Un pompier arrose un sol et une végétation brûlés lors d'une intervention contre l'incendie dans la réserve naturelle des Hautes Fagnes, dans l'est de la Belgique, le 18 août 2026 ( AFP / JOHN THYS )
L'incendie historique qui fait rage depuis vendredi dans l'est de la Belgique est désormais totalement "encerclé", mais les pompiers continuaient mercredi à lutter contre de multiples reprises de feu.
"Le feu est encerclé et ne devrait plus pouvoir progresser, mais la surface est extrêmement importante et il y a de nombreuses reprises contre lesquelles on doit lutter au sol et par air", a précisé à l'AFP Tony Hosmans, porte-parole de la cellule de crise.
"On ne parle pas encore de feu fixé ou maîtrisé totalement," a expliqué de son côté à l'AFP Stéphanie Ernoux, porte-parole des autorités locales de Wallonie, région belge francophone.
"Il faut tout le temps, en permanence, surveiller" à cause des risques de reprise, a-t-elle ajouté.
Les autorités de la province de Liège, où se situe cet incendie, qui a déjà ravagé quelque 3.000 hectares du parc naturel des Hautes Fagnes, se montrent toutefois assez optimistes.
"Une évaluation est en cours afin d'adapter et, probablement, de réduire les moyens engagés au cours de la journée", ont-elles affirmé mercredi matin dans un communiqué.
L'objectif est de le maîtriser mercredi "si possible avec un soutien aérien", a ajouté Tony Hosmans.
Mais rien n'est moins sûr. "La possibilité d'interventions aériennes reste à confirmer", ont ainsi mis en garde mercredi les autorités locales.
Mardi, aucun avion ou hélicoptère n'a pu être engagé contre cet incendie historique, le plus important depuis celui de 1911 qui avait ravagé pendant des semaines ce même parc naturel.
Des avions bombardiers d'eau venus de Norvège, d'Allemagne, de Suède et des Pays-Bas sont ainsi restés au sol mardi.
Importantes fumées
Les quelque 500 pompiers toujours mobilisés sont aidés par la pluie qui tombe depuis lundi dans cette région de l'est de la Belgique. Mais ces "précipitations ne signifient pas par ailleurs que le feu est éteint", ont prévenu les autorités belges.
Elle favorise également d'importantes fumées qui gênent les pompiers, et réduisent fortement la visibilité pour les moyens aériens.
Un pompier arrose la végétation lors d'une intervention contre un feu de forêt dans la réserve naturelle des Hautes Fagnes, près de Baelen, le 18 août 2026 en Belgique ( AFP / JOHN THYS )
Le travail des soldats du feu est rendu plus difficile par le type de terrain rencontré : un patchwork de landes, de tourbières et de passerelles surélevées pour favoriser la découverte de ce parc naturel très fréquenté par les touristes.
La tourbe brûle en profondeur, favorisant les départs de feu. "En apparence, ça a l'air d'être maîtrisé et puis ça peut reprendre parce que ça ressurgit", à "très grande profondeur", a expliqué Stéphanie Ernoux.
Dans un terrain tourbeux, comme celui des Hautes Fagnes, le feu peut couver sous la terre, puis réapparaître ou ressortir plus loin, ce qu'on appelle le phénomène de "feu zombie".
En forêt, la tourbe est une accumulation de matière spongieuse inflammable, riche en carbone, qui résulte de la décomposition au fil du temps de la matière végétale. Un combustible idéal pour ces braises enfouies, qui attendent des conditions favorables, vent et sécheresse, pour reflamber en plein jour. Ces "feux zombies" attaquent aussi les racines des arbres, favorisant leur chute.
Et pour mieux les repérer, les pompiers s'aident de drones équipés de détecteurs de chaleur, a encore expliqué Stéphanie Ernoux.
Le ministre belge de l'Intérieur, Bernard Quintin, a toutefois averti mardi que l'extinction totale de l'incendie prendrait encore "des semaines", en raison de cette particularité de la tourbe.
Dès la nuit de lundi à mardi, les pompiers ont procédé à de l'étrépage, tactique consistant à enlever la couche superficielle du sol pour le mettre à nu et retirer ainsi la charge inflammable.
La Belgique, comme une grande partie de l'Europe, a souffert l'été durant d'épisodes de fortes chaleurs et de la sécheresse. Le mercure est monté jusqu'à 37°C dans certaines parties du pays en fin de semaine dernière.
Autant de conditions propices au départ de ce grand incendie.

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