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Mladic, général serbe devenu le symbole des atrocités de la guerre en Bosnie
information fournie par AFP 07/09/2026 à 17:42
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Une femme regarde un portrait de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladić, devant la cathédrale orthodoxe de Banja Luka, en Bosnie, le 28 août 2026, au lendemain de sa mort à l'âge de 84 ans dans un hôpital pénitentiaire de La Haye ( AFP / STRINGER )

Une femme regarde un portrait de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladić, devant la cathédrale orthodoxe de Banja Luka, en Bosnie, le 28 août 2026, au lendemain de sa mort à l'âge de 84 ans dans un hôpital pénitentiaire de La Haye ( AFP / STRINGER )

Le général Ratko Mladic, mort fin août en détention à La Haye et inhumé lundi à Belgrade, s'imaginait en héros du peuple serbe. Mais il a représenté pour la justice internationale la "quintessence du mal" pour les crimes commis par les forces sous ses ordres pendant la guerre de Bosnie, du siège de Sarajevo au massacre de Srebrenica.

Mladic a passé ses dernières années en prison, arrêté en 2011 puis condamné en 2017 à la perpétuité pour génocide et crimes contre l'humanité au cours du conflit en Bosnie qui fit 100.000 morts entre 1992 et 1995. Une peine confirmée en appel le 8 juin 2021.

Parmi ces atrocités, le massacre de 8.000 hommes et adolescents musulmans à Srebrenica, un génocide selon la justice internationale et la pire tuerie commise sur le sol européen depuis la Deuxième Guerre mondiale. Des images tournées alors par la télévision serbe le montrent en train de rassurer des adolescents à Srebrenica en leur affirmant que rien n'allait "leur arriver".

L'ancien Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Zeid Ra'ad al Hussein a décrit l'ancien général comme "la quintessence du mal". Arrêté en 2011 après 16 ans de cavale, il a fini sa vie en cellule, en vieil homme malade.

Des personnes en deuil font la queue  pour participer à un hommage public, le jour de la cérémonie funéraire de l'ancien chef militaire serbe de Bosnie Ratko Mladić, à l'église Saint-Luka de Belgrade, le 7 septembre 2026 en Serbie ( AFP / OLIVER BUNIC )

Des personnes en deuil font la queue pour participer à un hommage public, le jour de la cérémonie funéraire de l'ancien chef militaire serbe de Bosnie Ratko Mladić, à l'église Saint-Luka de Belgrade, le 7 septembre 2026 en Serbie ( AFP / OLIVER BUNIC )

Lundi matin, des milliers de personnes, en deuil et pour certains arborant des tee-shirts à son effigie, ont défilé dans l'église orthodoxe Saint-Luka à Belgrade où son cercueil a été exposé durant plusieurs heures, avant la tenue d'obsèques qui ont suscité la réprobation internationale.

A l'intérieur de l'édifice tapissé d'icônes religieuses, six soldats avaient été positionnés devant son cercueil où trônaient sa photo, des médailles militaires, un sabre, ainsi qu'une casquette d'officier rigide à visière devenue indissociable de son personnage.

Un des architectes de l'épuration ethnique

D'anciens combattants ont ensuite entouré le fourgon transportant la dépouille de Mladic vers le cimetière où il a été inhumé aux côtés de sa fille, Ana, étudiante en médecine qui s'était donnée la mort en 1994 pendant la guerre de Bosnie. Certains témoins ont estimé que Ratko Mladic était devenu plus brutal après sa mort, survenue un an avant Srebrenica.

Jusqu'à sa mort, il est resté aux yeux d'une partie de la communauté serbe le héraut de la cause du "peuple serbe".

A Belgrade, son nom ou son visage sont tagués sur des dizaines de murs.

L'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, le général Ratko Mladić, dans la salle d'audience lors de sa comparution initiale devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye, le 3 juin 2011 ( POOL / MARTIN MEISSNER )

L'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, le général Ratko Mladić, dans la salle d'audience lors de sa comparution initiale devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye, le 3 juin 2011 ( POOL / MARTIN MEISSNER )

"Je suis le général Mladic. J'ai défendu mon pays et mon peuple", avait-il martelé dès sa première apparition à la barre du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), fermé en 2017.

Pour le reste, cet homme, tantôt colérique et brutal tantôt jovial et truculent d'après ceux qui l'ont approché, est considéré comme le troisième architecte de l'épuration ethnique pendant la guerre qui a divisé la Bosnie selon des lignes de fracture communautaires.

Un monument portant l'inscription "8372 — le nombre total de victimes, qui n'est pas définitif" au cimetière-mémorial du village de Potočari, près de Srebrenica, dans l'est de la Bosnie, le 27 août 2026, après le décès de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladić ( AFP / Nidal Saljic )

Un monument portant l'inscription "8372 — le nombre total de victimes, qui n'est pas définitif" au cimetière-mémorial du village de Potočari, près de Srebrenica, dans l'est de la Bosnie, le 27 août 2026, après le décès de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladić ( AFP / Nidal Saljic )

De Belgrade, le président Slobodan Milosevic, mort en détention en 2006, enflammait les Balkans avec sa rhétorique "grand-serbe" tout en manœuvrant avec la communauté internationale ; dans sa "capitale" de Pale, près de Sarajevo, le psychiatre Radovan Karadzic, l'idéologue des Serbes de Bosnie condamné en 2019 à la perpétuité, déversait sa propagande fanatique.

Ratko Mladic était leur bras armé, le seul du trio né en Bosnie, le 12 mars 1943 assurait l'intéressé, la justice internationale retenant quant à elle 1942 comme année de naissance.

Soldat paysan

Orphelin d'un partisan tué par les Croates oustachis pronazis pendant la Deuxième Guerre mondiale, il sait très tôt qu'il veut être soldat et devient à 22 ans l'un des plus jeunes officiers de l'armée yougoslave.

Le commandant des forces serbes en Bosnie, le général Ratko Mladić (c), à l'aéroport de Sarajevo, le 10 août 1993 ( AFP / GABRIEL BOUYS )

Le commandant des forces serbes en Bosnie, le général Ratko Mladić (c), à l'aéroport de Sarajevo, le 10 août 1993 ( AFP / GABRIEL BOUYS )

Quand la guerre éclate en 1991 en Croatie, où il a combattu les forces croates, il est vite transféré en Bosnie, dont la capitale, Sarajevo, est soumise à un siège de près de quatre ans. Plus de 10.000 habitants, dont plusieurs centaines d'enfants, seront tués par les balles des tireurs embusqués ou les obus qui pleuvaient des hauteurs tenues par les forces de Mladic.

Pourtant, beaucoup de Serbes de Bosnie relativisent, voire nient les exactions commises.

Ses partisans continuent de véhiculer l'image d'un soldat paysan amoureux de sa terre, respectueux des codes d'honneur militaires, n'ayant pour objectifs qu'une Yougoslavie unie puis la protection de "son" peuple contre ceux qu'il désignait comme les "Turcs", les Bosniaques musulmans.

Une fresque murale de Ratko Mladic, l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, à l'entrée de la ville de Kalinovik, le 22 mai 2021 en Bosnie-Herzégovine ( AFP / ELVIS BARUKCIC )

Une fresque murale de Ratko Mladic, l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, à l'entrée de la ville de Kalinovik, le 22 mai 2021 en Bosnie-Herzégovine ( AFP / ELVIS BARUKCIC )

Le 8 janvier 2024, plusieurs dizaines de supporteurs de foot, rassemblés sur le fameux pont de Visegrad (est) pour célébrer l'anniversaire de l'entité serbe, scandent son nom en tirant un grand feu d'artifice.

"Revanche contre les Turcs"

Le même soir, à Banja Luka (nord), l'évocation de son nom et de celui de Karadzic, par le chef politique des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, est accueillie par de longs applaudissements.

Portrait de Ratko Mladic, condamné par le TPIY de La Haye à la prison à perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité et dont le verdict de son procès en appel est attendu mardi  ( AFP /  )

Portrait de Ratko Mladic, condamné par le TPIY de La Haye à la prison à perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité et dont le verdict de son procès en appel est attendu mardi ( AFP / )

Après l'accord de paix de Dayton, Ratko Mladic reste en Bosnie, à l'abri dans son repaire de Han Pijesak, une base à moitié enterrée dans une forêt de pins de l'est.

Puis il s'installe à Belgrade, protégé par l'armée. Officiellement recherché, il ne se cache guère, taille des rosiers, va à la boulangerie, dîne au restaurant, assiste à un match de football.

Milosevic est chassé du pouvoir en 2000 et Mladic entre en clandestinité. Les arrestations affaiblissent ses réseaux et, pour la Serbie, qui aspire à entrer dans l'Union européenne, il devient un problème.

Le 26 mai 2011, il est arrêté chez un cousin dans un village du nord de la Serbie puis livré. Avant son transfert à la Haye, il avait demandé à se rendre sur la tombe de sa fille, Ana.

1 commentaire

  • 07 septembre 18:48

    La Serbie était un pays pacifique, ami de la France. La guerre de l'OTAN avait pour but de démanteler la Yougoslavie en petits états comme le Kosovo, pays artificiel et ma@fieux.


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