Le candidat Renaissance à la présidentielle Gabriel Attal à Paris le 14 octobre 2026 ( AFP / Dimitar DILKOFF )
Distancé dans les sondages, Gabriel Attal a prôné mercredi l'organisation d'une "primaire des démocrates" avant l'élection présidentielle, pour "empêcher" un deuxième tour entre La France insoumise et le Rassemblement national, un processus auquel s'oppose Édouard Philippe, candidat déclaré depuis 2024.
"Il est temps d'être tous responsables et d'organiser le rassemblement auquel des millions de Français aspirent à travers une grande primaire" pour redonner "de l'espoir à tant de Français qui aujourd'hui doutent et ne croient plus qu'il soit possible d'empêcher un deuxième tour dont notre pays ne se relèverait pas entre la France insoumise et le Rassemblement national", a déclaré le candidat Renaissance à l'Élysée au journal de TF1.
Interrogé sur Édouard Philippe, Gabriel Attal s'est dit "convaincu que ceux qui feront le choix de rester à l'écart de ce moment de rassemblement (...) porteront quelque part la responsabilité de la division".
Mais la première réaction côté Horizons, le parti du maire du Havre, est négative. "Ce n'est pas ce +en même temps+ aussi cafouilleux qu'hasardeux qui permettra d'éviter" un duel RN-LFI, a cinglé le président du groupe à l'Assemblée Laurent Marcangeli.
Accueil également froid chez Bruno Retailleau, candidat des Républicains (LR). "Le projet de primaire d'Attal est mort-né parce qu'il ne borne pas clairement le champ de la primaire et n'exclut pas Raphaël Glucksmann", réagit son entourage.
"Une primaire qui irait de Glucksmann à Retailleau, c'est repartir pour cinq ans d'+en même temps+. Si tu veux faire élire Le Pen, c'est la meilleure manière, parce que personne chez nous ne votera Glucksmann", fait-on valoir de même source.
Le candidat de Nouvelle Énergie (NE), David Lisnard, s'est pour sa part félicité auprès de l'AFP que l'idée d'une primaire ouverte qu'il "propose depuis deux ans, progresse".
"Il va falloir que ceux qui continuent de s'y opposer donnent un seul argument valable". "Mais il faut se dépêcher car bientôt il sera trop tard", a-t-il ajouté.
"Seule porte de sortie"
Par cette initiative, Gabriel Attal franchit un pas après s'être contenté, pendant des mois, de dire qu'il n'était "pas opposé par principe" à une primaire.
Candidat déclaré depuis cinq mois, le secrétaire général de Renaissance n'est pas parvenu à inverser la tendance sondagière avec Édouard Philippe. Mais ce dernier n'est plus, dans les derniers sondages, qualifié pour le second tour.
Malgré leurs nettes prises de distance respectives avec Emmanuel Macron, ses deux anciens Premiers ministre pâtissent de cette fin de mandat chaotique, aggravée par les violences autour des manifestations le 17 octobre.
"Gabriel a compris qu'une primaire était sa seule porte de sortie", glissait mercredi un conseiller.
Une primaire, mais quelles règles et surtout quels participants ? Gabriel Attal a dit "tend(re) la main à tous les candidats" qui "partagent un certain nombre de valeurs", dont "la défense des valeurs de la République et notamment l'autorité, la laïcité, la lutte contre les discriminations, l'Europe et la construction européenne, la compétitivité de notre économie, le progrès social et écologique" et qui portent "un refus clair et net de toute alliance avec l'extrême gauche ou avec l'extrême droite".
Sont concrètement sollicités Edouard Philippe, Bruno Retailleau et David Lisnard. Mais côté social-démocrate, "je ne pense pas que Raphaël Glucksmann, qui sort d'une primaire, s'engagera dans cette voie-là", a complété l'entourage du candidat Renaissance.
Pour les modalités, M. Attal s'en est remis à celles déjà versées au débat par des partisans d'une primaire : la "charte des valeurs" du président de la région Normandie Hervé Morin, le calendrier d'un vote "d'ici à la fin du mois de janvier" prôné par François Bayrou. Il a évoqué "une participation symbolique d'un ou deux euros", contrairement à la primaire du PS pour laquelle la barre avait été fixée à 15 euros.
"On a le temps de l'organiser", a réagi auprès de l'AFP Hervé Morin, qui a lancé fin août une pétition pour une primaire dont la "charte des valeurs" exclut implicitement Reconquête en exigeant un engagement "pour la construction européenne" de la part des candidats.
"Il n'y aura probablement pas de consensus immédiat" mais "c'est une idée qui infuse, qui progresse dans les esprits", a assuré mercredi soir l'entourage de Gabriel Attal.

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