Si l'idée d'une force militaire permanente à l'échelle de l'Union européenne n'est pas nouvelle, elle n'a pas réussi à s'imposer jusqu'ici, les gouvernements étant réticents à l'idée de céder le contrôle de leurs capacités militaires.
Le commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius, le 26 septembre 2025, en Finlande ( Lehtikuva / MARKKU ULANDER )
Comment remplacer la présence américaine sur le Vieux continent ? Selon le commissaire européen à la défense, les pays de l'Union européenne devraient envisager de mettre sur pied une force militaire commune qui pourrait remplacer les troupes américaines stationnées en Europe.
Andrius Kubilius, ex-Premier ministre lituanien, a évoqué la création d'une "force militaire européenne permanente de 100.000 hommes" comme une option possible pour mieux protéger le continent. "Comment remplacerons-nous la force américaine de 100.000 hommes, qui est la colonne vertébrale des forces armées en Europe ?", a-t-il interrogé lors d'un discours en Suède, dimanche 11 janvier.
Ces déclarations interviennent alors que les propos insistants du président américain Donald Trump sur son ambition d'annexer le Groenland alimente les craintes des dirigeants de l'Otan quant à la fiabilité de l'alliance avec Washington. Les inquiétudes concernant la position de Donald Trump vis à vis de l'Europe ont déjà incité des pays à intensifier leurs efforts pour renforcer leurs armées face à la menace russe.
Repositionnement des troupes américaines vers la zone indo-pacifique
Quelque 85.000 soldats américains sont stationnés en Europe. Ce chiffre a fluctué entre 75.000 et 105.000 après l'envoi de 20.000 hommes supplémentaires en réaction à l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février 2022, selon le ministère américain de la Défense.
En novembre, les Etats-Unis avaient annoncé une réduction de leur présence militaire sur le front oriental de l'Europe, tout en s'efforçant de rassurer leurs alliés sur la nature de cet "ajustement", qui ne signifie en rien un "retrait" du continent européen. Ce reploiement d'une brigade de l'armée américaine concerne en tout premier lieu la Roumanie, bien que le conflit ukrainien continue de faire rage à ses portes. Mais, "ce n'est pas un retrait américain d'Europe ni un signe d'un engagement réduit envers l'Otan", avait souligné l'armée américaine dans un communiqué de son état-major en Europe.
L'autre piste du "Conseil de sécurité européen"
Washington a incité ses alliés européens à davantage assumer leur propre sécurité, évoquant la possibilité de redéployer ses troupes stationnées en Europe pour se concentrer sur la Chine. "Dans un tel contexte, nous ne devons pas éluder les questions les plus urgentes concernant notre capacité institutionnelle de défense", a déclaré Andrius Kubilius. Le commissaire européen à la défense a également défendu l'idée de créer un "conseil de sécurité européen" regroupant les grandes puissances du continent, dont potentiellement le Royaume-Uni, pour faciliter et accélérer la prise de décision en Europe en matière de défense.
"Le Conseil de sécurité européen pourrait être composé de membres permanents clés, et d'autres membres tournants", a-t-il indiqué. "Il y aurait 10 à 12 membres au total, qui auraient pour tâche de discuter des sujets essentiels en matière de défense". La première priorité de cet organe serait selon lui de tenter de modifier la dynamique du conflit en Ukraine afin d'éviter une défaite de Kiev. "Nous devons avoir une réponse claire : comment l'UE compte-t-elle infléchir ce scénario?", a-t-il interrogé. "C'est la raison pour laquelle nous avons besoin d'un Conseil de sécurité européen maintenant".
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