(Actualisé tout du long; photo à disposition)
Un doute pesait mercredi sur la tenue en fin de semaine d'une réunion entre les Etats-Unis et l'Iran après que le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a déclaré qu'il était nécessaire que les discussions portent également sur l'arsenal balistique iranien et d'autres sujets pour être significatives, alors que Téhéran se dit disposé à évoquer uniquement son nucléaire.
Des négociations entre représentants des deux pays avaient été annoncées pour vendredi, à Oman plutôt qu'en Turquie, dans un contexte de tensions alimentées par la répression sanglante du vaste mouvement de contestation en janvier en Iran et par la menace d'une intervention militaire de Washington contre la République islamique.
"Si les Iraniens veulent une rencontre, nous sommes prêts", a dit Marco Rubio mercredi, insistant toutefois sur le fait que les discussions devaient porter sur un éventail de sujets, au-delà du programme nucléaire iranien, dont le programme balistique de Téhéran, son soutien à des groupes armés à travers le Proche-Orient et la façon dont le peuple iranien est traité.
Mais un représentant iranien de haut rang a déclaré que la réunion porterait uniquement sur le programme nucléaire de Téhéran, ajoutant qu'il était "exclu" de discuter du programme balistique iranien.
Un second représentant iranien de haut rang a dit par la suite que l'insistance des Etats-Unis à discuter de questions autres que le nucléaire pourrait compromettre la réunion à laquelle Téhéran voulait prendre part à Oman.
Plus tôt dans la journée, un responsable de la région a rapporté que l'Iran avait demandé à ce que les pourparlers avec les Etats-Unis, initialement prévus en Turquie, se tiennent à Oman, citant la volonté de Téhéran de se limiter au dossier nucléaire.
Les autorités iraniennes ont présenté leur programme de missiles balistiques comme une "ligne rouge" lors des négociations, présentant ces armes comme indispensables à la sécurité du pays. Elles ont menacé les Etats-Unis et leurs alliés d'une sévère riposte en cas d'attaque.
Alors que le président américain Donald Trump a menacé Téhéran de "graves" conséquences s'il ne concluait pas un accord avec Washington, l'armée américaine a abattu mardi un drone iranien au-dessus de la mer d'Oman, tandis que des bateaux iraniens se sont approchés d'un navire battant pavillon américain dans le détroit d'Ormuz, poussant à la hausse les cours du pétrole.
"Nous sommes en train de négocier avec eux", a déclaré Donald Trump mardi aux journalistes à la Maison blanche.
D'après une source au fait du dossier, l'émissaire du président américain, Steve Witkoff, et son gendre, Jared Kushner, devraient participer aux pourparlers avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi.
Les ministres de plusieurs pays de la région, notamment le Pakistan, l'Arabie saoudite, le Qatar, l'Égypte et les Émirats arabes unis, ont également été invités par Washington, mais le responsable régional a déclaré que Téhéran insistait pour que les discussions se déroulent au niveau bilatéral.
S'il a menacé l'Iran de représailles lors de la répression meurtrière des manifestations antigouvernementales début janvier, Donald Trump semble avoir depuis lors renoncé à tenter de renverser le régime iranien, exigeant simplement de ce dernier des concessions sur son programme nucléaire.
Washington et Téhéran souhaitent favoriser une désescalade, a dit le responsable régional, aucun des deux camps n'ayant vraiment intérêt à un conflit armé qui pourrait déstabiliser l'ensemble de la région.
(Simon Lewis et Humeyra Pamuk à Washington, avec Andrew Mills à Doha et Parisa Hafezi à Dubaï; version française Tangi Salaün et Jean Terzian, édité par Kate Entringer et Bertrand Boucey)

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