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Fifa: fragilisé, Infantino a tenu une réunion de crise au Maroc
information fournie par AFP 05/08/2026 à 20:13
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Une vue extérieure du siège pour l'Afrique de la Fifa ke 5 août 2026 à Salé, près de Rabat, où Gianni Infantino a tenu une réunion de crise avec de hauts responsables de l'instance mondiale du football ( AFP / Abdel Majid BZIOUAT )

Une vue extérieure du siège pour l'Afrique de la Fifa ke 5 août 2026 à Salé, près de Rabat, où Gianni Infantino a tenu une réunion de crise avec de hauts responsables de l'instance mondiale du football ( AFP / Abdel Majid BZIOUAT )

Le président de la Fifa Gianni Infantino, assailli de critiques après un projet finalement avorté d'ouverture de l'instance mondiale aux investisseurs privés, a tenu mercredi au Maroc une réunion de crise avec de hauts responsables de l'organisation.

Cette réunion, qui n'était pas ouverte à la presse, s'est tenue au siège pour l'Afrique de la Fifa, au sein du complexe Mohammed VI de Salé, près de Rabat, où des journalistes de l'AFP présents à l'une des entrées du complexe ont vu entrer plusieurs véhicules en fin de matinée.

En début de soirée, une source proche du dossier a indiqué sous couvert de l'anonymat que la réunion était terminée. Des journalistes de l'AFP présents à l'entrée du site ont vu deux voitures aux vitres teintées suivies d'un véhicule de police quitter les lieux peu avant 18h30 heure locale (17h30 GMT).

Aucune information n'était disponible dans l'immédiat sur le contenu des échanges. On ignore aussi les raisons précises du choix du Maroc pour accueillir cette réunion. Le pays doit coorganiser la Coupe du monde 2030 avec l'Espagne et le Portugal.

Gianni Infantino se trouvait néanmoins dans le royaume à l'occasion de la Fête du Trône la semaine dernière.

Levée de boucliers

Le président de la Fifa, Gianni Infantino, lors du match de la Coupe du monde 2026, opposant les États-Unis au Paraguay, à Inglewood (Californie), le 12 juin 2026 ( AFP / Frederic J. BROWN )

Le président de la Fifa, Gianni Infantino, lors du match de la Coupe du monde 2026, opposant les États-Unis au Paraguay, à Inglewood (Californie), le 12 juin 2026 ( AFP / Frederic J. BROWN )

A la tête de la Fifa depuis dix ans, Gianni Infantino a multiplié les projets clivants, jusqu'à annoncer la semaine dernière vouloir créer une société extérieure (la Fifa Forward Enterprise, FFE) pour gérer les activités commerciales de l'instance et les tournois comme les Coupes du monde, avec l'arrivée d'investisseurs privés.

Présenté à la surprise générale mardi dernier après qu'il a été révélé par la presse, le projet a finalement été retiré dans la nuit de vendredi à samedi face à l'opposition de nombreux acteurs du foot, dont la confédération européenne (UEFA).

Plusieurs cadres de la Fifa ont pris leurs distances ces derniers jours avec Infantino, dont Arsène Wenger, actuel directeur du développement du football mondial au sein de l'instance, et le secrétaire général de l'instance Mattias Grafström.

Ce dernier, dans une lettre aux salariés de la Fifa et consultée par l'AFP, a regretté "une série d'événements tristes et condamnables", qui ont "heureusement abouti à l'abandon permanent" du projet.

Le conseiller principal de Gianni Infantino Carlos Cordeiro avait déjà démissionné vendredi, disant s'opposer "catégoriquement" au projet d'Infantino.

Pressions extérieures

La contestation au sein de la Fifa vient s'ajouter aux pressions extérieures, venant notamment de la puissante UEFA mais aussi de la Concacaf (confédération nord-américaine et des Caraïbes) qui, après avoir torpillé le projet de FFE, a critiqué directement Infantino.

Le milieu de terrain espagnol, Rodri, brandit le trophée de la Coupe du monde aux côtés de ses coéquipiers, encadré par le président américain Donald Trump (2e à droite) et le président de la Fifa Gianni Infantino (à droite), après avoir remporté la finale du Mondial-2026 contre l'Argentine, à East Rutherford, le 19 juillet 2026 ( AFP / Odd ANDERSEN )

Le milieu de terrain espagnol, Rodri, brandit le trophée de la Coupe du monde aux côtés de ses coéquipiers, encadré par le président américain Donald Trump (2e à droite) et le président de la Fifa Gianni Infantino (à droite), après avoir remporté la finale du Mondial-2026 contre l'Argentine, à East Rutherford, le 19 juillet 2026 ( AFP / Odd ANDERSEN )

La Concacaf a ainsi demandé la semaine dernière une "mise à plat complète" de la gouvernance du président de la Fifa, alors que l'UEFA, qui avait brandi la menace d'un boycott des Coupes du monde pour avoir gain de cause, a dit avoir "perdu confiance" en Infantino.

Dans une lettre envoyée vendredi à la Fifa et consultée par l'AFP, l'UEFA "notifie officiellement qu'elle envisage activement d'engager une action en justice".

"Soyons clair: la Fifa ne peut plus être autorisée à continuer à prendre unilatéralement des décisions", a dénoncé à son tour mercredi dans un communiqué l'Association des ligues européennes, critiquant au passage le projet d'Infantino de vouloir élargir le Mondial à 64 équipes dès 2030.

Infantino est pour l'instant le seul candidat déclaré à sa réélection à la tête de la Fifa, lors d'un scrutin qui se déroulera en mars 2027 à Rabat.

Le président de la Fifa, Gianni Infantino, lors du tirage au sort des barrages de la Coupe du monde 2026, à Zurich, le 20 novembre 2025 ( AFP / Fabrice COFFRINI )

Le président de la Fifa, Gianni Infantino, lors du tirage au sort des barrages de la Coupe du monde 2026, à Zurich, le 20 novembre 2025 ( AFP / Fabrice COFFRINI )

L'Italo-Suisse de 56 ans a besoin d'une majorité des 211 fédérations membres pour décrocher un nouveau et dernier mandat de quatre ans. Jusqu'ici, une poignée de fédérations (Finlande, pays de Galles, Serbie, Suède) lui ont officiellement retiré leur soutien.

"Infantino doit partir", a asséné mercredi l'ancienne légende du foot portugais Luis Figo, conseilleur auprès de l'UEFA, dans une tribune publiée par le Daily Mail où il qualifie le président sortant de "vestige du passé (qui) ne doit pas faire partie de l'avenir".

Le prince Ali ben Al Hussein, président de la Fédération jordanienne de football, avait lui accusé mardi de "chantage" Infantino. "Pendant des mois, la Fifa a refusé de nous aider sur ces questions ou sur d'autres, jusqu'à ce qu'on me dise oralement, pendant la Coupe du monde, que si je soutenais Infantino, cela contribuerait grandement à aider notre fédération" a déclaré le dirigeant sur X.

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