(Actualisé avec communiqué)
par John Irish
Un milliard de dollars d'aide humanitaire et militaire a été promis jeudi par les pays rassemblés à Paris pour une "Conférence internationale de soutien à la population et à la souveraineté du Liban" organisée à l'initiative du président français, Emmanuel Macron.
Cette conférence ambitionnait également d'apporter un appui aux forces armées du pays et d'encourager la cessation des hostilités.
En coulisse, beaucoup doutaient pourtant que ces espoirs se concrétisent, les efforts poursuivis de leur côté par les Etats-Unis dans le contexte de l'élection présidentielle américaine se heurtant à ceux que déploient ou entendent déployer d'autres pays, la France notamment.
"La guerre doit cesser au plus vite. Il faut un cessez-le-feu au Liban. Plus de dégâts, plus de victimes, plus de frappes ne permettront ni d'en finir du terrorisme ni d’assurer la sécurité de tous", a déclaré Emmanuel Macron en ouvrant la conférence au côté de Najib Mikati, le Premier ministre libanais.
"Il faut cesser le feu et définir sans attendre les mesures qui doivent être prises pour rétablir un calme durable le long de la ligne bleue et permettre aux populations déplacées au Liban comme en Israël, de retourner dans leurs foyers en toute sécurité", a-t-il poursuivi.
S'exprimant dans la foulée, Najib Mikati a prié la communauté internationale de soutenir la reconstruction des infrastructures détruites par les bombardements israéliens.
Si Paris a travaillé avec Washington à l'élaboration d'un cessez-le-feu au Liban, son influence est amoindrie par l'offensive de grande ampleur conduite par Israël contre le Hezbollah depuis septembre et qui a fait plus de 2.000 morts et plus de 1,3 million de déplacés, selon les autorités libanaises.
ISRAEL ET IRAN ABSENTS
Organisée à la hâte, la conférence de jeudi accueillait 70 délégations et 15 organisations internationales, mais pas le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, qui a préféré effectuer une dernière tournée diplomatique au Proche-Orient avant la présidentielle du 5 novembre.
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhan Al Saoud, qui s'efforce de rester à l'écart du dossier libanais, ne s'est pas non plus déplacé.
Israël, qui dénonce l'initiative française, n'a pas été représenté, pas plus que l'Iran, soutien du Hezbollah, qui n'a pas été invité.
La note de cadrage adressée aux différentes délégations indique que la conférence entendait réaffirmer la nécessité d'une cessation des hostilités sur la base de la résolution 1701 adoptée en 2006 par le Conseil de sécurité des Nations unies, qualifiée de "pierre angulaire" de la sécurité au Liban par Najib Mikati.
Elle pose le cadre d'un cessez-le-feu permanent entre Israël et le Hezbollah avec la constitution, entre la Ligne bleue séparant Israël et le Liban au sud et le fleuve Litani au nord, d'une zone exempte de toute force armée à l'exception de l'armée libanaise, appuyée par la Finul.
Le gouvernement libanais pourrait d'ailleurs déployer 8.000 soldats dans le sud du pays, a dit le Premier ministre libanais, alors qu'on apprenait la mort de trois militaires libanais tués par une frappe israélienne près de Yater, une localité méridionale.
UN MILLIARD DE DOLLARS D'AIDE
La conférence espérait également sensibiliser la communauté internationale au sort des centaines de milliers de déplacés qui ont quitté leur logement au gré des bombardements et des ordres d'évacuations israéliens.
Paris entendait lever jeudi autour de 500 millions d'euros d'aide humanitaire et ce sont finalement 800 millions de dollars qui ont été promis, auxquels s'ajoutent 200 millions de dollars d'aide militaire, selon le ministre français des Affaires étrangères.
"Ces aides contribueront à répondre aux besoins urgents de la population du Liban, et en particulier des déplacés, dans les secteurs de la santé, de l’alimentation, de l’eau, de l’hygiène et l’assainissement et de l’éducation", a dit le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.
"La conférence a permis d’apporter un soutien additionnel aux forces de sécurité libanaises, garantes de l’unité, de la stabilité et de la souveraineté de ce pays. Cet appui, financier et en nature, doit leur permettre de préserver la paix civile, et de préparer un déploiement massif de l’armée libanaise au sud du pays dans le cadre d’un règlement diplomatique."
(Avec la contribution de Maya Gebeily; version française Nicolas Delame, édité par Blandine Hénault et Kate Entringer)

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