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Faiblesses des défenses, attractivité, erreurs humaines... : pourquoi la France est particulièrement ciblée par les piratages de données
information fournie par Boursorama avec Media Services 19/08/2026 à 09:11
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"Quasiment l'intégralité des fuites de données qu'on a pu voir ces derniers temps ne sont pas arrivées en raison d'une faille technique" mais plutôt d'"une erreur humaine", selon un exert en cybersécurité.

( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

La France fait partie des pays les plus touchés au monde par les piratages et les fuites de données. Les experts soulignent l'attractivité de ses données mais égalemet des faiblesses dans ses défenses

Après la consultation d'un vaste fichier de données bancaires, révélée en février, et l'attaque ayant visé l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) en avril, le piratage massif du fisc français dévoilé ces derniers jours illustre à nouveau la fréquence des incidents subis en France.

• Où se situe la France par rapport aux autres pays ?

Selon plusieurs rapports d'entreprises de cybersécurité, la France figure parmi les pays les plus visés par des cyberattaques. Une étude de l'entreprise de cybersécurité Surfshark publiée en juillet place la France en tête des pays les plus touchés par des violations de données en Europe, avec 43,4 millions de comptes compromis au premier semestre 2026 - en hausse de plus de 62% par rapport à la deuxième moitié de 2025.

"La France arrive en deuxième position des pays qui subissent le plus de fuites d'informations , derrière les États-Unis," abonde auprès de l' AFP Karim Hamia, expert en cybersécurité chez Check Point Software Technologies.

Selon le bilan annuel publié par l'autorité nationale de protection des données (Cnil), le pays a connu plus de 6.100 violations de données en 2025 , touchant pour certaines des millions d'usagers, un record. "C'est 50% de plus sur ces trois dernières années", avait déploré en mai auprès de l' AFP Marie-Laure Denis, la présidente de la Cnil, regrettant que certains organismes, institutions et entreprises ne soient toujours "pas assez" protégés. Selon le rapport, la moitié de ces fuites de données sont liées à des piratages et concernent en particulier des secteurs comme l'administration publique, la santé et les activités financières.

• Pourquoi le pays est-il visé ?

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer le ciblage d'entreprises ou d'administrations françaises.

"La France est fortement digitalisée pour les accès à ses différents services" , explique Karim Hamia, ce qui a mené à une "concentration" des informations autour de services numériques comme FranceConnect ou l'ANTS. "Ca simplifie la vie de l'usager, mais quand un identifiant est compromis, ça donne accès à beaucoup plus d'informations, et c'est beaucoup plus rentable" pour les pirates, affirme l'expert.

Ces vols sont aussi facilités par l'accroissement des vulnérabilités lié à une utilisation exponentielle et parfois non maîtrisée des nouvelles technologies, à commencer par la confusion des outils informatiques professionnels et personnels.

Selon une analyse de la police, consultée par l' AFP , les enquêtes menées par l'Office anti-cybercriminalité (OFAC) et la Brigade de lutte contre la cybercriminalité (BL2C) font ressortir un profil type : les attaquants sont plutôt des hommes, souvent jeunes (de 13 à 23 ans), majoritairement mineurs (âge moyen : 17 ans), vivant en France, principalement en zone urbaine, socialement isolés et aux motivations hybrides (appât du gain, notoriété...).

• Les données sont-elles suffisamment protégées ?

Face à la répétition des attaques, certains acteurs s'interrogent sur le niveau de sécurisation et de protection des données. "Quasiment l'intégralité des fuites de données qu'on a pu voir ces derniers temps ne sont pas arrivées en raison d'une faille technique" mais plutôt d'"une erreur humaine" , observe Matthieu Dierick, de la société de cybersécurité F5.

"Les moyens déployés (ndlr: par l'État) pour sécuriser ces services-là ne sont peut-être pas au même niveau que peuvent mettre, par exemple, une entreprise pour sécuriser ses données", avance également Karim Hamia, alors que la directive européenne "NIS 2" sur la cybersécurité, adoptée fin 2022, n'a pas encore été transposée en France.

Celle-ci prévoit un certain lot d'obligations en matière de gouvernance de cybersécurité, comme celles de notifier les incidents à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) et d'imposer des mesures de sécurité comme une authentification à plusieurs facteurs. Mais cette mesure "n'est pas une solution miracle, c'est le minimum", souligne Matthieu Dierick.

Interrogé en mai à l'Assemblée nationale lors d'une commission de la défense nationale, le directeur général de l'Anssi Vincent Strubel avait mis en lumière "la complexité du système d'information de l'État", au "pilotage qui n'est pas uniformisé" et "dont les choix technologiques sont d'une très grande hétérogénéité".

4 commentaires

  • 10:11

    On peut toujours demander à un fonctionnaire de bureau d'agir avec responsabilité ... mais ce n'est pas dans les usages d'une administration pléthorique favorisée comme la noblesse sous l'ancien régime, déresponsabilisée et ultra-syndiquée.


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