par Sam Tobin
L'Égypte et l'Iran abordent vendredi leur dernier match du groupe G avec une qualification possible pour la suite du Mondial, mais les tensions géopolitiques entourant la rencontre risquent de reléguer l'enjeu sportif au second plan.
Grâce à sa victoire contre la Nouvelle-Zélande, la première de son histoire en Coupe du monde 92 ans après ses débuts dans la compétition, l'Égypte a pris la tête du groupe. L'Iran, auteur de deux matches nuls contre la Belgique et la Nouvelle-Zélande, peut aussi s'emparer de la première place en cas de succès.
Le contexte dépasse toutefois largement le cadre du terrain. La rencontre intervient alors que Washington et Téhéran tentent de trouver une issue durable au conflit déclenché en février par les frappes américaines et israéliennes, rapidement étendu à l'échelle régionale.
La sélection iranienne a en outre été confrontée à des restrictions de déplacement que son sélectionneur, Amir Ghalenoei, avait dénoncées en qualifiant son équipe de "plus opprimée" de la compétition. Les autorités américaines ont toutefois assoupli ces mesures cette semaine, en autorisant l'Iran à arriver deux jours avant le match au lieu d'un.
La décision de Seattle, qui accueille la rencontre, de faire de cette rencontre un "Pride Match" constitue un autre motif de crispation, l'homosexualité étant criminalisée en Égypte comme en Iran. Après le tirage au sort de décembre, les deux pays avaient fait part de leurs objections, la Fédération égyptienne de football estimant qu'une telle initiative allait à l'encontre des valeurs culturelles et religieuses du pays.
Malgré ces protestations, Seattle a maintenu son dispositif.
Sur le plan sportif, l'Égypte sait qu'un match nul devrait suffire pour conserver la tête du groupe, même si cette perspective pourrait l'inciter à la prudence. Les Égyptiens avaient toutefois montré davantage d'allant en deuxième période contre la Nouvelle-Zélande pour renverser la rencontre.
L'Iran peut elle aussi encore finir en tête du groupe, avec à la clef un possible huitième de finale contre les États-Unis le 6 juillet. Mais Team Melli devra d'abord battre une équipe d'Égypte en pleine confiance.
(Reportage Sam Tobin ; version française Jérôme Terroy)

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