par Lili Bayer et Andrew Gray
Les dirigeants de l'Otan se réunissent mardi et mercredi à Ankara pour un sommet de l'alliance, dans un contexte de guerre au Moyen-Orient et de critiques du président américain Donald Trump envers l'organisation et ses membres.
Faisant pression sur l'Europe pour qu'elle augmente ses dépenses de défense, Donald Trump a également annoncé le retrait de troupes américaines d'Europe et un réexamen de six mois de la présence militaire américaine sur le continent, alimentant davantage les incertitudes autour de l'Otan.
Voici ce qu'il faut savoir du sommet de cette semaine :
DE QUOI LES DIRIGEANTS VONT-ILS DISCUTER ?
L'administration américaine a insisté pour que l'Europe augmente ses investissements dans la défense et assume la responsabilité principale de la défense du continent.
Les responsables s'attendent à ce que les dirigeants se concentrent sur les progrès réalisés pour atteindre les objectifs de dépenses de défense, sur le renforcement de la production industrielle de défense et sur la manière de mettre en œuvre le "transfert de la charge" des États-Unis vers l'Europe.
QUI SERA PRÉSENT ?
Les dirigeants des 32 pays membres de l'Otan, dont Donald Trump, participeront au sommet.
Le président ukrainien Volodimir Zelensky, le président sud-coréen Lee Jae Myung, le président du Conseil européen Antonio Costa et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen devraient se joindre à un dîner avec les dirigeants de l'Otan mardi soir.
Le président américain Donald Trump rencontrera également le président syrien Ahmed al Charaa en marge du sommet, a indiqué la Maison blanche.
Les ministres des Affaires étrangères de l'Otan devraient quant à eux rencontrer leurs homologues de Bahreïn, du Koweït, du Qatar et des Émirats arabes unis, et participer à un dîner-débat avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères et la chef de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas.
Les ministres de la Défense de l'Otan doivent également s'entretenir avec leurs homologues australiens, japonais, néo-zélandais et sud-coréens.
QUE DIRONT LES DIRIGEANTS AU SUJET DE LA DÉFENSE ?
Les dirigeants européens s'efforceront de montrer à Donald Trump qu'ils tiennent l'engagement pris lors du sommet de La Haye l'année dernière, à savoir consacrer 5% du produit intérieur brut (PIB) à la défense et aux mesures liées à la défense d'ici 2035.
"En 2025, les alliés européens et le Canada ont augmenté leurs investissements dans les besoins essentiels de défense de plus de 139 milliards de dollars (121,78 milliards d'euros)", selon un projet de déclaration commune consulté par Reuters.
"Nous construisons l'avenir : une Europe plus forte au sein d'une Otan plus forte – une Alliance modernisée. Les alliés européens et le Canada, en collaboration avec les États-Unis, assument une plus grande responsabilité dans la défense de l'Alliance", devraient déclarer les membres de l'Otan à l'issue du sommet.
QUE FERONT-ILS POUR L'UKRAINE ?
Les membres de l'Otan devraient réaffirmer leur soutien à l'Ukraine et s'engager à lui apporter une aide supplémentaire.
"Pour 2026, les Alliés s'engagent à fournir 70 milliards d'euros en matériel militaire, en aide et en formation à l'Ukraine et réaffirment leur engagement souverain à maintenir des niveaux au moins équivalents en 2027", devraient déclarer les dirigeants.
Une partie du financement proviendra des engagements bilatéraux existants et d'une facilité de prêt de l'UE qui met à disposition 60 milliards d'euros pour les investissements et les achats de défense ukrainiens pour la période 2026-2027. Les États-Unis ne devraient pas apporter de contribution financière.
QUELLES SERONT LES MESURES DE L'ALLIANCE EN MATIÈRE D'INDUSTRIE ?
Alors que le sommet de l'année dernière s'était concentré sur la conclusion d'un nouvel engagement de dépenses, les responsables souhaitent que la réunion de cette année se concentre sur l'augmentation de la production d'armes et la stimulation de l'innovation en matière de défense.
L'Alliance organisera mardi à Ankara un forum sur l'industrie de la défense, au cours duquel des contrats d'une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars seront annoncés.
LA QUESTION DE L'IRAN SERA-T-ELLE ABORDÉE ?
Les responsables européens craignent que la guerre en Iran, ainsi que l'irritation de Donald Trump face à la réaction des Etats européens à ce sujet, ne viennent éclipser le sommet.
Dans leur déclaration finale, les dirigeants devraient indiquer que "les alliés réaffirment que l'Iran ne doit en aucun cas se doter de l'arme nucléaire et appellent l'Iran à respecter pleinement la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz".
QUE VEUT LA TURQUIE, PAYS HÔTE ?
La Turquie cherchera à mettre en avant ses capacités croissantes dans le domaine de l'industrie de la défense et réitérera son appel de longue date aux membres de l'alliance pour qu'ils lèvent toutes les restrictions sur le commerce des équipements de défense au sein de l'alliance.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan souhaitera également faire avancer les discussions avec des alliés tels que la France et l'Italie concernant l'achat de systèmes de défense antimissile SAMP/T et d'autres formes de coopération dans le domaine de l'industrie de la défense.
(Rédigé par Lili Bayer, Andrew Gray, Sabine Siebold, John Irish et Tuvan Gumrukcu ; version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)

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