Mathieu Hanotin, maire PS de Saint-Denis et candidat à sa réélection aux prochaines municipales, devant son QG de campagne à Saint-Denis, le 1er février 2026 en Seine-Saint-Denis ( AFP / Alain JOCARD )
La campagne des municipales à Saint-Denis, ville d'Île-de-France la plus peuplée après Paris, connaît un regain de tension depuis quelques jours. Alors que le maire PS sortant Mathieu Hanotin et l'Insoumis Bally Bagayoko s'accusent mutuellement de propos diffamatoires, les annonces de dépôts de plainte se multiplient.
Dernier épisode en date: une déclaration de Mathieu Hanotin dans laquelle il affirme que "les narcotrafiquants appellent à voter pour la liste" menée par LFI, du fait, selon lui, de leur volonté de modifier les missions de la police municipale de cette commune de Seine-Saint-Denis.
"Là, on a franchi une ligne, on rentre vraiment dans les stigmates qui sont souvent d'ailleurs utilisés par l'extrême droite", a réagi auprès de l'AFP Bally Bagayoko, à la tête d'une liste réunissant LFI, les communistes, ainsi que le mouvement citoyen Seine-Saint-Denis au cœur, fondé par Aly Diouara, aujourd'hui député LFI et candidat à La Courneuve.
"Je suis père de famille, je suis éducateur de formation et on ne me fera pas dire ni faire croire que je suis celui qui promeut la délinquance, le narcotrafic", s'est-il indigné, qualifiant les propos de M. Hanotin de "diffamants" et annonçant avoir porté plainte.
- "Point de deal" -
"On verra ce que dit la justice", rétorque auprès de l'AFP M. Hanotin, qui souligne ne jamais avoir accusé son adversaire d'accointances avec les narcotrafiquants, mais réaffirme que "sur le terrain", ces derniers font campagne pour lui.
Bally Bagayoko, candidat de La France Insoumise (LFI) à la mairie de Saint-Denis, le 11 décembre 2025 à Paris ( AFP / JULIEN DE ROSA )
"Cette simple déclaration suffit à semer le doute sur l'intégrité de notre parti", dénonce M. Bagayoko dans sa plainte, que l'AFP a consultée.
Le candidat LFI accuse aussi l'actuel maire, qui a ravi la ville en 2020 et mis fin à 75 ans de communisme municipal, de caricaturer la position de leur liste concernant la police municipale.
"Sur les effectifs, on n'a pas vocation à les baisser, on les maintient. En revanche on change la doctrine: vous ne serez pas dans une police d'intervention, vous serez sur une police locale, une police de proximité", explique-t-il.
"Nous ne sommes pas opposés, par exemple, à ce qu'une partie de la police municipale soit armée.... Mais pour nous, l'ensemble de la police municipale n'a pas à être armée", ajoute-t-il, estimant que c'est d'abord à la police nationale de lutter contre le narcotrafic et que celle-ci est trop peu nombreuse à Saint-Denis.
- "Dénonciation calomnieuse" -
Sollicitée par l'AFP, la cheffe de file des communistes Sofia Boutrih a indiqué qu'elle-même allait déposer deux plaintes: la première contre M. Hanotin pour ses propos sur le vote des narcotrafiquants, et la seconde à propos d'une publication d'une de ses adjointes.
Dans ce texte publié mi-janvier sur Facebook, l'élue de la majorité accuse M. Bagayoko et Mme Boutrih de faire leurs vidéos de campagne devant une ancienne "cache d'armes et de drogues" et à proximité d'un "point de deal".
"Les habitantes et habitants et notamment les parents qui veulent le meilleur pour leurs enfants et protéger les adolescents apprécieront", conclut-elle.
Autre sujet de discorde entre les deux principaux candidats aux municipales: un article du Blog de Saint-Denis, daté du 2 février, que Mathieu Hanotin, dans un message publié sur Facebook, attribue à "l'opposition LFI" - ce que M. Bagayoko dément - et qu'il qualifie de "boule puante".
"Après avoir diffusé sur les réseaux sociaux des photographies de mon domicile, après m'avoir traité +d'administrateur colonial+, je serais un +copropriétaire indélicat+", dénonce le maire PS, qui menace de porter plainte pour "atteinte à la vie privée, dénonciation calomnieuse et mise en danger de la vie d'autrui".
M. Hanotin, dans son message, indique "couper court à une autre boule puante" que ses opposants feraient, selon lui, circuler: "NON je n'ai pas annexé sans autorisation le grenier de mon immeuble".

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer