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Football: Les principaux championnats européens réclament une réforme de la gouvernance de la Fifa
information fournie par Reuters 25/09/2026 à 12:52
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Le président de la FIFA, Gianni Infantino, arrive au stade avant un match de la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans de la FIFA

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, arrive au stade avant un match de la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans de la FIFA

par Lori Ewing

Quatre des principaux championnats européens de football ont appelé vendredi ‌à de profondes réformes au sein de la Fifa, estimant que les parties prenantes devaient se voir accorder un rôle accru dans la prise de décision alors que les ​critiques s'intensifient à l'encontre de la direction de l'instance.

La Premier League, la Bundesliga, la Serie A et la Liga ont déclaré que la Fifa avait besoin de mécanismes de contrôle plus solides, de limites constitutionnelles clairement établies et d’une plus grande séparation entre ses fonctions de régulation et ses activités commerciales.

Cette démarche constitue la première réaction coordonnée ​des quatre championnats depuis que le président de la Fifa, Gianni Infantino, a renoncé durant l'été à un projet de céder une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Cette initiative avait déclenché ​une vive levée de boucliers dans le monde du football.

"La Coupe du monde est ⁠peut‑être le sommet de notre sport, mais ce sont les fondations du football qui le font vivre semaine après semaine, dans des stades pleins et au ‌cœur des communautés locales, par des joueurs, des supporters, des clubs et des ligues engagés partout dans le monde", ont déclaré les ligues dans un communiqué commun publié vendredi.

"Les fondations historiques du football ont, ces dernières années, été menacées par un problème de gouvernance fondamental, ​le président de la Fifa ayant activement promu des idées relevant ‌de l'exploitation au lieu de s'y opposer. Et si les parties prenantes du football ont finalement obtenu le retrait ⁠du projet Fifa Forward Enterprise, les conditions qui ont permis l'émergence de FFE demeurent."

Cette prise de position vient nourrir les interrogations croissantes sur la gouvernance de la Fifa alors que Gianni Infantino brigue un nouveau mandat l'an prochain.

Les relations entre la Fifa et les grands championnats européens se sont dégradées ces dernières années, sur fond de contentieux répétés autour de l'extension des ⁠compétitions internationales.

Clubs et ligues nationales dénoncent ‌régulièrement la multiplication des compétitions organisées par la Fifa, qui accentue la pression sur les joueurs et menace, selon eux, la valeur ⁠des championnats domestiques.

ABUS DE POUVOIR

Gianni Infantino a tenté de répondre aux critiques plus tôt cette semaine dans un courrier adressé au conseil de la Fifa et aux présidents des ‌211 associations membres, en proposant que le conseil envisage de mandater un audit externe indépendant du cadre de gouvernance de la Fifa pour les grandes initiatives ⁠stratégiques.

Il a également proposé des consultations avec les confédérations, les fédérations et d'autres parties prenantes sur un renforcement des processus ⁠de décision.

"Le président de la FIFA a ‌désormais reconnu la nécessité d'une réforme, mais il ne suffit pas d'envisager des changements superficiels et procéduraux (...) : une réforme fondamentale de la gouvernance est essentielle pour rétablir des ​limites statutaires claires au sein de la Fifa, notamment pour garantir que les questions disciplinaires individuelles ‌restent à l'abri de toute ingérence politique", ont estimé les ligues dans leur communiqué.

Les quatre championnats européens demandent à la Fifa d'accorder un véritable rôle décisionnel aux parties prenantes concernées, de créer un organe ​permanent représentant les principaux acteurs – fédérations nationales, ligues, clubs et joueurs des compétitions masculines comme féminines –, de garantir des décisions fondées sur des éléments tangibles et de protéger la fonction de régulation de la Fifa de ses intérêts commerciaux.

"L'avenir de la Fifa concerne tous ceux qui se soucient du football, car notre sport ne peut pas se développer ⁠à l'échelle mondiale si ses fondations sont fragilisées", souligne encore le communiqué.

"Le problème de gouvernance de la Fifa dépasse largement la seule question du rôle d'un individu. La question centrale est de savoir si le président de la Fifa doit pouvoir concentrer autant de pouvoirs réglementaires, commerciaux et politiques, sans véritables contre‑pouvoirs ni accord des parties prenantes concernées."

"Il y a plus d'une décennie, à la suite de procédures pénales visant de hauts responsables du football, le propre processus de réforme de la Fifa avait cherché à traiter ces enjeux. Pourtant, une nouvelle fois, le football vient de subir l'un des plus graves abus de pouvoir de l'histoire de la Fifa", poursuit le communiqué.

(Reportage de Lori Ewing, ​version française Vincent Daheron, édité par Benoit Van Overstraeten)

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