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France: Le gouvernement "Borne 2", sans Abad et avec les alliés de Macron
information fournie par Reuters04/07/2022 à 13:33

FRANCE: LE GOUVERNEMENT "BORNE 2", SANS ABAD ET AVEC LES ALLIÉS DE MACRON

FRANCE: LE GOUVERNEMENT "BORNE 2", SANS ABAD ET AVEC LES ALLIÉS DE MACRON

par Myriam Rivet et Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Deux semaines après le revers du camp présidentiel aux élections législatives, le gouvernement "Borne 2" entre en action lundi avec la délicate mission de mener les réformes ambitieuses voulues par Emmanuel Macron par-delà les clivages politiques d'une Assemblée fragmentée.

Un conseil des ministres aura lieu à 16h00, a annoncé l'Elysée. Elisabeth Borne prononcera son discours de politique générale mercredi à l'Assemblée, puis au Sénat. On ignore si la Première ministre sollicitera un vote de confiance.

La nouvelle équipe paritaire de 41 membres, qui devra composer avec une parlementarisation inédite sous la Ve République, n'a pourtant rien de la coalition élargie que les appels au dépassement et au rassemblement d'Emmanuel Macron auraient pu laisser augurer. Elle accorde toutefois une place toute stratégique à ses alliés du MoDem, d'Horizons et d'Agir.

Pas de débauchage spectaculaire non plus - le nom de Yannick Jadot, candidat Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à la présidentielle, a un temps circulé pour la Transition écologique -, l'exercice tenant plus du remaniement interne.

L'ex-candidate à la présidentielle Marine Le Pen, désormais chef de file des députés Rassemblement national, a déploré sur Twitter que le chef de l'Etat "ignore (...) une nouvelle fois le verdict des urnes et la volonté des Français d'une autre politique".

Des élus de la nouvelle alliance de gauche Nupes raillent quant à eux un gouvernement "Titanic", une "Macronie rabougrie", "le dernier quarteron des macronistes radicalisés", un "fruit pourri dont le noyau lutte pour sa survie".

Damien Abad, visé par une plainte pour tentative de viol et de nouveau mis en cause lundi par une jeune militante de droite sur BFM TV, quitte le gouvernement bien qu'il rejette les accusations à son encontre. Il est remplacé au ministère des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées par Jean-Christophe Combe, directeur général de la Croix-Rouge.

Visée par trois plaintes pour viol dans ses fonctions passées de gynécologue, Chrysoula Zacharopoulou reste pour sa part chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux.

Les trois ministres battues aux élections législatives sont remplacées, selon la règle édictée par l'Elysée en 2017.

UN PROCHE DE PHILIPPE À LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE

Un proche d'Edouard Philippe, Christophe Béchu, est promu à la Transition écologique à la place d'Amélie de Montchalin. Un signe d'apaisement politique adressé à l'ancien Premier ministre du "quinquennat I", dont le groupe "Horizons" à l'Assemblée nationale sera une force d'appoint pour l'exécutif.

Le maire d'Angers, qui avait quitté Les Républicains en 2017, avait fait son entrée dans l'équipe Borne le 20 mai au poste de ministre délégué aux Collectivités territoriales.

Brigitte Bourguignon est remplacée à la Santé par François Braun, président de Samu-Urgences de France, artisan de la "mission flash" sur les services d'urgence diligentée par le gouvernement face à la situation précaire des hôpitaux.

Justine Benin, secrétaire d'Etat à la Mer, est remplacée par le député "macroniste" Hervé Berville.

Jean-François Carenco, actuel président de la Commission de régulation de l'énergie et ancien préfet d'Ile-de-France, remplace Yaël Braun-Pivet, élue présidente de l'Assemblée nationale, aux Outre-Mer, domaine rattaché au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui voit ainsi son périmètre élargi.

Face à un vivier de candidats s'épuisant pour la Macronie, l'exécutif renoue avec le jeu des chaises musicales.

L'ex-ministre de la Santé Olivier Véran, qui était chargé des Relations avec le Parlement, devient porte-parole du gouvernement en remplacement d'Olivia Grégoire nommée à Bercy, chargée des PME, du Commerce, de l'Artisanat. Olivier Véran est aussi chargé du Renouveau démocratique.

C'est le ministre du Commerce Franck Riester qui hérite du portefeuille des Relations avec le Parlement, poste-clé pour la suite du deuxième mandat d'Emmanuel Macron, contraint à des alliances parlementaires pour faire aboutir des textes phares comme celui sur le pouvoir d'achat, en l'absence de majorité absolue à l'Assemblée.

"Marcheur" de la première heure, le député Roland Lescure est nommé ministre délégué à l'Industrie.

LAURENCE BOONE AUX AFFAIRES EUROPÉENNES

Au nombre des mutations inattendues, Clément Beaune quitte les Affaires européennes pour les Transports.

C'est Laurence Boone qui assumera ses fonctions passées au grade de secrétaire d'Etat.

Cette économiste succéda à Emmanuel Macron au poste de conseillère économique du président socialiste François Hollande de 2014 à 2016. Devenue chef économiste de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 2018, elle en était la secrétaire générale adjointe depuis janvier.

L'ancienne sénatrice de droite Caroline Cayeux, qui avait quitté Les Républicains en 2018 et signé en novembre 2021 une tribune appelant à un second mandat d'Emmanuel Macron, fait son entrée aux Collectivités territoriales.

Des figures de l'ancien quinquennat font leur retour.

Marlène Schiappa, ancienne ministre chargée de la Citoyenneté auprès du ministre de l'Intérieur, est nommée à l'Economie solidaire et sociale et à la Vie associative.

Le Mouvement démocrate (MoDem) de François Bayrou, qui s'estimait peu loti avec la seule nomination de Marc Fesneau (Agriculture) dans le cabinet "Borne 1", voit sa représentativité élargie avec trois recrues supplémentaires.

Geneviève Darrieussecq (ex-secrétaire d'Etat aux Anciens combattants dans le précédent quinquennat) est nommée au pôle Santé (Personnes handicapées). Sarah El Haïry (chargée de la Jeunesse et de l'Engagement dans le gouvernement de Jean Castex) est désormais à la Jeunesse et au Service national universel.

Député MoDem des Yvelines, Jean-Noël Barrot, fils de Jacques Barrot, économiste multi-diplômé, sera chargé de la Transition numérique et des Télécommunications.

Plusieurs élus de terrain, rompus aux pratiques législatives, font ainsi leur entrée, avec l'objectif de former des "majorités de projet" dans leurs domaines.

A l'instar du député "Agir" - parti de Franck Riester intégré dans la confédération présidentielle "Renaissance" - Olivier Becht, qui officiera au Commerce extérieur. Ou encore Caroline Grandjean ("Renaissance") à l'Enseignement et à la Formation professionnels, Agnès Firmin-Le Bodo ("Horizons") à l'Organisation territoriale et aux Professions de santé, Bérangère Couillard ("Renaissance") à l'Ecologie.

Un transfuge du Parti socialiste, le maire de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) Olivier Klein, est nommé à la Ville et au Logement.

(Myriam Rivet et Sophie Louet, édité par Bertrand Boucey)

17 commentaires

  • 04 juillet14:35

    Sandrine Rousseau souhaite que Damien Abad soit "écarté le temps de l'enquête" et qualifie de "rumeurs" les accusations contre Eric Coquerel