Des gens déposent des fleurs devant une école où un enseignant a été poignardé à mort, à Arras, en France
(Reuters) - Plusieurs centaines de personnes se sont réunies dimanche sur la place des Héros dans la ville d'Arras (Pas-de-Calais) afin de rendre hommage à Dominique Bernard, professeur de français poignardé à mort lors d'une attaque dans le collège-lycée Gambetta deux jours plus tôt.
Émue, Catherine Piecuch, co-secrétaire FSU du Nord et du Pas-de-Calais qui s'exprimait durant le rassemblement, a dénoncé "un acte insupportable" et demandé une meilleure protection des écoles, des élèves et des enseignants.
"Face à ce drame, l'intersyndicale du Nord et du Pas-de-Calais appelle chacun et chacune à respecter notre deuil", a ajouté la représentante syndicale qui a aussi exhorté à ne pas "instrumentaliser" le drame.
Le maire d'Arras, Frédéric Leturque, a lui appelé à l'union : "Nous sommes toutes et tous rassemblés, unis debout pour Dominique Bernard, pour sa famille, pour ses enfants (...) Nous faisons bloc ensemble."
Gabriel Attal, le ministre de l'Education nationale, a annoncé samedi qu'"un temps d'échange à la fois humain et pédagogique au sein des équipes éducatives" serait prévu lundi matin dans tous les collèges et lycées de France.
Les cours seront annulés lundi jusqu’à 10 heures et une minute de silence sera ensuite respectée à 14h dans chaque classe en mémoire aux victimes des attentats.
L'attaque de vendredi qui a fait un mort et trois blessés a été commise par Mohamed M., né en 2003 en Russie et fiché comme islamiste radicalisé.
La veille, le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin a estimé lors d'une conférence de presse au sortir d'une réunion de sécurité qu'à sa connaissance, il n'y avait pas eu de failles des services de renseignements.
"L'assaillant était en contact avec plusieurs personnes radicalisées et notamment son frère en prison", a rappelé la Première ministre dans une interview à la Tribune dimanche.
"Il a fait l'objet d'un suivi précis de la part des services de renseignement. Les moyens de surveillance avaient notamment été renforcés. Aucun élément recueilli dans le cadre de cette surveillance ne faisait mention de projet terroriste", a-t-elle ajouté dans l'hebdomadaire.
Tout le gouvernement est "totalement mobilisé" pour protéger les enseignants, a assuré la Première ministre. "Nous adoptons une posture maximale pour assurer la sécurité des Français."
La France a décidé de mobiliser jusqu'à 7.000 soldats qui seront déployés d'ici à lundi soir et jusqu’à nouvel ordre et de porter le dispositif Vigipirate à son niveau maximum après cet attentat.
Le renforcement du niveau d'alerte attentat intervient trois ans presque jour pour jour après l'assassinat d'un autre enseignant, Samuel Paty.
Comme le ministre de l'Intérieur, Elisabeth Borne a évoqué un possible lien entre les évènements au Proche-Orient et cet attentat, tout en appelant à la prudence : "L'enquête permettra de déterminer exactement les conditions et les circonstances dans lesquelles cet individu est passé à l'acte".
"L'attaque contre Israël a pu être un éléments déclencheur", a-t-elle ajouté.
(Rédigé par Kate Entringer)

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