montre la route et qu'on tienne enfin ce qu'on promet", a-t-il lancé devant quelque 5.000 personnes - selon les organisateurs - réunies à l'Adidas Arena, au nord de Paris.

"On ne construit rien sans cohérence ni sans constance. Et je serai ce président de la constance, je renouerai avec le sens des priorités (...) Faire moins de choses mais les faire bien et jusqu'au bout."

"Je crois que nous pouvons remettre la France sur la bonne voie. Je crois qu'une majorité des Français pensent comme moi et aspirent à ce que l'État fasse son travail et à ce que les politiques préparent l'avenir et, pour le reste, à ce qu'on leur laisse vivre la vie qu'ils souhaitent", a également dit Edouard Philippe.

A l'orée de l'été, l'ancien locataire de Matignon (2017-2020) a levé le voile sur son programme avec l'espoir de conserver son avance d'ici le printemps 2027, sans passer par une primaire à laquelle il est hostile.

DES EFFORTS "JUSTES", "PARTAGÉS", "ÉTALÉS"

Il a en particulier insisté sur la nécessité de redresser les comptes publics "en baissant la dépense, plutôt qu'en augmentant les impôts, et en travaillant plus", "parce qu'avec une dette qui explose et un déficit public qu'on n'arrive plus à maîtriser, on ne va bientôt plus pouvoir décider de quoi que ce soit".

"Il ne s'agit pas de sang ou de larmes. Il s'agit peut-être d'un peu de sueur, oui, d'efforts, de sérieux, de détermination. Et je veux être clair (...), je demanderai des efforts, mais des efforts justes, des efforts partagés, des efforts étalés dans le temps", a déclaré Edouard Philippe.

Le prétendant à l'Elysée a promis de préserver "les ouvriers, les salariés modestes, les indépendants" et de ne pas taxer davantage "les entreprises qui payent déjà trop d'impôts", jugeant nécessaire de "baisser les dépenses sociales, supprimer les niches fiscales, avant de songer à augmenter les impôts de ceux qui travaillent" et de "dire aux retraités qu'il faudra contribuer davantage au financement de notre système social".

Edouard Philippe a également promis "une refonte massive de l'école", "la plus importante peut-être depuis Jules Ferry", "première des batailles" et "clé du redressement français", qui passerait par une plus grande liberté accordée aux établissements ou encore par "un soutien scolaire universel combinant assistants IA personnalisés et brigade de professeurs, voire d'anciens professeurs et d'étudiants volontaires".

Edouard Philippe a également défendu son bilan auprès d'Emmanuel Macron, soulignant l'expérience acquise à cette occasion.

"JE N'AI PAS TOUT BIEN FAIT"

"Comme tous les Premiers ministres, je n'ai pas tout bien fait. Mais j'ai réussi des choses dont je suis fier et j'ai appris, appris l'Etat, ses forces et ses limites, sa capacité exceptionnelle à tenir pendant les crises et sa lourdeur conservatrice", a-t-il dit.

Edouard Philippe a aussi taclé le Rassemblement national et ses deux candidats potentiels : l'eurodéputé Jordan Bardella ou la triple candidate à l'Elysée Marine Le Pen, qui connaîtra mardi son sort en appel dans l'affaire des assistants parlementaires de son parti. Si elle est inéligible, Jordan Bardella la remplacera.

Les deux leaders d'extrême droite devancent leurs concurrents dans les dernières enquêtes d'opinion, qui donnent aussi une chance d'accès au deuxième tour au candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, déjà activement en campagne.

En amont de son meeting parisien, un millier de réunions d'appartements ont rassemblé environ 10.000 personnes le 25 juin dans toute la France.

Prompt à rappeler son ADN d'homme "de droite" et son expérience de maire réélu au Havre, Edouard Philippe se dit "fier" des réformes engagées lorsqu'il était à Matignon, notamment pour relancer le marché du travail.

Ses chargés de campagne - la députée Marie Guévenoux, l'écrivain Gilles Boyer et le maire d'Angers Christophe Béchu - étaient dans la salle, de même qu'une bonne partie des quelque 500 maires encartés Horizons - mouvement créé en 2021 fort d'une quarantaine de députés - élus ou réélus en mars.

Edouard Philippe a récemment engrangé les soutiens de la porte-parole (Renaissance) du gouvernement, Maud Brégeon, et de l'ancienne ministre Nathalie Kosciusko-Morizet.

L'ancien ministre Jean-François Copé et le président du groupe Droite républicaine à l'Assemblée nationale, Laurent Wauquiez, lui ont aussi tendu la main au nom du rassemblement au détriment de Bruno Retailleau, dont la cote peine à grimper dans les sondages.

(Rédigé par Benjamin Mallet et Elizabeth Pineau)

7 commentaires

  • 06 juillet 08:51

    Les détracteurs de Philippe sont prêts à accueillir Bardella les bras ouverts alors qu'il incarne le néant absolu tant sur le plan de sa formation que de son expérience professionnelle...... Bardella ou Le pen à l'Elysée c'est donner les clefs de la France à Poutine, les français sont ils prêts à ce suicide collectif pour l'avenir de leurs enfants ?


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