L'unité d'élite de la police du Bangladesh a fait la lumière sur un réseau de passeurs qui faisait miroiter des salaires attractifs à des dizaines de citoyens du Bangladesh avant que ces derniers soient envoyés au front d'Ukraine comme chair à canon.
Un canon de l'armée ukrainienne, dans la région de Donetsk, en février 2025 (illustration) ( AFP / GENYA SAVILOV )
Pendant que l'armée russe tente de poursuivre sa progression dans l'est ukrainien au prix de lourdes pertes après plus de quatre ans et demi d'invasion à grande échelle, la police du Bangladesh a annoncé avoir arrêté deux personnes soupçonnées de faire partie d'un réseau qui faisait entrer clandestinement des citoyens bangladais en Russie où ils étaient ensuite utilisés comme appâts dans la guerre en Ukraine .
Selon un responsable de l'OTAN cité par Bloomberg , les forces armées de Moscou auraient subi des pertes vertigineuses au mois de septembre, avec plus de 50.000 soldats mis hors de combat, soit le plus lourd bilan de l'année 2026. Si les pertes militaires, tant russes qu'ukrainiennes, sont l'un des secrets les mieux gardés de cette guerre, il y a "chaque mois de 30.000 à 35.000 Russes qui sont tués ou blessés au combat", assurait pour sa part fin août le plus haut gradé français, le général Fabien Mandon.
De la promesse de bons emplois à la mort au premier jour sur le front
"Ils ont fait passer au moins 30 individus en Russie en leur promettant de bons salaires. 17 d'entre eux ont été tués le premier jour de leur arrivée sur le front", a relaté mercredi 14 octobre un chef du bataillon d'intervention spécial (SRB), une unité d'élite de la police bangladaise chargée de la lutte anti-terroriste.
"Notre enquête nous a appris que ces Bangladais étaient utilisés comme appâts pour localiser les positions ennemies", a poursuivi devant la presse l'officier, Mohammad Asaduzzaman.
Les victimes devaient verser chacune l'équivalent de 6.680 dollars aux trafiquants pour être acheminées clandestinement sur le sol russe, a-t-il ajouté.
Les "pratiques trompeuses" de Moscou pour nourrir en ressources humaines la machine de guerre russe
Deux d'entre eux ont réussi à s'échapper et à rentrer au Bangladesh. "L'un d'entre eux se prénomme Rajan et a été sérieusement blessé", selon M. Asaduzzaman. "Sa hanche était brisée, il a dû ramper pendant quatre kilomètres pour regagner son camp". Deux autres sont toujours hospitalisés à Moscou, selon le responsable policier.
L'enquête du SRB se poursuit pour localiser trois autres personnes, un Russe, un Bangladais et une Kirghize, soupçonnées de faire partie du réseau. L'ONG Amnesty International a accusé le mois dernier la Russie de recourir à des "pratiques trompeuses et coercitives" pour recruter des étrangers et les faire combattre sur le front ukrainien.
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