Aller au contenu principal
Fermer

Fin de cavale au Panama pour Joël Soudron, un des narcotrafiquants français les plus recherchés
information fournie par AFP 31/03/2026 à 17:56

Joël Soudron, un des narcotrafiquants français les plus recherchés, a été interpellé au Panama ( AFP / MARTIN BERNETTI )

Joël Soudron, un des narcotrafiquants français les plus recherchés, a été interpellé au Panama ( AFP / MARTIN BERNETTI )

La procédure d'extradition est en cours: Joël Soudron, un des narcotrafiquants français les plus recherchés, a été interpellé au Panama et un procès pour un vaste trafic de cocaïne entre Antilles et Hexagone l'attend déjà en juin à Paris.

Ce Guadeloupéen de 46 ans, habitué par le passé à dissimuler son identité derrière plusieurs alias - comme James Olivier Kane ou Max Bernard Honorat Dalon, jonglant avec plusieurs faux passeports de différentes nationalités - avait réussi jusque-là à échapper aux avis de recherche à l'international.

Alors que la France l'avait mis sous les verrous pour une autre affaire de trafic de stupéfiants, il s'était évadé le 6 décembre 2018 au cours d'une permission de sortie et avait quitté le territoire français.

Mais sa cavale a pris fin lundi au Panama et les "démarches diplomatiques de demande d'"extradition sont en cours", a indiqué mardi la procureure de Paris Laure Beccuau, confirmant le journal Le Monde.

Joël Soudron est soupçonné d'être derrière le vaste trafic dévoilé le 18 novembre 2011, à la faveur d'un contrôle d'un conteneur au port du Havre en provenance de Guadeloupe, qui avait permis aux douaniers de saisir 231 kg de cocaïne.

La procureure de Paris Laure Beccuau le 25 mars 2026 à Paris ( AFP / Blanca CRUZ )

La procureure de Paris Laure Beccuau le 25 mars 2026 à Paris ( AFP / Blanca CRUZ )

Au cours d'une opération menée à Baie-Mahault (Guadeloupe) dans les locaux de l'entreprise de déménagement ayant organisé le transport, "272 kg de cocaïne et 284.930 euros avaient été saisis et la gérante avait été interpellée", rapporte Mme Beccuau dans un communiqué.

La suite des investigations diligentées par l'Ofast (Office central anti-stupéfiants) avait "mis en évidence que de 20 à 30 convois de cocaïne avaient été réalisés depuis 2005, dont six en 2011", poursuit la procureure de Paris au sujet de ce dossier supervisé par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris.

- "Volonté de discrétion" -

Avant qu'il ne se fasse la belle, Joël Soudron avait été interpellé une première fois au Mali en octobre 2016, dans le cadre "d'une autre procédure pour trafic de stupéfiants".

Dans cette précédente affaire, il avait été condamné en son absence en 2004 par le tribunal correctionnel de Créteil (région parisienne) à "la peine de six ans d'emprisonnement", déroule Mme Beccuau.

Le système, ingénieux, consistait alors à faire passer la drogue dans des cages où nichaient des chiens achetés à la SPA et dont la présence devait gêner le flair des canidés de la douane à l'aéroport d'Orly.

Le Guadeloupéen sait déjà ce qui l'attend à son retour: pour le nouveau trafic de drogue massif qui lui est imputé, son procès en correctionnelle est fixé au 11 juin 2026 à Paris.

Par ordonnance du 3 septembre 2025, le magistrat instructeur a ordonné son renvoi pour "importation et trafic de stupéfiants", "blanchiment", "détention d'arme de catégorie B", "contrebande de marchandise dangereuse pour la santé", "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de dix ans". Huit autres personnes seront également jugées dans ce dossier, ajoute encore la procureure de Paris.

Sa discrétion fut pendant longtemps l'atout majeur dans son jeu. "Il est apparu directement à la tête d'un trafic immense, à la grande surprise de tout le monde", avait confié un policier au moment de la découverte de l'étendue du trafic de cocaïne entre Antilles et Hexagone après la saisie de 2011.

L'argent de la drogue, "plusieurs dizaines de millions d'euros" selon un policier, Joël Soudron l'aurait principalement investi dans l'économie légale en Afrique francophone dans des secteurs aussi variés que "l'immobilier, un restaurant, l'évènementiel".

Le tout, sans jamais apparaître, utilisant de multiples prête-noms servant à la création de sociétés-écrans.

"On a déjà eu des narcotrafiquants d'ampleur. Mais pas comme lui avec autant d'argent, de sociétés dans de nombreux pays, et une volonté de discrétion", loin des flambeurs de la Costa del Sol ou de Dubaï, soulignait alors un enquêteur.

Son parcours est difficile à retracer dans son intégralité mais il semblait avoir beaucoup voyagé en Afrique de l'Ouest, notamment au Sénégal, en Guinée et au Mali. Il avait aussi visiblement poussé jusqu'au Panama.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires