Aller au contenu principal
Fermer

Allemagne-Enquête sur de possibles failles de sécurité après l'attaque à Magdebourg
information fournie par Reuters 23/12/2024 à 15:32

par Miranda Murray et Kirsti Knolle

Les autorités allemandes enquêtent sur d'éventuelles failles de sécurité après l'attentat à la voiture-bélier commis vendredi sur le marché de Noël de Magdebourg qui a fait cinq morts et des dizaines de blessés, sur fond de débats sur l'immigration à l'approche d'élections législatives anticipées.

Le mobile du suspect, un psychiatre saoudien de 50 ans qui se revendique comme "apostat" et affiche une sympathie pour le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), reste inconnu.

L'homme qui a été placé en détention et identifié sous le prénom et l'initiale Taleb A. dans la presse allemande a publié des messages vidéo sur son compte sur le réseau social X le jour de l'attaque.

Dans des propos décousus, il accuse le libéralisme allemand d'être responsable de la mort du philosophe grec Socrate et accuse la police de lui avoir volé une clé USB et d'avoir enterré une plainte pénale qu'il avait déposée.

Le journal Welt rapporte qu'il a suivi un traitement pour des problèmes psychiques.

La ministre de l'Intérieur, Nancy Faeser, a appelé à l'adoption de lois plus strictes en matière de sécurité intérieure, notamment une nouvelle loi visant à renforcer les effectifs de police ainsi que l'introduction de la surveillance biométrique.

"Il est clair que nous devons tout faire pour protéger la population allemande contre de tels actes de violence. Pour ce faire, nos autorités (responsables de) la sécurité ont besoin de tous les pouvoirs nécessaires et de plus de personnel", a déclaré la ministre au magazine Der Spiegel.

Le vice-président de la commission de la Défense du Bundestag, la chambre des députés, a annoncé qu'il convoquerait une session extraordinaire pour demander pourquoi des avertissements à propos Taleb A., notamment de l'Arabie saoudite, n'ont pas été suivis d'effet. Le suspect vit en Allemagne depuis 2006.

Des élections législatives anticipées sont prévues le 23 février sur fond d'avancée du parti d'extrême droite anti-immigration Alternative pour l'Allemagne (AfD) dans le paysage politique. En termes d'intentions de vote, l'AfD est créditée de la deuxième position dans les sondages et est particulièrement présente dans l'est de l'Allemagne.

"Je dirais que chacun gère cette situation à sa manière, certains sont en deuil, d'autres sont en colère", a déclaré Andreas Bohs, rencontré sur le lieu de l'attaque où des personnes ont déposé des fleurs, des bougies et des peluches.

"Chacun a le droit d’exprimer son opinion et cela ne doit pas être utilisé à des fins politiques. Mais je sais que tous les partis politiques le font d’une manière ou d’une autre", a-t-il ajouté.

Les dirigeants de l'AfD prévoient d'organiser un événement à Magdebourg lundi soir.

Sur les réseaux sociaux, la cheffe de file de l'AfD, Alice Weidel, a affirmé que cette attaque avait été rendue possible par une "immigration incontrôlée".

"L'État doit protéger ses citoyens par une politique migratoire restrictive et des expulsions systématiques !", a-t-elle ajouté.

Une autre initiative appelle à la formation lundi soir d'une chaîne humaine à Magdebourg sous le slogan "Ne donnez aucune chance à la haine".

Un hôpital local a indiqué qu'il traitait toujours 72 blessés, dont 15 graves.

AVERTISSEMENTS

Les conservateurs de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), principal parti d'opposition en tête des sondages d'opinion, ont appelé au renforcement des services de renseignement.

Holger Münch, président de l'Office fédéral de la police criminelle (BKA), a déclaré ce week-end à la chaîne de télévision publique ZDF que l'Allemagne réexaminait les mesures de sécurité sur les marchés de Noël.

L'Allemagne, a-t-il ajouté, a reçu un avertissement de l'Arabie saoudite en 2023 au sujet du suspect, sur lequel les autorités allemandes ont enquêté sans trouver d'élément concluant.

"L'homme a également publié de très nombreux messages sur internet. Il a également eu divers contacts avec les autorités, proféré des insultes et même des menaces. Mais il n'était pas connu pour des actes de violence", a déclaré Holger Münch.

Selon Taha al-Hajji, avocat saoudien en exil basé à Berlin et directeur juridique de l'Organisation euro-saoudienne des droits de l'homme (ESOHR), le suspect entretenait des relations tendues avec la plupart des opposants saoudiens.

"Il avait le sentiment d'être le seul à avoir raison et que les autres avaient tort, il se sentait au centre de tout, il était important. Il avait toujours des problèmes avec tout le monde", a déclaré l'avocat.

(Reportage Miranda Murray, Pesha Magid, Kirsti Knolle, Andrey Sychev et Matthias Williams, rédigé par Matthias Williams ; version française Kate Entringer)

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • De la fumée et des flammes au-dessus du site de frappes aériennes sur un quartier du centre de Téhéran, le 6 mars 2026 en Iran ( AFP / ATTA KENARE )
    information fournie par AFP 07.03.2026 00:17 

    Voici les derniers événements liés à la guerre au Moyen-Orient: - Israël bombarde Téhéran L'armée israélienne a dit dans la nuit de vendredi à samedi avoir lancé des frappes "de grande ampleur" sur la capitale iranienne. Son chef d'état-major avait affirmé plus ... Lire la suite

  • La fumée de frappes aériennes dans une zone centrale de Téhéran, le 6 mars 2026.en Iran ( AFP / ATTA KENARE )
    information fournie par AFP 07.03.2026 00:11 

    Donald Trump a exigé vendredi la "capitulation" de l'Iran, toujours sous le feu des bombes américaines et israéliennes, tandis que les cours du pétrole ont flambé de 30% après une semaine d'un conflit régional sans précédent. Au septième jour de la guerre contre ... Lire la suite

  • Fitch rend son verdict sur la note de la France ( AFP / Lionel BONAVENTURE )
    information fournie par AFP 06.03.2026 23:54 

    L'agence de notation Fitch a maintenu vendredi la note de la dette souveraine de la France à A+ avec perspective stable, soulignant la solidité de son économie et de ses institutions, tout en pointant une dette publique élevée et un contexte politique qui limite ... Lire la suite

  • Combinaison de photos du président ukrainien Volodymyr Zelensky (G, 20 février 2026 à Kiev) et du Premier ministre hongrois Viktor Orban (D, le 26 juin 2025 à Bruxelles) ( AFP / HENRY NICHOLLS )
    information fournie par AFP 06.03.2026 23:12 

    La Hongrie a libéré et expulsé vendredi sept citoyens ukrainiens alors que le bras de fer se durcit entre Viktor Orban et Volodymyr Zelensky, qui ont échangé des menaces dans leur dispute sur le transit de pétrole russe pour la Hongrie et le blocage par Budapest ... Lire la suite

Pages les plus populaires