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"Continuez à nous taper": ciblée par le gouvernement, LFI s'estime renforcée après le 17 octobre
information fournie par AFP 29/10/2026 à 09:31

(g-d) La députée LFI Aurélie Trouvé, le candidat LFI à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, et le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard,  lors d'une manifestation contre la vie chère, le 24 octobre 2026 à Paris ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

(g-d) La députée LFI Aurélie Trouvé, le candidat LFI à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, et le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, lors d'une manifestation contre la vie chère, le 24 octobre 2026 à Paris ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

A qui profite la crise sociale? Si les Insoumis ont été accusés par le gouvernement de souffler sur les braises et de contribuer au climat de violences qui ont éclaté le 17 octobre, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon se voit comme un des vainqueurs de la séquence.

La favorite de la présidentielle Marine Le Pen, et le Rassemblement national qui s'est présenté comme le parti de l'ordre, sont confortés dans l'opinion par les images de pillages et de dégradations du 17 octobre.

Mais La France insoumise, qui est apparue en première ligne en soutien de la contestation sociale, progresse légèrement ou se maintient dans les sondages.

"La séquence produit une polarisation. Il y a deux options d'alternatives qui se dégagent et on est l'une d'entre elles. Les grands perdants de la séquence sont le bloc central", analyse auprès de l'AFP le coordinateur national de LFI Manuel Bompard.

Les enquêtes d'opinion montrent en effet les anciens Premiers ministres macronistes, Edouard Philippe et Gabriel Attal, à la peine ces dernières semaines.

"Il y a une machine à polariser extrêmement puissante. Et c'est compliqué pour les candidatures modérées, ça crée une mâchoire qu'il est difficile de desserrer entre le RN, parti de l'ordre et LFI celui de la jeunesse", note un ministre macroniste.

Outre les sondages, les Insoumis ont des éléments tangibles sur lesquels s'appuyer: ils ont reçu deux fois plus de parrainages d'élus, nécessaires à la validation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, durant la semaine qui a suivi le 17 octobre, que durant la précédente. Idem pour les "parrainages citoyens", eux symboliques.

Soit quarante promesses de parrainage de maires et 25.000 parrainages citoyens sur la semaine du 19 octobre.

La formation de gauche radicale se réjouit également du succès à ses meetings: 1.500 participants revendiqués pour une réunion publique cette semaine à Peyrehorade, commune de moins de 4.000 habitants dans les Landes.

"Par le nombre que nous sommes dans chacune de nos réunions publiques, vous envoyez un message politique clair: plus vous nous tapez, plus nos rangs grandissent. Alors je dis à nos adversaires: de grâce, continuez !", s'est ainsi réjouie la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot.

Car le gouvernement s'est montré particulièrement offensif dans sa critique de la gauche radicale.

"C'est toujours pareil"

Même si les Insoumis avaient dénoncé les actes de pillage, le gouvernement s'est ainsi appuyé sur les déclarations de Jean-Luc Mélenchon qui a dit parfois reprendre à son compte le slogan "ACAB" (tous les flics sont des bâtards, NDLR).

Ou sur la présence dans leurs rangs de Raphaël Arnault, fondateur de la mouvance antifasciste dissoute de la Jeune Garde, qualifié par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez de "trait d'union" entre La France insoumise et certains groupuscules d'ultragauche.

Le patron des députés Horizons Laurent Marcangeli a même suggéré que LFI contribue financièrement au remboursement des dégâts causés par les manifestations.

Pas de quoi effrayer les troupes de Jean-Luc Mélenchon.

Ces derniers estiment avoir effectué une prise de "judo" en retournant les attaques de leurs adversaires contre eux.

"C'est toujours pareil, comme après l'affaire Quentin Deranque ou les mobilisations lycéennes. Leurs attaques sont trop grossières et mensongères. Ça accentue le sentiment d'acharnement contre nous et au final ça nous renforce", assure Manuel Bompard.

Un constat partagé, mais sous couvert d'anonymat, dans le camp présidentiel, où l'on constate que "ça ne marche pas du tout" de cibler LFI, s'inquiète une députée Renaissance.

"Les séances de questions au gouvernement, on passe notre temps à parler d'eux. On leur fait une chambre de résonance", ajoute la même source.

"Une partie de la classe politique, au centre, à droite et à gauche, a intégré que c'est fini. Que ce serait Mélenchon-Le Pen" au second tour, se désole pour sa part un dirigeant centriste.

Un duel qui, pointent les commentateurs, semble beaucoup plus favorable au RN.

"Ces événements ont accentué l'image clivante et polarisante de Jean-Luc Mélenchon. Son rejet dans la société est plutôt plus élevé qu'avant le mouvement. Pour le premier tour, c'est donc une opération plutôt positive. Mais dans une logique d'élargissement de son électorat, notamment en vue d'un second tour, le bilan est plutôt négatif", explique dans Le Point Jean-Yves Dormagen, président de l'institut de sondages Cluster17.

2 commentaires

  • 09:54

    Des manipulateurs sans objectifs ! Le plus triste, c'est pour les manipulés !


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