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Coût de l'énergie : des industriels européens appellent à "agir maintenant" pour "éviter une désindustrialisation irréversible"
information fournie par Boursorama avec Media Services 05/02/2026 à 16:38

( AFP / BORIS HORVAT )

( AFP / BORIS HORVAT )

Les industriels électro-intensifs européens, très consommateurs d'énergie, disent avoir déjà perdu 1,5 million d'emplois en Europe depuis 2008, année de la crise des subprimes.

C'est le problème numéro 1 pour l'activité industrielle. Le coût de l'énergie soulève une réelle difficulté pour les usines des pays européens. Le soutien au secteur est pourtant remonté dans l'ordre de priorités de l'Europe, après des décennies de désindustrialisation.

Plus de six millions et demi d'emplois directs, 1.500 milliards d'euros de chiffre d'affaires : les industriels électro-intensifs européens ont montré les muscles économiques dans un communiqué commun publié en début de semaine. Chimistes, cimentiers, céramistes, métallurgistes, verriers ou fabricants d'engrais ont pris la plume ensemble pour appeler le Vieux Continent à "agir maintenant sur les prix de l'énergie et du carbone" pour "éviter une désindustrialisation irréversible".

Ces secteurs d'activité très émetteurs de gaz à effet de serre de par leurs processus industriels, et très consommateurs d'énergie, disent avoir déjà perdu 1,5 million d'emplois en Europe depuis 2008, année de la crise des subprimes. Et "environ 200.000 en 2025". Avec des coupes sombres notamment chez Siemens, Bosch, BASF... Le secteur industriel dans son ensemble a reculé en Europe depuis les années 1970. En France, la part de l'industrie dans le PIB a particulièrement baissé, de 35% en 1970 à moins de 20% actuellement, selon la Fabrique de l'Industrie.

Un plan pour favoriser la production "made in Europe"

Mais la préservation du secteur est depuis quelques années érigée au rang de priorité dans de nombreux pays de l'UE. La Commission européenne elle-même s'est emparée du sujet et prépare un plan pour favoriser la production "made in Europe" dans l'automobile et d'autres secteurs. Son annonce a été plusieurs fois repoussée, mais pourrait intervenir le 25 février. Le géant de l'acier ArcelorMittal, un des plus gros émetteurs de CO2 car la fabrication d'acier nécessite de brûler beaucoup de charbon, a estimé ce jeudi que les mécanismes que l'Europe déploie pour protéger l'acier européen de la concurrence chinoise allait "redresser la rentabilité" de son activité sur place. "Les bénéfices complets des évolutions de l'environnement réglementaire se matérialiseront progressivement", a toutefois nuancé le directeur général, Aditya Mittal.

Mais le coût de l'énergie en Europe pèse sur les rentabilités, et pas seulement pour les industriels : le patron de Britanny Ferries Jean-Marc Roué a dit ce jeudi espérer "que l'électricité (lui) sera fournie moins chère au port de la Rochelle" s'il a contribué à "l'investissement dans la décarbonation" via les taxes européennes sur le carbone que paient les armateurs. Le Cefic, lobby européen du secteur de la chimie, dit observer un prix de l'énergie "plus élevé en Europe" qu'en Amérique, Moyen-Orient ou Asie notamment. Ce, "actuellement et à l'avenir".

Ainsi le gaz naturel "devrait rester 2 à 3 fois plus cher qu'aux États-Unis à l'avenir, et l'électricité 1,5 à 2 fois plus chère", par exemple. Le secteur de la plasturgie fait le même constat en y ajoutant le coût de ses matières premières, dérivées du pétrole, et qui sont beaucoup plus accessibles au Moyen-Orient par exemple.

Les électro-intensifs européens appellent aussi à "bloquer toute hausse du prix du carbone en 2026"

Globalement, les organisations sectorielles Cepi (papier), Cement Europe (ciment), Euro Alliages (ferro-alliages), Euromines (mines), European Metals (métallurgie) ou Fertilizers Europe (engrais), estiment que les prix de l'énergie sont "encore deux fois plus haut qu'avant la crise" qui a frappé le continent en 2022. Ils appellent à des "initiatives concrètes" pour faire baisser ces prix de manière immédiate, ciblant notamment les frais de réseau ou les taxes.

Au nom de la compétitivité et de la préservation des capacités d'investissements, les électro-intensifs européens appellent aussi à "bloquer toute hausse du prix du carbone en 2026". Pour encourager la décarbonation des secteurs fortement émetteurs de CO2, l'Europe fixe chaque année un plafond que chaque secteur fortement émetteur a le droit d'émettre "gratuitement", avant de devoir payer s'ils excèdent ce seuil d'émissions. Chaque année, le plafond est baissé pour pousser à la décarbonation. Comme "mesures d'urgence", les professionnels suggèrent de "suspendre à partir de 2026 les nouvelles réductions" de ce plafond.

3 commentaires

  • 17:46

    L'Europe telle qu'elle fonctionne n'en n'a pas pour longtemps. Aucun critère de Maastricht n'a été atteint


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