Aller au contenu principal
Fermer

France/Gabon-A Libreville, Macron veut parler climat et non politique
information fournie par Reuters 02/03/2023 à 13:50

LIBREVILLE, 2 mars (Reuters) - Emmanuel Macron a lancé jeudi à Libreville un appel pour la préservation des forêts tropicales, au début d'un voyage africain qu'il veut tourné vers l'avenir, loin d'une ère de la "Françafrique" selon lui "révolue".

Le chef de l'Etat français co-préside avec son homologue gabonais Ali Bongo le One Forest Summit, réunion internationale sur la conservation des forêts, la protection du climat et la biodiversité dans le sillage des objectifs fixés par l'Accord de Paris sur le climat de 2015 et la COP15 de Montréal l'an dernier.

Emmanuel Macron a visité dans la matinée l'Arboretum Raponda Walker, zone boisée protégée proche de Libreville où il a pu admirer des arbres centenaires où crissent les insectes et goûter une graine de cola, "le café de la forêt", comme le lui a expliqué le ministre de l'Environnement gabonais Lee White.

Les présidents Denis Sassou-Nguesso (Congo), Faustin-Archange Touadéra (République centrafricaine), Idriss Déby (Tchad) et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale) doivent aussi participer au One Forest Summit, où aucun haut dirigeant amazonien ni asiatique n'a fait le déplacement.

Avec quelque 220 millions d'hectares, le bassin du Congo constitue le deuxième massif forestier de la planète après l'Amazonie.

"Cette forêt ici au Gabon capte l'équivalent d'un tiers des émissions de CO2 que la France émet donc on a ici, en Afrique, une partie des solutions en matière de lutte contre le dérèglement climatique", a dit le président.

"On doit aider à bâtir des chaînes de valeur pour créer des emplois et pour permettre le développement humain compatible avec la préservation de la biodiversité et de la forêt."

"LA FRANCE EST UN INTERLOCUTEUR NEUTRE"

Cette tournée africaine d'Emmanuel Macron survient alors que la France perd de l'influence sur le continent, où son armée vient de quitter le Mali et le Burkina Faso. Il dit vouloir réinventer un "partenariat", en particulier dans les anciennes colonies tricolores.

Accusé par l'opposition gabonaise de soutenir le président Ali Bongo à quelques mois de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron s'est une nouvelle fois défendu de vouloir interférer dans les affaires intérieures d'un pays africain.

"Cette ère de la 'Françafrique' est bien révolue et j'ai parfois le sentiment que les mentalités n'évoluent pas au même rythme que nous quand je lis, j'entends, je vois qu'on prête à la France des intentions qu'elle n'a pas, qu'elle n'a plus, qu'on semble encore attendre d'elle des positionnements qu'elle se refuse à prendre", a-t-il déclaré devant la communauté française à la résidence de France.

"Au Gabon comme ailleurs, la France est un interlocuteur neutre qui parle à tout le monde et dont le rôle n'est pas d'interférer dans des échanges de politique intérieure", a-t-il ajouté. "Je ne suis venu investir personne, je suis venu témoigner de mon amitié et de ma considération à un pays".

Ali Bongo, dont le mandat prend fin en août, n'est pas encore officiellement candidat à sa réélection.

(Reportage Elizabeth Pineau, édité par Tangi Salaün)

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Raju Modiyam, qui a perdu une jambe dans l'explosion d'une mine artisanale, se déplace à l'aide d'une béquille dans le village de Lankapalli du district de Bijapur, dans l'Etat de Chhattisgar, le 1er avril 2026 en Inde ( AFP / Shammi MEHRA )
    information fournie par AFP 25.04.2026 00:13 

    Elles sont le legs meurtrier d'une des plus anciennes rébellion d'Asie. Dissimulées le long des pistes forestières du centre de l'Inde, des centaines de mines artisanales posées par les insurgés maoïstes menacent toujours la population, malgré la paix retrouvée. ... Lire la suite

  • Photo diffusée par le Département de l'information de la presse du Pakistan (PID), le 25 avril 2026, montrant le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (c,d), et le chef d'état-major de l'armée, Syed Asim Munir (2e g), accompagnant le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi (c), à son arrivée à la base aérienne de Nur Khan à Rawalpindi, près d'Islamabad ( Département de l'information de la presse du Pakistan (PID) / Handout )
    information fournie par AFP 24.04.2026 23:23 

    Une reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre se profile vendredi, avec l'envoi de négociateurs des deux camps à Islamabad, sans garantie de discussions directes, deux semaines après l'échec d'une précédente tentative. Parallèlement, ... Lire la suite

  • La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris ( AFP / ERIC PIERMONT )
    information fournie par AFP 24.04.2026 23:12 

    La Bourse de Paris a terminé en baisse vendredi, dans la continuité d'une semaine marquée par les incertitudes et une situation qui reste "opaque" au Moyen-Orient. L'indice du CAC 40 a perdu 69,50 points (-0,84%) à 8.175,82 points. Sur l'ensemble de la semaine, ... Lire la suite

  • Dans la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, le 18 avril 2026, les immeubles effondrés et les commerces éventrés se succèdent  ( AFP / FADEL itani )
    information fournie par AFP 24.04.2026 22:41 

    Voici les derniers développements en lien avec la guerre au Moyen-Orient vendredi : - Le chef de la diplomatie iranienne à Islamabad Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé à Islamabad vendredi soir avant des négociations entre l'Iran ... Lire la suite

Pages les plus populaires