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Deux Chinois suspectés d'espionnage en France au profit de Pékin
information fournie par AFP 04/02/2026 à 20:10

L'enquête sur quatre personnes, dont deux ressortissants chinois, suspectées d'avoir voulu transmettre à Pékin des données militaires a été confiée à la DGSI ( POOL / STEPHANE DE SAKUTIN )

L'enquête sur quatre personnes, dont deux ressortissants chinois, suspectées d'avoir voulu transmettre à Pékin des données militaires a été confiée à la DGSI ( POOL / STEPHANE DE SAKUTIN )

Une nouvelle affaire d'espionnage chinois en Europe: quatre personnes, dont deux ressortissants chinois, ont été interpellées samedi en Gironde, suspectées d'avoir voulu transmettre à Pékin des données militaires.

Après quatre jours de garde à vue, ces quatre personnes sont présentées mercredi à un juge d'instruction en vue de leur éventuelle mise en examen, a indiqué le parquet de Paris, confirmant une information du Parisien. La détention provisoire est requise par le parquet pour deux d'entre elles.

Selon le ministère public, la venue de ces deux ressortissants chinois en France était destinée à "effectuer une mission de captation de données satellitaires du réseau Starlink et des données provenant d'entités d'importance vitale, notamment militaires, afin de les retransmettre à leur pays d'origine, la Chine".

L'enquête, dirigée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, a été confiée à la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure).

L'information judiciaire, ouverte mercredi, porte notamment sur la "livraison d'informations à une puissance étrangère, une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation". Ce crime fait encourir 15 ans de réclusion .

- Logés dans un Airbnb -

Le 30 janvier, la police est ainsi avisée que deux personnes de nationalité chinoise sont suspectées de procéder à des opérations de captation satellitaire, depuis leur Airbnb loué en Gironde. A l'origine de l'affaire: des riverains ayant constaté le déploiement d'une parabole d'environ 2 mètres de diamètre, corrélée à une déconnexion internet.

Lors d'une perquisition menée le lendemain, les enquêteurs ont découvert "un système d'ordinateurs reliés à des antennes paraboliques permettant la captation de données satellitaires", qui a été saisi pour exploitation.

Les deux Chinois ont été placés en garde à vue.

L'agence nationale des fréquences radios, requise, a constaté "l'utilisation illégale de fréquences, l'utilisation non conforme d'équipements radio, le brouillage de fréquences, la détention illégale de dispositifs techniques de captation de données informatiques".

Le dispositif permettait "d'intercepter illégalement le flux descendant des satellites, notamment des échanges entre entités militaires d'importance vitale", a souligné le parquet.

Ces deux Chinois avaient, pour leur demande de visa, déclaré travailler comme ingénieurs pour une entreprise spécialisée dans la recherche et le développement d'équipements et de systèmes de communication sans fil, et proposant des produits destinés à de multiples secteurs, notamment l'éducation, a-t-il relaté.

Cette entreprise coopère avec des universités établissant des projets à vocation militaire, selon la même source.

- "Menace quotidienne" -

Deux autres personnes ont été interpellées lorsqu'elles se sont présentées dans le logement, suspectées d'avoir procédé à l'importation illégale du matériel, a précisé le parquet.

"Dans leur commerce a été découverte une antenne Starlink usagée et un boîtier permettant d'afficher la réception satellitaire", a-t-il indiqué, en précisant que d'après leur témoignage, les deux Chinois "cherchaient à comprendre la technologie Starlink".

Mi-décembre, un enseignant-chercheur à l'institut d'ingénierie et de mécanique de Bordeaux, préfecture du département de la Gironde, avait été mis en examen, soupçonné d'ingérence au profit de la Chine, en ayant fait pénétrer une délégation chinoise dans des zones sensibles interdites.

Ce professeur, laissé libre sous contrôle judiciaire, est poursuivi notamment pour "livraison d'information à une puissance étrangère", "intelligence avec une puissance étrangère" et "complicité d'intrusion dans un local ou terrain clos intéressant la défense nationale".

Plusieurs affaires d'espionnage en lien avec la Chine ont secoué l'Europe ces derniers mois.

Le 22 janvier, la police tchèque a ainsi annoncé avoir arrêté une personne "soupçonnée de travailler pour les services de renseignement chinois".

Un citoyen américain, ex-employé civil des forces américaines en Allemagne, est jugé depuis novembre à Coblence pour avoir proposé ses services à un service de renseignement chinois.

Fin septembre, le tribunal de Dresde a par ailleurs condamné un ex-collaborateur d'un député d'extrême droite au Parlement européen, Jian Guo, à quatre ans et neuf mois de prison ferme pour espionnage au profit de Pékin.

Le chef des services secrets britanniques, Ken McCallum, a alerté de son côté en octobre sur la "menace quotidienne" que fait peser l'espionnage chinois sur le Royaume-Uni.

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