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Football: Le Kosovo sur le point d'écrire une page de son histoire avant son dernier match de qualification au Mondial
information fournie par Reuters 30/03/2026 à 13:40

Demi-finale des barrages européens de la Coupe du Monde de football à Bratislava, en Slovaquie

Demi-finale des barrages européens de la Coupe du Monde de football à Bratislava, en Slovaquie

par Fatos Bytyci

Le Kosovo est à un ‌souffle d'écrire une page d'histoire: décrocher sa première participation à la Coupe du monde, un basculement presque irréel ​pour la plus jeune nation d'Europe qui affronte la Turquie mardi pour obtenir son ticket.

Sous le régime serbe dans les années 1990, les événements sportifs étaient interdits au Kosovo et les matches de football se déroulaient en ​privé. Les joueurs se lavaient ensuite dans de petites rivières ou avec de la neige fondue.

Indépendant depuis 2008, admis seulement en 2016 dans le ​football mondial, le Kosovo s'est offert le droit de recevoir ⁠la Turquie mardi en finale des barrages européens grâce à sa victoire spectaculaire contre la Slovaquie ‌la semaine dernière (4-3). Le vainqueur s'envolera pour l'Amérique du Nord, où le Mondial débutera le 11 juin prochain.

"La participation du Kosovo aux États-Unis serait historique, véritablement mémorable", estime Eroll ​Salihu, ancien secrétaire général de la ‌fédération kosovare. "Ce serait la concrétisation d'un rêve, pour les générations qui ont joué ⁠sur des terrains boueux et dans des prés afin de défendre l'honneur et l'esprit de ce sport."

Ce petit pays, avec 1,6 million d'habitants, avait perdu neuf de ses dix matches lors de sa première campagne de qualification ⁠pour la Coupe du ‌monde 2018.

Mais les résultats ont commencé à s'améliorer lorsque la fédération a recruté au ⁠sein de la diaspora. Lors de la campagne actuelle, l'équipe a battu la Suède et la Slovénie pour ‌obtenir une place en barrages.

Chaque match est perçu comme une réussite dans un pays marqué ⁠par le conflit, où la lutte pour l'indépendance, obtenue à la suite d'une ⁠campagne aérienne militaire de l’OTAN ‌en 1999, a fait plus de 13.000 morts.

"Les gens ont souffert ici, chacun d'entre nous a perdu de ​nombreux membres de sa famille", rappelle Samir Ujkani, premier ‌capitaine et gardien de but du Kosovo, parti vivre en Belgique lorsqu'il était enfant. "C’est notre devoir de revenir ici et de représenter ​notre pays."

Pendant ce temps, l'enthousiasme grandit dans un pays dont le stade national ne peut accueillir que 12.500 spectateurs, soit un cinquième de la capacité de nombreux stades accueillant la Coupe du monde.

Les billets pour ⁠le match de mardi se sont vendus en quelques minutes et sont désormais revendus au marché noir jusqu'à 20 fois leur prix initial. Les villes installeront des écrans géants sur les places principales pour ceux qui ne pourront assister à la rencontre.

Et si cela ne suffisait pas à motiver les joueurs, le gouvernement du Kosovo a promis une prime d'un million d'euros en cas de victoire.

(Reportage de Fatos Bytyci, version française Vincent ​Daheron, édité par Benoit Van Overstraeten)

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