Aller au contenu principal
Fermer

Dans la rue, au Parlement et dans les médias, le climat politique se tend à six mois de la présidentielle
information fournie par AFP 29/10/2026 à 01:03

Le président français Emmanuel Macron s'adresse aux médias à Marseille, le 26 octobre 2026 ( POOL / Aurelien Morissard )

Le président français Emmanuel Macron s'adresse aux médias à Marseille, le 26 octobre 2026 ( POOL / Aurelien Morissard )

Foire d'empoigne au Parlement, de nouvelles manifestations attendues, des médias au coeur de passes d'armes inédites : le climat s'est encore tendu à six mois de la présidentielle et Emmanuel Macron a dénoncé mercredi une "désinhibition" du débat politique.

Interviewé dans la soirée sur la chaîne Youtube du média HugoDécrypte, un format privilégié par l'Elysée pour s'adresser à la jeunesse, le chef de l'Etat a appelé les lycéens à "reprendre les cours" dans "le calme" lors de la rentrée de lundi, après plus d'un mois de mobilisation qui s'est élargie à d'autres revendications sociales. Et il a eu, pour la première fois, un mot de "compassion" pour les jeunes manifestants blessés par les forces de l'ordre.

Durant le Conseil des ministres, dans la matinée, le président de la République avait plaidé pour "l'unité" et "la dignité" après l'attentat "terroriste raciste" perpétré vendredi à Trappes, dans les Yvelines, qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d'origine africaine.

Il a aussi décidé de la tenue prochaine d'un rare "hommage national" pour les victimes, présidé par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Depuis cet attentat qui a aussi fait plusieurs blessés graves, le débat politico-médiatique, déjà conflictuel, s'est envenimé d'un cran supplémentaire, la gauche mais aussi des figures plus centristes reprochant à l'extrême droite et à certains médias d'avoir créé un terreau favorable au passage à l'acte.

Des députés écologistes, Benjamin Lucas et Léa Balage, ont ainsi demandé "le retrait des accréditations de CNews à l'Assemblée" pour, affirment-ils, protéger "la démocratie de ceux qui veulent la détruire en saturant l’espace médiatique de haine raciste". Tandis que le Rassemblement national a annoncé mardi des poursuites en diffamation contre le journal Le Monde, qu'il accuse d'avoir propagé une information "mensongère" pour le "salir" en affirmant que des tracts du parti avaient été retrouvés dans la voiture du suspect.

Emmanuel Macron a lui pointé chez HugoDécrypte le RN, pour une certaine "désinhibition du racisme", mais aussi La France insoumise pour une "désinhibition d'un antisémitisme". Plus largement, il a déploré à "une forme de désinhibition des propos" et "des violences", exhortant au "sursaut".

Le Conseil des ministres a été exclusivement consacré à l'attentat et à la mobilisation lycéenne et citoyenne qui secoue la France depuis un mois. Et le compte-rendu devant la presse de la réunion gouvernementale hebdomadaire a illustré ce contexte de forte polarisation, avec des échanges très tendus entre la porte-parole et des journalistes classés à gauche.

"Ambiance nauséabonde"

De la même manière, l'entretien à couteaux tirés de l'eurodéputée Reconquête Sarah Knafo mercredi matin sur franceinfo a fait l'objet de nombreuses critiques, notamment à l'extrême droite, poussant la station à défendre publiquement ses intervieweurs et à démentir s'être "excusée" auprès de l'invitée.

Alors que la candidate du RN Marine Le Pen fait figure de grande favorite de la présidentielle du printemps, et que les sondages donnent aujourd'hui celui de LFI, Jean-Luc Mélenchon, en mesure de se qualifier face à elle pour le second tour, la campagne est scandée essentiellement par leurs mouvements, aux deux extrémités de l'échiquier politique.

"Ce n'est pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d'ébullition", avait protesté lundi Emmanuel Macron, en déplacement express à Marseille pour saluer le retour de "l'ordre républicain" après le fiasco sécuritaire face aux pillages et violences qui ont émaillé la mobilisation du 17 octobre.

Le lendemain, lors d'une séance de questions au gouvernement très chahutée à l'Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a dénoncé une "ambiance particulièrement nauséabonde" qui ne "laisse présager de rien de bon" pour la présidentielle.

Mercredi, les questions des députés et sénateurs au gouvernement n'ont pas connu le même degré d'intensité. Contrairement aux échanges sur les réseaux sociaux.

Le député macroniste Pierre Cazeneuve a ainsi commenté la nomination de son collègue ciottiste Charles Alloncle comme porte-parole de la campagne de Marine Le Pen par cette phrase : "On a tous un Alloncle raciste".

Réponse immédiate d'Eric Ciotti, qui a demandé une "sanction exemplaire" contre cette "injure infâme". Quant à M. Alloncle, il a donné rendez-vous : "À bientôt devant les tribunaux".

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • bourse : courbes analyses technique (Crédit:  / Adobe Stock)
    information fournie par Reuters 29.10.2026 06:00 

    * Variation des futures sur indice CAC 40 0#FCE: * Variation des futures sur indice Stoxx 600 0#FXXP: * Valeurs qui se traitent ex-dividende .EX.PA * Le point sur les marchés européens .EUFR Les valeurs à suivre jeudi à la Bourse de Paris et en Europe : * AIRBUS ... Lire la suite

  • Flavio Bolsonaro sort de son avion à l'aéroport d'Opa Locka près de Miami, en Floride, le 28 octobre 2026, aux États-Unis ( AFP / Ricardo ARDUENGO )
    information fournie par AFP 29.10.2026 01:30 

    Tout juste arrivé aux États-Unis après sa défaite à la présidentielle brésilienne, qu'il refuse de reconnaître, Flavio Bolsonaro a affirmé mercredi être le véritable "leader" du Brésil, en dénonçant une "fraude électorale". Le candidat conservateur, âgé de 45 ans, ... Lire la suite

  • L'hémicycle du Sénat, à Paris, le 27 octobre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )
    information fournie par AFP 29.10.2026 01:11 

    Le Sénat a voté mercredi pour l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur les mineurs, étendant cette exception jusqu'ici réservée aux crimes contre l'humanité et ouvrant la voie à un changement majeur dans la justice française. Lors de l'examen du projet ... Lire la suite

  • Le candidat Renaissance à la présidentielle Gabriel Attal à Paris le 14 octobre 2026 ( AFP / Dimitar DILKOFF )
    information fournie par AFP 28.10.2026 23:27 

    Distancé dans les sondages, Gabriel Attal a prôné mercredi l'organisation d'une "primaire des démocrates" avant l'élection présidentielle, pour "empêcher" un deuxième tour entre La France insoumise et le Rassemblement national, un processus auquel s'oppose Édouard ... Lire la suite

Pages les plus populaires