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"Du moment que le RN ne passe pas!", à Avignon, la fusion des gauches braque à droite
information fournie par AFP 19/03/2026 à 20:07

L'ancien journaliste Olivier Galzi, candidat sans étiquette aux élections municipales, le 29 janvier 2026 à Avignon ( AFP / Thibaud MORITZ )

L'ancien journaliste Olivier Galzi, candidat sans étiquette aux élections municipales, le 29 janvier 2026 à Avignon ( AFP / Thibaud MORITZ )

A Avignon, la fusion des listes de gauche, apparemment acceptée par leurs électeurs, braque Olivier Galzi, arrivé en tête du premier tour. Le candidat sans étiquette la dénonce avec force, agitant le chiffon rouge du controversé député Raphaël Arnault et a organisé jeudi une manifestation contre "la violence et l'antisémitisme".

Derrière une banderole "Aux urnes, citoyens", l'ex-journaliste télé classé "divers droite" par la préfecture de Vaucluse, arrivé en tête du premier tour, a réuni plusieurs centaines de personnes jeudi soir place de l'Horloge pour protester contre la fusion des listes LFI et PS.

Une fusion "au mépris des électeurs", a-t-il déploré, applaudi par la foule lorsqu'il regrette que le candidat socialiste s'allie avec "une candidate extrémiste".

Mais les électeurs de gauche rencontrés par l'AFP la veille ne semblent pas choqués par l'alliance au second tour.

Moktar, 55 ans, sort d'une boulangerie du quartier prioritaire des Olivades quand il apprend la nouvelle: "Ils ont fusionné LFI et le PS?", et réagit dans un haussement d'épaules: "du moment que le RN ne passe pas!".

C'est ici qu'une quinzaine de militants de la nouvelle liste "Ensemble et solidaires", rassemblant du PS à LFI, en passant par Génération.s, ont choisi de tracter ensemble mercredi.

Au pied des immeubles de logements sociaux, où des points de deal sont signalés par des tags sur les façades dégradées, les CRS patrouillent activement et fouillent les sacoches d'un groupe d'adolescents.

Quand les militants frappent aux portes, on leur ouvre avec méfiance mais le discours de "justice sociale" de la "seule liste de gauche qui reste" passe bien.

"Je comprends pas trop, vous n'étiez pas d'accord et maintenant vous fusionnez?", interroge une jeune femme. "Mais ok, l'essentiel, c'est que la gauche gagne", conclut-t-elle.

- Quasi-égalité sur la liste -

Le candidat socialiste (PS) à la mairie d'Avignon David Fournier, le 2 février 2026 dans cette ville du sud de la France  ( AFP / Miguel MEDINA )

Le candidat socialiste (PS) à la mairie d'Avignon David Fournier, le 2 février 2026 dans cette ville du sud de la France ( AFP / Miguel MEDINA )

Avignon, capitale mondiale du théâtre un mois par an, est aussi une ville très pauvre, dont 70% des habitants sont éligibles à un logement social.

La fusion "technique" des listes de la LFI Mathilde Louvain et du socialiste David Fournier, ex-adjoint de la maire sortante PS qui ne s'est pas représentée, s'est imposée au soir des résultats. Les deux ont fini à moins d'un point d'écart, 19,03% pour elle et 19,89% pour lui.

"On a respecté le choix des Avignonnais", affirme David Fournier, en constituant une liste à quasi-égalité entre les deux anciens rivaux. Parmi les 18 candidats éligibles présentés par Mathilde Louvain, cette dernière insiste: "il y a moins de 10 LFI, qui constitueront un groupe autonome".

Pas "dans l'opposition", précise la trentenaire, "mais on garde la liberté de voter contre le budget s'il n'est pas à la hauteur du projet qu'on défend".

La fusion a fait des remous et certains ont préféré se retirer, à l'image de l'ancien colistier de David Fournier, Pierre Maurel, du Parti radical de gauche, qui a dénoncé auprès de l'AFP le franchissement d'une "ligne rouge" et prédit: "ce sera difficile de gouverner dans ces conditions".

- "Mains sales" -

Olivier Galzi (27% des voix), lui, n'a pas de mots assez durs contre les "compromissions partisanes" de ses rivaux.

La candidate du Rassemblement National (RN) aux élections municipales Anne-Sophie Rigault, le 2 février 2026 dans cette ville du sud de la France  ( AFP / Miguel MEDINA )

La candidate du Rassemblement National (RN) aux élections municipales Anne-Sophie Rigault, le 2 février 2026 dans cette ville du sud de la France ( AFP / Miguel MEDINA )

"L'argument fallacieux du barrage antifasciste ne tient pas", insiste-t-il, rappelant que la candidate RN, Anne-Sophie Rigault, est arrivée derrière lui, avec 25% des voix.

Il agite comme un chiffon rouge la figure de Raphaël Arnault, le député LFI d'Avignon, qui s'est retiré de la campagne de Mathilde Louvain après l'affaire Quentin Deranque.

Pour M. Galzi, le PS, en s'alliant avec les Insoumis, a "les mains sales".

A la tête de la fédération socialiste du Vaucluse, le sénateur Lucien Stanzione raille le "petit nouveau" en politique, qui "ferait bien de se calmer".

Selon lui, l'analyse que fait Olivier Galzi d'un risque RN faible est dangereuse: dans un département fief de l'extrême droite, où Avignon fait figure de citadelle assiégée, "Rigault progresse chaque fois, rien ne dit qu'elle ne progressera pas encore..."

2 commentaires

  • 20:33

    Lucien Stanzione,ancien maire d'Althen les Paluds on devrait envoyé l'équipe cash investigation d'Elise Lucet pour enquêter sur ce qui c'est passé quand ce Monsieur était maire mais bon un maire socialiste devenu sénateur ça ne risque pas d'arriver


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