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Ceuta : le Maroc affirme qu'aucun élément ne permet de l'impliquer et refuse d'être "un bouc émissaire"
information fournie par AFP 10/09/2026 à 21:24
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Des soldats espagnols surveillent le retour de migrants vers le Maroc, après qu'ils ont franchi la frontière pour pénétrer dans l'enclave espagnole de Ceuta, le 31 juillet 2026 ( AFP / JORGE GUERRERO )

Des soldats espagnols surveillent le retour de migrants vers le Maroc, après qu'ils ont franchi la frontière pour pénétrer dans l'enclave espagnole de Ceuta, le 31 juillet 2026 ( AFP / JORGE GUERRERO )

Le Maroc a affirmé jeudi qu'aucun élément ne permettait de l'impliquer dans l'afflux de migrants vers l'enclave de Ceuta fin juillet, et a dit refuser de servir de "bouc émissaire" à des "règlements de compte" en Espagne.

Il s'agit de la première réaction publique officielle de Rabat depuis les événements des 30 et 31 juillet.

Plus de 70.000 migrants étaient alors entrés de force, à pied ou à la nage, à Ceuta, enclave espagnole dans le nord du Maroc. Avec Melilla, Ceuta constitue l'un des deux seuls territoires de l'Union européenne à disposer d'une frontière terrestre avec l'Afrique.

L'afflux a fait des dizaines de morts et de disparus.

"Aucune (donnée), fait ou rapport n'établit une quelconque implication des autorités marocaines", a déclaré le ministère marocain des Affaires étrangères dans un communiqué, diffusé par l'agence officielle MAP.

"Le royaume du Maroc refuse d'être un fonds de commerce pré-électoral et n'admet pas davantage d'être le bouc émissaire de règlements de compte politiciens", a-t-il ajouté.

La plupart des personnes parvenues à franchir la frontière sont reparties dans la foulée, mais plusieurs milliers d'entre elles - 5.000, selon le gouvernement du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, ou au moins 10.000, d'après les autorités locales de Ceuta - sont toujours présentes dans l'enclave, dormant pour beaucoup dans les rues ou sur les plages.

Des migrants nagent dans les eaux proches de la frontière avec le Maroc pour pénétrer dans l'enclave espagnole de Ceuta, le 31 juillet 2026 ( AFP / JORGE GUERRERO )

Des migrants nagent dans les eaux proches de la frontière avec le Maroc pour pénétrer dans l'enclave espagnole de Ceuta, le 31 juillet 2026 ( AFP / JORGE GUERRERO )

Cette déclaration du ministère marocain des Affaires étrangères intervient alors que les soupçons sur une éventuelle responsabilité du royaume chérifien se sont accentués ces derniers jours, après la fuite d'un rapport de police faisant état de la "permissivité" des forces de sécurité marocaines lors de cette crise sans précédent.

M. Sanchez a, lui, assuré à plusieurs reprises n'avoir "aucune preuve" de l'implication du Maroc dans l'arrivée des migrants, une position vivement critiquée par plusieurs membres de l'opposition espagnole.

"Réquisitoire"

La question du rôle du Maroc a également été examinée par les services de renseignement espagnols, qui ont déclassifié mercredi plusieurs rapports alertant sur le risque d'"afflux massifs" de migrants à Ceuta, en majorité de jeunes Marocains.

Image tirée d'une vidéo de l'AFP montrant des migrants atteignant le rivage de l'enclave espagnole de Ceuta, après avoir contourné à la nage la clôture frontalière entre le Maroc et l'Espagne, le 30 juillet 2026 ( AFP / Lucía DIAZ )

Image tirée d'une vidéo de l'AFP montrant des migrants atteignant le rivage de l'enclave espagnole de Ceuta, après avoir contourné à la nage la clôture frontalière entre le Maroc et l'Espagne, le 30 juillet 2026 ( AFP / Lucía DIAZ )

L'un de ces documents, publié par le renseignement militaire le 30 juillet à la mi-journée, affirmait qu'il était "fort probable que les autorités marocaines n'encouragent pas activement la vague migratoire, mais qu'elles ont agi jusqu'à présent avec négligence et passivité".

Face à ce qu'il qualifie de "réquisitoire contre le Maroc", le ministère a de son côté interpellé les autorités espagnoles sur leur gestion de la crise : "pourquoi les migrants illégaux ne sont-ils pas refoulés, alors même que le gouvernement marocain s'est officiellement engagé à les réadmettre ? Pourquoi les mineurs non accompagnés sont-ils maintenus loin de leurs familles, alors que le Maroc a demandé instamment leur retour ?"

"La réponse à ces questions n'est pas à chercher au Maroc, mais auprès des acteurs espagnols concernés", a-t-il affirmé.

Rabat a par ailleurs qualifié la crise de "regrettable", estimant que les faits nécessitaient "certainement un examen approfondi pour définir leurs circonstances, identifier les ingérences, dénoncer les manipulations et, surtout, garantir qu'ils ne se reproduisent plus".

Le ministère a enfin tenu à rappeler l'importance de ses relations avec Madrid, soulignant que le Maroc avait "choisi de s'inscrire", avec l'Espagne, "dans une relation de bon voisinage géographique, d'entente politique, de partenariat économique et de coopération sécuritaire".

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