(Actualisé avec détails et déclarations du juge)
par Joyce Lee
L'ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol a été reconnu coupable jeudi d'abus de pouvoir et d'avoir orchestré une insurrection par un tribunal qui l'a condamné à une peine de prison à perpétuité pour avoir tenté d'imposer la loi martiale dans le pays en décembre 2024.
En déclarant la loi martiale, avant de faire marche arrière face à l'opposition du Parlement et aux manifestations de la population, Yoon Suk-yeol a plongé la Corée du Sud dans une crise politique sans précédent depuis des décennies qui a conduit à sa destitution.
L'ancien président sud-coréen a conspiré avec son ministre de la Défense de l'époque, Kim Yong-hyun, pour renverser l'ordre constitutionnel en déployant des soldats au Parlement avec l'intention de paralyser ses fonctions, a déclaré le juge Jee Kui-youn.
"Le tribunal estime que l'envoi de troupes armées au Parlement (...) et l'utilisation d'équipements pour tenter de procéder à des arrestations constituent des actes d'insurrection", a-t-il déclaré au nom d'un panel composé de trois juges.
L'instauration de la loi martiale le 3 décembre 2024 a causé un "énorme coût social", selon le juge.
Les avocats de Yoon Suk-yeol ont déclaré qu'ils allaient s'entretenir avec leur client quant à l'éventualité de faire appel de cette décision.
L'un de ses conseils a déclaré que le tribunal avait complètement ignoré le principe juridique fondamental selon lequel les conclusions doivent être fondées sur des preuves.
Yoon Suk-yeol, 65 ans, a nié toutes les accusations portées contre lui, expliquant que la loi martiale était nécessaire pour alerter le peuple sur la façon dont le parti d'opposition bloquait le gouvernement.
Son ministre de la Défense, Kim Yong-hyun, a été condamné à une peine de 30 ans de prison. Son avocat a déclaré qu'il ferait appel de sa condamnation.
Le procureur avait requis la peine de mort dans cette affaire.
La Corée du Sud a prononcé sa dernière condamnation à mort en 2016, mais n'a procédé à aucune exécution depuis 1997.
L'ancien président conservateur avait écopé en janvier d'une première condamnation à cinq ans de prison pour entrave à la justice dans le cadre des poursuites engagées à son encontre.
(Rédigé par Ed Davies; version française Camille Raynaud et Zhifan Liu)

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