par Mark Gleeson
La longue saga autour du vainqueur de la dernière Coupe d'Afrique des nations (CAN) s'apprête à connaître un tournant important jeudi, lors de l'audience devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne après l'appel déposé par le Sénégal, qui a été destitué du titre au profit du Maroc.
Les Sénégalais contestent la décision de la Confédération africaine de football (CAF) de proclamer le Maroc champion, alors même qu'ils avaient battu le pays hôte après prolongation (1-0) lors de la finale disputée en janvier à Rabat.
Le Sénégal avait quitté la pelouse pendant quatorze minutes en guise de protestation contre une décision de l'arbitre, qui avait sifflé un penalty en faveur du Maroc dans les dernières minutes du temps réglementaire. Plusieurs joueurs avaient regagné les vestiaires.
À leur retour sur la pelouse, le Maroc avait manqué ce penalty, envoyant ainsi le match en prolongation, où le Sénégal avait inscrit l'unique but décisif.
Deux mois plus tard, le titre avait finalement été retiré au Sénégal, le jury d'appel de la CAF déclarant le Sénégal forfait pour avoir quitté le terrain et donnant ainsi une victoire sur tapis vert (3-0) au Maroc.
Le Sénégal a saisi le TAS quelques jours plus tard et l'appel, déposé le 25 mars, sera examiné jeudi lors d'une audience. Un jury recevra les arguments présentés par le Sénégal, le Maroc et la CAF.
"À l'issue de l'audience, la formation arbitrale entamera ses délibérations. À ce stade, le TAS n'est pas en mesure d'indiquer quand une décision finale sera rendue, mais celle-ci ne sera pas prononcée le jour même de l'audience", a précisé le TAS dans un communiqué publié mercredi dernier.
UN COLLÈGE DE TROIS ARBITRES POUR TRANCHER
La formation arbitrale sera présidée par le Français Gérald Simon, assisté de l'Italien Luigi Fumagalli et de l'Allemand Ulrich Haas.
Les arbitres devraient notamment entendre l'argument du Sénégal selon lequel les lois du jeu confèrent un caractère définitif aux décisions de l'arbitre sur les faits de jeu, qui ne peuvent être remis en cause a posteriori.
Entrera aussi en ligne de compte l'interprétation des dispositions du règlement de la compétition sur lesquelles le jury d'appel de la CAF s'est appuyé pour donner raison au Maroc.
Celui-ci dit que "si, pour n'importe quelle raison, une équipe refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l'autorisation de l'arbitre, elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours".
L'audience se déroulera à huis clos.
(Rédigé par Mark Gleeson, version française Vincent Daheron, édité par Benoit Van Overstraeten)

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