Pékin réfute notamment les accusations de l'UE, qui pointe la concurrence déloyale engendrée par les subventions massives accordées par l'administration chinoise à ses industriels nationaux dans des secteurs stratégiques.
Wang Wentao, le 4 novembre 2025, à Shanghaï ( AFP / HECTOR RETAMAL )
La Chine n'est pas "la cause profonde" des difficultés auxquelles l'Union européenne (UE) est confrontée, a déclaré mardi 30 juin la diplomatie chinoise, à l'issue de discussions menées pour éviter une guerre commerciale. Le commissaire européen Maros Sefcovic a reçu lundi à Bruxelles le ministre chinois du Commerce Wang Wentao, pour lui signifier le souhait des Vingt-Sept de rééquilibrer des échanges économiques qui ont franchi la cote d'alerte.
Le déficit commercial de l'UE vis-à-vis de la Chine dépasse désormais un milliard d'euros par jour, un gouffre attribué en grande partie par l'Europe à des pratiques déloyales de Pékin. Face à cette situation devenue "insoutenable", "le statu quo n'est pas une option", a martelé M. Sefcovic, assurant que l'Europe devait "défendre sa base industrielle et se battre pour des règles du jeu équitables au niveau mondial".
"La Chine et l'Union européenne sont des partenaires, pas des rivaux", a réagi de son côté Guo Jiakun, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, mardi lors d'une conférence de presse régulière.
"Les causes profondes des problèmes auxquels l'UE est confrontée ne se trouvent pas en Chine. La clé pour résoudre les questions économiques et commerciales entre les deux parties réside dans l'approfondissement de la coopération et dans un développement commun", a-t-il ajouté.
Il a indiqué que Pékin était prêt à "renforcer la communication et la consultation avec (les Européens) et à gérer correctement les différends commerciaux de manière constructive".
Trois à huit fois plus de soutien public en Chine, selon l'OCDE
Maros Sefcovic et Wang Wentao ont convenu de multiplier les discussions dans les mois qui viennent, avec, selon Bruxelles, l'idée est de parvenir à "de premiers résultats concrets" en octobre lors d'une visite du commissaire européen en Chine.
Le déficit commercial européen vis-à-vis de la Chine a été multiplié par cinq en volume ces dix dernières années, et a plus que doublé en valeur. Bruxelles l'impute en grande partie à une concurrence déloyale, reprochant à Pékin de subventionner massivement ses entreprises, au risque de balayer des pans entiers de l'industrie européenne (automobile, chimie, acier...).
Pékin s'en défend mais selon l'OCDE, de 2004 à 2025, les entreprises chinoises ont reçu en moyenne 3 à 8 fois plus de soutien public que leurs homologues basées dans les pays membres de l'organisation. L'UE veut en outre réduire son énorme dépendance à la Chine pour ses approvisionnements en matières premières critiques et en semi-conducteurs. Les deux partenaires n'ont pas intérêt à se lancer dans une guerre commerciale frontale, vu l'importance de leurs échanges économiques: la Chine est le 4e débouché pour les exportateurs européens et le premier pays fournisseur de l'UE.
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