Cette opération militaire d'envergure a été menée à bas-bruit depuis la fin de l'été autour de la position stratégique de Lyman, dans l'est de l'Ukraine.
Mykhailo Drapaty, nouveau commandant en chef de l'armée ukrainienne, le 24 août 2026, à Kiev ( AFP / SERGEI SUPINSKY )
Après des mois dans le brouillard de guerre dans la région de Donetsk, l'armée ukrainienne fait valoir des résultats concluants dans la zone stratégique de Lyman, à la faveur d'une contre-offensive visant à éloigner le front des villes clés de Sloviansk et Kramatorsk, selon l'analyse par l'AFP des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW). Baptisée "Vivaldi", cette opération lancée début septembre, a permis aux forces ukrainiennes de reprendre 172 km² de territoire aux Russes, soit 1,6 fois la superficie de Paris.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est rendu en début de semaine auprès de ses troupes aux abords de la ville de Lyman, à une dizaine de kilomètres de Sloviansk. Les données de l'ISW montrent une progression des forces ukrainiennes au nord comme au sud de Lyman.
Dans le reste du pays, l'Ukraine n'a repris qu'un total de 32 km² dans les régions de Kharkiv (Nord), et de Dnipropetrovsk et Lougansk (Est).
À l'inverse, les offensives russes dans la région de Zaporijjia (Sud) et Soumy (Nord) ont permis aux forces du Kremlin de s'emparer respectivement de 104,5 km² et de 20 km².
Les estimations de l'ISW excluent les avancées revendiquées par la Russie mais ni confirmées ni infirmées par cet institut, qui travaille avec le Critical Threats Project (émanation de l'American Enterprise Institute ou AEI), autre centre de réflexion américain spécialisé dans l'étude des conflits.
Dans l'ensemble, septembre s'est soldé par un gain net de l'Ukraine de 80 km².
Kiev n'avait plus enregistré de bilan territorial positif depuis trois mois. Septembre est le sixième mois durant lequel l'Ukraine a gagné davantage de terrain qu'elle n'en a perdu face à la Russie depuis le relatif rééquilibrage des avancées des deux camps, début 2023.
Après des premiers mois de guerre marqués par d'importants mouvements territoriaux, les deux armées se neutralisent désormais largement le long d'une vaste ligne de front. Celle-ci est caractérisée par une "zone de mort" de plusieurs kilomètres de profondeur, où des drones chargés d'explosifs compliquent tout mouvement. Moscou contrôle plus de 19% du territoire ukrainien. Parmi ces zones occupées, environ 7 des 19% correspondent à la Crimée et à des secteurs du Donbass qui étaient déjà sous contrôle russe ou des séparatistes prorusses avant février 2022.
Stagnation
L'essentiel des conquêtes russes a eu lieu durant les premières semaines du conflit. Selon les données de l'ISW, depuis janvier 2026, la Russie ne progresse plus que de 15,5 km² en moyenne par mois.
À titre de comparaison, ses gains territoriaux atteignaient en moyenne quelque 405 km² mensuels en 2025.
Parallèlement, les efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit armé le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale restent dans l'impasse.
Moscou exige notamment que l'Ukraine cède des portions de territoire qu'elle contrôle encore dans des régions que la Russie affirme avoir annexées. Kiev rejette ces exigences, estimant qu'elles équivaudraient à une capitulation et rendraient le pays vulnérable à une nouvelle attaque russe à l'avenir.
Décompte par semaine des frappes ou séries de frappes russes sur des entrepôts et autres bâtiments de stockage dans la région de Kiev depuis le début de la guerre jusqu'au 18 septembre 2026, selon les données d'Acled analysées par l'AFP ( AFP / Nalini LEPETIT-CHELLA )
Selon l'ONU, le nombre de victimes civiles a atteint ces dernières semaines son plus haut niveau depuis les premiers mois de la guerre, principalement en raison des frappes russes de missiles et de drones de longue portée contre Kiev et d'autres villes.
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