un panneau indiquant les limites de la zone de baignade surveillée sur une plage à Mimizan, dans le sud-ouest de la France, le 31 juillet 2025 ( AFP / Philippe LOPEZ )
L'impact des canicules s'intensifie: à l'été 2025 en France, 409 personnes sont mortes par noyade, dont une vingtaine d'adolescents. Beaucoup de ces jeunes se sont noyés fin juin dans des rivières ou des plans d’eau non surveillés, en pleine vague de chaleur précoce.
"Alors que l'été 2026 sera sans doute marqué par des épisodes de fortes chaleurs, il est crucial de souligner les risques accrus de baignade associés à ces conditions météorologiques", a déclaré Yann Le Strat, directeur scientifique de Santé publique France, lors d'une conférence de presse.
Ainsi pour "répondre aux nouveaux enjeux du changement climatique" et tenir compte de ces "conditions météorologiques de plus en plus clémentes" qui rallongent la période propice aux baignades et donc aux noyades, l'agence démarre désormais sa surveillance le 1er mai, a-t-il annoncé.
Ses bilans des noyades seront aussi plus fréquents: le 11 juillet, avant le 15 août et le 31 septembre.
Du 1er juin au 30 septembre 2025, 1.418 noyades ont été enregistrées dans tout le pays, dont 409 ont été suivies de décès, parmi lesquels ceux de 57 enfants et adolescents, selon le bilan annule de SpF. Noyades et décès sont ainsi respectivement en hausse de 14% et 16% comparé à l'été 2024.
Cette augmentation des noyades mortelles l'été dernier a concerné "principalement" les adolescents car 21 jeunes âgés de 13 à 17 ans ont perdu la vie de juin à septembre, contre 10 en 2024, a pointé l'agence sanitaire. La proportion d'adultes victimes de noyades -principalement en mer- suivies de décès est restée globalement stable de son côté.
L'été 2025 a été torride: il se place au troisième rang des étés les plus chauds depuis 1900, derrière ceux de 2003 et 2022, selon Météo France, et le mois de juin a été le deuxième le plus chaud.
- "Surveillance active" des enfants -
Les températures ont notamment dépassé 35 degrés sur une large partie du territoire entre le 19 juin et le 8 juillet, "vague de chaleur précoce et longue", a pointé SpF, avant même que la vigilance rouge canicule ne soit déclenchée, du 1er au 3 juillet, dans seize départements.
En un peu moins de trois semaines, 355 noyades ont alors été enregistrées dans le pays, soit un bond de 135% par rapport à la même période de 2024. Sur ce total, il y a eu 106 noyades mortelles, soit +172% sur un an.
A cette période, "il a fait extrêmement chaud sur une très grande partie de la France, alors que les vacances scolaires n'avaient pas commencé" et que "la plupart des lieux de baignade en milieu naturel" n'étaient pas surveillés, a souligné Aymeric Ung, chargé de projets à SpF.
"C'est ça qui explique en partie le bilan très important" des noyades, a-t-il ajouté.
Près de six mineurs morts noyés sur dix étaient allés se baigner dans un cours d'eau, rivière, fleuve ou un plan d'eau, lac ou étang, contre deux sur dix dans une piscine privée familiale.
Or lors des baignades "sauvages en milieu naturel", "il y a du courant, des différences de profondeur, de température, plein de choses qui peuvent survenir et entraîner des noyades", a exposé M. Le Strat. Et l'éloignement de ces lieux "retarde l'arrivée des secours".
L'agence sanitaire a renouvelé ses conseils de prudence: ne pas consommer d'alcool, se renseigner sur les conditions météo, reporter sa baignade si l'on est fatigué, se baigner dans des endroits aménagés et surveillés.
Il convient aussi de "mettre en place une surveillance active et permanente" des enfants, qui doivent apprendre à nager "le plus tôt possible", a déclaré Agnès Verrier, experte en prévention de SpF
"On se baigne avec eux", a-t-elle précisé, "et quand ils jouent au bord de l'eau, on ne les quitte pas des yeux, on ne lit pas, on ne regarde pas son téléphone".

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