Le nombre d’inscrits à France Travail a poursuivi au troisième trimestre sa lente progression entamée en 2024 ( AFP / Jean-Christophe VERHAEGEN )
Le nombre d’inscrits à France Travail a poursuivi au troisième trimestre sa lente progression entamée en 2024, selon les chiffres publiés mercredi par l’opérateur et le ministère du Travail, les jeunes et les chômeurs de longue durée étant particulièrement touchés par la dégradation du marché du travail.
Le nombre de ces demandeurs d'emploi sans aucune activité (catégorie A) augmente de 30.400 à 3,35 millions, soit 0,9% de plus qu'au deuxième trimestre, et de 2,1% de plus qu'il y a un an.
En leur ajoutant ceux exerçant une activité réduite (catégories B et C), le total du nombre d'inscrits tenus de chercher un emploi s'établit à 5,85 millions, en hausse de 0,8% sur le trimestre et de 2,4 % sur un an.
Le taux de chômage s'élèvait à 8,3% en moyenne au 2e trimestre. Les chiffres du troisième trimestre seront connus le mois prochain.
Le ministère du Travail relève que la hausse des inscriptions "reste modérée" et que les chiffres restent "influencés" par "la mise en oeuvre de la loi plein emploi" qui prévoit depuis janvier 2025 l'inscription automatique à France Travail des allocataires du revenu de solidarité active (RSA) et des jeunes en parcours d'insertion.
Sans ces nouveaux publics, l'augmentation est ramenée à 0,3 % sur le trimestre et à 0,9 % sur un an, précise le communiqué de France Travail.
"Prix fort" pour les jeunes
Le ministère relève aussi que la réforme des sanctions, qui a entraîné une baisse des radiations administratives, s'est soldée par "3.700 sorties par mois en moyenne au troisième trimestre 2026, contre 45.000 début 2025", selon la note.
Mais on a "quand même une hausse continue" du chômage dans le cadre "d'un ajustement qui se poursuit" avec environ 350.000 chômeurs en plus en catégorie A depuis début 2024, relève pour l'AFP l'économiste Mathieu Plane, de l'OCDE.
Plus souvent en CDD, en intérim ou en apprentissage (qui recule en raison de la diminution des aides publiques), les jeunes sont en première ligne, ce que réflète notamment la hausse de 17,4% sur un an des inscriptions lors d'une première entrée sur le marché du travail et de 13,4% des inscriptions après une fin de contrat.
Les inscrits de moins de 25 ans sans aucune activité augmentent de 2,4% sur le trimestre et de 2% sur un an. En tenant compte de l'activité réduite, leur nombre progresse de 1,5% sur le trimestre et de 3,4 % sur un an.
Dans un communiqué, la CGT souligne que "les jeunes paient le prix fort de la dégradation de l'emploi".
Le taux de chômage des 15-24 ans, calculé différemment selon les normes du Bureau international du Travail, s'établissait au deuxième trimestre à 21,6%, contre une moyenne de 8,3% tous âges confondus.
"file d'attente"
Les 25-49 ans ne sont pas épargnés pour autant par la mauvaise conjoncture, avec un nombre d'inscrits à France Travail en hausse de 3,5% sur un an pour ceux qui n'ont aucune activité, et de 3,2% en tenant compte de ceux qui ont une activité réduite.
Seuls les seniors de 50 ans et plus ne connaissent pas d'augmentation des inscriptions sur un an, et même une baisse de 0,8% pour la seule catégorie A.
En dehors des jeunes, les chômeurs de longue durée sont particulièrement touchés par la situation économique, avec des inscriptions en hausse de 8,4% à 2,73 millions pour l'ensemble des catégories A, B et C. La part des inscrits depuis un an ou plus se rapproche de la moitié, atteignant 46,8%.
"Quand le marché du travail se dégrade progressivement, on a un vieillissement au chômage, c'est classique", selon Mathieu Plane. "Si on voit le marché du travail comme une file d'attente, ceux qui sont tout au bout, c'est plutôt les jeunes et les chômeurs de longue durée".
Un autre signe de dégradation, les licenciements économiques augmentent de 6,6% sur un an.
Enfin, le nombre d'inscrits à France Travail en parcours social (catégorie F) continue de croître à la suite de l'inscription des allocataires du RSA, pour atteindre 597.000 (+10,4% sur le trimestre).

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