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Brexit hard ou soft et marchés boursiers
information fournie par Le Cercle des économistes 10/07/2017 à 11:10

Brexit or not Brexit, that's the question. Mais entre les deux choix, il existe plusieurs autres solutions. Laquelle choisir ? That's the question. Cruel dilemme pour la Première ministre britannique, Theresa May, et les sujets de Sa Majestée. Jean-Paul Betbeze explique les différents champs du possible et leurs conséquences prévisibles.

Attention à cette opposition hard contre soft . Les marchés boursiers se rendent de plus en plus compte de ses limites. Il est à souhaiter en effet, pour tous, que le jeu devienne soft/soft. Aujourd'hui le Brexit est lancé, personne ne sait ce qu'il en adviendra. La présentation la plus fréquente différencie un Brexit hard (dur) d'un Brexit soft (doux).

Le Brexit hard s'appuie sur les mots de la Première ministre Theresa May : « Brexit veut dire Brexit », « mieux vaut pas d'accord qu'un mauvais accord ». Mais ces expressions sont des postures de négociation surtout à usage de la politique interne, à la fois par rapport à l'opposition travailliste, pour gagner les élections, et par rapport à l'opposition interne au parti conservateur, où les hard sont puissants, sachant que Theresa May n'est pas (trop) pro-Brexit ! Hélas, Theresa May n'a pas la majorité aux Communes et doit composer avec un Parti irlandais hard !

Hard contre soft , cette présentation oublie surtout… « les autres », les membres de l'Union qui resteront, et les compagnies, qui ne souhaitent évidemment pas un divorce qui serait une crise financière, au moins pour le Royaume-Uni, plus économique et sociale pour tous ! Au hard Brexit voulu par le RU « doit » répondre un hard Brexit des Européens, mais c'est là une dangereuse montée aux extrêmes. Ce jeu est dramatique, menaçant 75 000 emplois à la City, une City qui pèse de 10 à 12% du PIB du Royaume-Uni.

Où en sommes-nous ? Cinq cas se présentent, avec des probabilités que je propose et qui vont évidemment changer :

- No deal : 10% de probabilité. Les résidents de chaque pays doivent partir, pas de passeport financier, pas d'accord. La livre s'effondre, comme la bourse de Londres.

- Hard Brexit : 35 %. Arrêt rapide en 2019, le RU quitte l'union douanière, des ajustements limités ont lieu. Forte baisse de la livre et de la bourse de Londres.

- Hard Brexit pro-européen : 25 %. La phase de transition est allongée, le RU quitte le marché unique et l'union douanière, mais des ajustements sont trouvés pour les « migrants », avec des conditions particulières de résidence ainsi que pour les conditions d'échanges entre UK et RU. La livre se stabilise, la bourse peut monter.

- Soft Brexit : probabilité 20%. La phase de transition est allongée, le RU quitte le marché unique et l'union douanière, des mouvements de population entre RU et UE sont acceptés, mais avec des limitations des droits sociaux (santé, retraite). Le RU joint l'EEA, European Economic Area (UE plus EFTA, European Free Trade Association – Islande, Lichtenstein et Norvège). La livre remonte, la bourse aussi.

- Remain : 10 % ? Ce qui était inimaginable il y a quelques mois peut être reconsidéré, peut-être même avec un nouveau vote. Emmanuel Macron a ouvert cette porte. Dans ce cas, la livre et la bourse remontent, mais un choc de confiance va demeurer.

Les cas sont multiples, mais le RU n'a pas vraiment intérêt au hard Brexit. Ceci veut dire qu'il lui faudra payer le prix du divorce : participation aux programmes et aux frais engagés. Le montant est à discuter : la Commission parle de 100 milliards, 50 est possible. Mais ce ne sera pas facile à « vendre » ! Avec le temps, le RU semble y avoir intérêt, pour ses échanges et pour la City. Il faudra donc qu'il accepte de payer et trouver un arrangement pour les expatriés au RU. La City sera affectée, au bénéfice de Francfort. Les bourses européennes pourraient aimer, surtout Francfort.

Jean-Paul Betbeze
www.betbezeconseil.com

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