Entreprises du sud de la Californie touchées par les droits de douane, à Valencia
Les créations d'emplois aux Etats-Unis ont accéléré beaucoup plus que prévu en janvier et le taux de chômage a reculé, signalant une stabilisation du marché du travail qui pourrait donner plus de marges de manoeuvre à la Réserve fédérale (Fed) pour maintenir inchangés ses taux d'intérêt pour un certain temps.
Le rapport mensuel du département du Travail publié mercredi, avec retard en raison du récent "shutdown" aux Etats-Unis, recense 130.000 emplois non-agricoles créés le mois dernier, alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne 70.000 créations nettes.
Le chiffre de décembre a été révisé, faisant apparaître désormais 48.000 créations de postes contre 50.000 en première estimation.
Le taux de chômage s'est établi en janvier à 4,3% après 4,4% en décembre et un consensus à 4,4%.
Le mois de janvier est généralement celui qui enregistre le plus de licenciements liés aux fêtes de fin d'année. Mais compte tenu du faible nombre d'embauches saisonnières dans le commerce de détail et les entreprises de livraisons, les licenciements ont probablement été moins nombreux cette année, ce qui a pu permettre d'améliorer le tableau général en matière d'emploi.
Sur les marchés financiers, la réaction aux chiffres bien meilleurs que prévu a été immédiate.
Le rendement des Treasuries à dix ans, quasiment stable avant la publication des données, gagne désormais près de cinq points de base, à 4,1922%. Celui des emprunts à deux ans, le plus sensible aux fluctuations des anticipations sur les taux d'intérêt, grimpe de près de huit points de base, à 3,5306%.
Les opérateurs de marché ont revu leurs anticipations concernant une baisse prochaine de la fourchette des fonds fédéraux de la Fed, estimant désormais à une chance sur cinq la probabilité d'une telle réduction d'ici avril, contre environ deux chances sur cinq avant la publication.
La probabilité d'un statu quo sur les taux en juin est montée à près de 40% contre 25% avant les chiffres de l'emploi.
Le dollar s'est retourné à la hausse face à un panier de devises de référence et gagne désormais 0,2%. Les contrats à terme sur les indices boursiers de Wall Street ont parallèlement accru leurs gains.
"Si cette publication tardive risque de présenter des anomalies, compte tenu du chaos engendré par la fermeture partielle du gouvernement, elle indique néanmoins que l'économie américaine continue de faire preuve de résilience", souligne Susannah Streeter, directrice de la stratégie d'investissement chez Wealth Club.
La Fed, qui a pour double mandat la stabilité des prix et le plein emploi, a maintenu le mois dernier inchangée la fourchette de ses taux directeurs à 3,5%-3,75%. La banque centrale a mis en avant une inflation toujours élevée et une croissance économique solide, malgré les appels répétés du président américain Donald Trump à une baisse drastique des coûts d'emprunt.
Les économistes jugent que le marché du travail a été fragilisé par les politiques commerciales et anti-immigration de Donald Trump mais estiment que les réductions d'impôts attendues pour 2026 devraient soutenir les recrutements.
(Rédigé par Blandine Hénault, édité par Kate Entringer)

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