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Aux assises de l'Oise, une femme accusée d'avoir organisé le meurtre de son époux avec des complices
information fournie par AFP 29/05/2026 à 11:12

Le procès d'une femme accusée d'avoir assassiné son mari mi-2021 en plein divorce, avec l'aide de trois hommes dont un amant, s'ouvre vendredi à Beauvais devant la Cour d'assises de l'Oise ( AFP / DAMIEN MEYER )

Le procès d'une femme accusée d'avoir assassiné son mari mi-2021 en plein divorce, avec l'aide de trois hommes dont un amant, s'ouvre vendredi à Beauvais devant la Cour d'assises de l'Oise ( AFP / DAMIEN MEYER )

Mère protectrice ou manipulatrice? Le procès d'une femme accusée d'avoir assassiné son mari mi-2021 en plein divorce, avec l'aide de trois hommes dont un amant, s'est ouvert vendredi à Beauvais devant la Cour d'assises de l'Oise.

Le 24 août 2021, Jean-Christophe Piel, un kinésithérapeute de 41 ans, a été abattu d'une balle dans l'arrière de la tête alors qu'il taillait des roses dans son jardin à Breuil-le-Vert, petite ville de 3.000 habitants dans l'Oise.

Découvert grièvement blessé après l'appel d'une voisine, il succombe à l'hôpital le lendemain.

Delphine Pinto, 48 ans, son épouse, un amant de Mme Pinto et deux amis de ce dernier dont l'un pourrait avoir été missionné pour être le tireur, ainsi que le fils adulte de Mme Pinto sont jugés jusqu'au 12 juin.

Chemise blanche, cheveux châtains teintés de gris et lunettes carrées à la monture noire, l'accusée se tient bien droite et jette des regards à la salle comble et surchauffée.

A ses côtés dans le box des accusés, son amant et complice présumé et l'ami de ce dernier, tandis que les deux autres accusés comparaissent libres devant la cour d'assises spéciale, composée de magistrats professionnels.

Les quatre personnes sont soupçonnées d'avoir fomenté le meurtre de Jean-Christophe Piel.

Une semaine avant sa mort, Jean-Christophe Piel avait bénéficié d'une ordonnance de non-lieu alors qu'il était accusé de violences sur sa femme, dont il était séparé depuis plusieurs années, et d'agression sexuelle incestueuse sur l'une de leurs deux petites filles.

Il avait également été accusé d'agressions sexuelles par deux des trois autres enfants de son ancienne conjointe, nés d'une précédente relation mais qu'il avait adoptés, dont celui qui est jugé.

Son décès a entraîné l'extinction des poursuites entamées début 2019, mais selon le parquet la procédure n'avait alors pas permis d'établir "des charges suffisantes".

- "Manipulatrice et mythomane" -

D'après les éléments de l'enquête consultés par l'AFP, le couple formé par Jean-Christophe Piel et Mme Pinto était "caractérisé par une asymétrie", Mme Pinto étant qualifiée de "manipulatrice et mythomane", tandis que M. Piel est décrit comme "soumis et sous l'emprise".

Mme Pinto, qui a "concédé" son désir de vengeance à l'encontre de Jean-Christophe Piel, a néanmoins nié avoir voulu le tuer ou organiser son meurtre.

Les autres accusés ont aussi gardé le silence ou nié les accusations lors de leurs auditions.

Plusieurs proches de la famille auditionnés lors de l'enquête ont indiqué avoir entendu ou eu vent de propos de Mme Pinto concernant la possibilité de tuer son ex-compagnon pour récupérer de l'argent.

Une des filles de Mme Pinto adoptée par Jean-Christophe Piel a ainsi assuré que sa mère a, avant la mort du kinésithérapeute, acheté des couteaux et de la corde, avec la volonté de s'en prendre à lui, et a par la suite demandé à sa fille de lui fournir une arme.

Delphine Pinto a reconnu lors d'une audition ces achats et cette demande, assurant qu'ils visaient uniquement à "protéger" ses enfants.

- "Défaillance du système judiciaire" -

Me Arnaud Ledru, son avocat, a dit à l'AFP espérer "l'acquittement" de sa cliente, assurant "qu'un certain nombre d'investigations n'ont pas été faites" et que les enquêteurs se soient "arc-boutés sur un scénario". Il voit dans ce procès une "parfaite illustration de la défaillance de notre système judiciaire et du peu de moyens" dont il dispose.

Mme Pinto avait déjà été condamnée à deux ans d'emprisonnement, dont 18 mois avec sursis, pour escroquerie et usurpation d'identité en 2011 et 2012.

Elle s'était alors notamment fait passer pour une avocate et avait créé une association pour récolter des fonds pour une prétendue opération de l'un de ses enfants, qui n'avait jamais été prévue.

Me Murielle Bellier, avocate d'amis de M. Piel qui pourraient témoigner lors du procès, a indiqué que ces derniers "n'attendent pas grand-chose de Delphine Pinto" mais souhaitent "parler de Jean-Christophe Piel, cet homme qu'ils aimaient. Et ils ont envie que la vérité se fasse et que la justice passe".

Elle décrit une affaire qui donne "l'impression d'être dans une quatrième dimension", digne d'un "film ou d'un livre", avec un "mauvais scénario".

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