Olivier Faure, premier secrétaire du PS, Clémentine Autain, Lucie Castets et Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, lors du meeting du Front populaire 2027, le 5 mai 2026 à Paris ( AFP / Xavier GALIANA )
Toujours bloqués dans leur stratégie pour la présidentielle, le patron des socialistes Olivier Faure et la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, qui défendent une primaire de la gauche de plus en plus hypothétique, réunissent leurs plus hautes instances mardi dans l'espoir d'une sortie de crise avant l'été.
Chez les socialistes, qui n'ont toujours pas choisi leur candidat et sont plus divisés que jamais, un conseil national, sorte de parlement du parti, est convoqué dans la soirée.
Son objet: débattre de "la stratégie du PS pour la présidentielle" et trancher la question qui sera soumise au vote des militants le 9 juillet concernant le processus de désignation du candidat.
Deux visions s'affrontent. D'un côté les partisans, à l'instar d'Olivier Faure, d'une primaire avec Les Écologistes pour désigner un candidat unique de la gauche hors LFI ; de l'autre, ses opposants internes, dont le premier d'entre eux le chef des députés Boris Vallaud, qui défendent l'idée d'un consensus pour choisir "le candidat le mieux placé".
Raphaël Glucksmann, chef du parti de centre-gauche "Place publique" et député européen, participe à un débat à Montrouge, au sud de Paris, le 22 juin 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )
Pour certains, ce pourrait être le leader de Place publique Raphaël Glucksmann, arrivé en tête de la gauche aux européennes sur une liste PS-Place publique, et crédité autour de 13% des intentions de vote. L'eurodéputé, pas encore officiellement candidat, refuse de participer à une primaire, comptant sur les sondages pour s'imposer comme le vote utile à gauche.
D'autres n'excluent pas la candidature de l'ancien président François Hollande.
Pour tenter de faire converger tout le monde, Olivier Faure avait proposé une première désignation, au sein de l'espace socialiste et social-démocrate, d'un candidat qui participerait ensuite à une primaire élargie avec Les Écologistes et le reste de la gauche non-mélenchoniste.
Face au refus de ses opposants, il propose toujours une première sélection entre PS et Place publique, mais la participation à la deuxième primaire serait au bon vouloir du vainqueur.
Un scénario qui pourrait satisfaire ses opposants. "Mardi on va converger sur une seule proposition, une primaire des sympathisants de la social-démocratie", pense l'eurodéputé François Kalfon.
des candidats nombreux
Une telle proposition laisserait entrevoir la candidature probable d'Olivier Faure, pour défendre jusqu'au bout la ligne de la primaire. Elle s'ajouterait aux candidatures déjà officielles du député Jérôme Guedj, du maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane et, dernière en date, du député Philippe Brun, candidat "pour défendre la feuille de paie" des Français.
Mais un membre de la direction est plus pessimiste sur les conclusions du conseil national, et n'exclut pas au final, qu'il y ait deux questions, formulées par chaque camp.
D'autant que toutes les divergences ne sont pas réglées, notamment sur le corps électoral, que la direction souhaite le plus large possible, au-delà des seuls militants PS et Place publique.
Elle propose une contribution au vote de 2 euros, alors que ses opposants la souhaitent plus élevée, autour de 20 euros, voire plus, par "crainte d'une infiltration des insoumis".
La secrétaire nationale du parti "Les Ecologistes", Marine Tondelier, participe à un débat à Montrouge, au sud de Paris, le 22 juin 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )
Reste qu'un processus qui laisserait au vainqueur le choix de participer ensuite à une primaire ne convient pas à Marine Tondelier.
"On ne va pas attendre le 30 septembre pour savoir s'il y aura une primaire", tempête la patronne des Écologistes, déjà candidate à ce processus de départage.
Elle a donc lancé une consultation de ses propres militants, du 1er au 6 juillet, pour acter en cas d'échec de primaire, que la campagne des Écologistes se poursuivra autour de sa candidature.
De quoi faire bondir ses opposants internes, qui réclament de pouvoir discuter de toutes les alternatives possibles, y compris celle de ne pas avoir de candidat autonome et de se ranger derrière une autre personnalité de gauche.
Certains sont plus enclins, comme le sénateur Yannick Jadot, à choisir Raphaël Glucksmann. D'autres, à l'instar de Sandrine Rousseau, plaident pour rejoindre Jean-Luc Mélenchon, qui leur a déjà tendu la main.
"Il est le mieux placé aujourd'hui à gauche. Je voudrais au moins qu'on discute" avec les Insoumis, a-t-elle plaidé sur Sud Radio.
Les opposants à Marine Tondelier ont obtenu la tenue, mardi également, d'un Conseil fédéral extraordinaire, où ils espèrent pouvoir reformuler ce qui sera proposé aux militants.
Ils ont arraché jeudi une première victoire : le conseil statutaire du parti, saisi sur la régularité de la consultation, a estimé qu'elle ne pouvait être qu'une "enquête d'opinion interne", sans valeur décisionnelle.

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