Joachim Nagel, président de la Bundesbank, le 22 novembre 2024 ( AFP / KIRILL KUDRYAVTSEV )
L'Allemagne devrait connaître une croissance au ralenti lors du premier trimestre de 2026, toujours freinée par l'industrie en surcapacité, a indiqué jeudi la Banque fédérale d'Allemagne.
De janvier à mars, le produit intérieur brut (PIB) de la première économie européenne "devrait poursuivre son expansion, mais à un rythme faible", après une progression de 0,3% lors du quatrième trimestre de 2025, qui avait surpris à la hausse, écrit la Bundesbank dans son bulletin mensuel.
Un mauvais signal pour le chancelier conservateur Friedrich Merz, qui brigue de nouveau la présidence de son parti vendredi lors du congrès annuel à Stuttgart (sud-ouest), sous la pression de la stagnation économique et des tensions au sein de la coalition au pouvoir.
Les milieux économiques sont mécontents face à la politique du gouvernement de coalition entre l'Union conservatrice (CDU-CSU) et sociaux-démocrates (SPD).
En décembre, le lobby industriel BDI a estimé que l'économie allemande traversait "sa crise la plus profonde" de l'après-guerre.
C'est précisément le "faible taux d'utilisation des capacités" dans l'industrie qui continue de "freiner l'investissement", explique la Bundesbank.
Durablement frappée par les prix élevés de l'énergie et par la concurrence notamment chinoise, et devant gérer les droits de douane supplémentaires américains, l'industrie allemande "ne profite que de manière limitée de la croissance du commerce mondial", ajoute l'institution monétaire.
La hausse récente des commandes industrielles allemandes provient surtout de grands contrats liés à des dépenses publiques supplémentaires pour la défense, sans impact immédiat sur la production, est-il noté.
Dans le bâtiment, qui sort à peine d'une grande déprime, les prises de commandes ont "aussi fortement progressé" mais l'hiver rigoureux pourrait "freiner la construction".
La consommation privée pourrait quant à elle "ne pas être en mesure de maintenir son niveau élevé", alors que le nombre de chômeurs a de nouveau franchi la barre des 3 millions en janvier, à son plus haut niveau depuis 2014.
À partir du printemps, l'activité économique allemande devrait toutefois "croître de manière plus dynamique, principalement portée par des impulsions budgétaires", conclut la Bundesbank.
Le ton est moins optimiste du côté des entreprises: l'économie allemande "ne décollera pas" en 2026, a estimé mardi la Chambre allemande de commerce et d'industrie sur la base d'une large enquête tous secteurs confondus.
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